Muyej officialise la traque des Bakata Katanga

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Le ministre de l'intérieur, Richard Muyej Mangez
Le ministre de l’intérieur, Richard Muyej Mangez

«Ceux qui s’agitent pour compromettre notre marche démocratique, en recherchant des crises et en provoquant des incidents, ne réussiront point à distraire le Président de la République du cap qu’il s’est fixé», a martelé le ministre de l’Intérieur mardi à Kinshasa, faisant notamment part de la battue contre les milices armées qui écument le Nord du Katanga
 
La poursuite de l’Opération Kuluna II, la tournée du président national de l’Union nationale congolaise -UNC-, Vital Kamerhe, à l’Est de la RD-Congo, la situation sécuritaire en RD-Congo, des rumeurs sur la révision de la l’Article 220 de la Constitution, Prophète Mukungula Motombo… autant de dossiers brûlants qui ont fait et faisaient encore couler beaucoup d’encre jusque mardi  25 février 2014 quand Richard Muyej Mangez, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, a décidé d’éventrer le boa au cours d’un point de presse organisé à l’Hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe. Muyej        a annoncé officiellement la traque contre les groupes armés qui sévissent au Katanga, entre autres les Bakata Katanga. La position du gouvernement, autant pour ce groupe armé que pour d’autres, qu’ils soient étrangers ou nationaux, est très claire et le schéma à suivre est connu de tous: leur neutralisation définitive.
Comme des exactions se font encore jour, sous forme tantôt de coupeurs de route, tantôt d’anges de la mort qui dévastent tout sur leur passage, voire d’embuscades meurtrières tendues aux FARDC, le gouvernement ne peut guère crier victoire. C’est pourquoi il a mis en garde tous les récalcitrants, a organisé des campagnes de sensibilisation pour les exhorter à la reddition et s’est employé à déployer les régiments des FARDC chargés d’en finir avec ce phénomène, a indiqué le patron de la sécurité nationale. C’est clair, avec l’entrée en scène des troupes de la MONUSCO, il est aisé d’affirmer que le pays et ses partenaires font désormais chorus contre l’anarchie et la sécurité au Katanga.
Concernant le prophète de malheur Mukungubila, Muyej a fait savoir que tout a été mis en œuvre pour son arrestation et son extradition, quel que soit le pays où il sera retrouvé, à moins qu’il n’aille se réfugier auprès d’un régime réfractaire au droit international humanitaire, comme il en existe encore dans le périmètre du territoire RD-congolais. Pour le ministère de l’Intérieur, interface entre les politiques et la CENI, il n’est point de tabou autour de l’échéance électorale de 2016, a encore rassuré Muyej.
Pour lui, le Président de la République Joseph Kabila ne modifiera pas les termes de l’Article 220 de la Constitution, pas plus qu’il ne se mêlera de la fixation du calendrier électoral, matière dont la responsabilité incombe pleinement à la CENI. «Ceux qui s’agitent pour compromettre notre marche démocratique, en recherchant des crises et en provoquant des incidents, ne réussiront point à distraire le Président de la République du cap qu’il s’est fixé», a conclu le ministre Richard Muyej, qui a aussi taclé Kamerhe, accusé de perversion.
«Arrivé sur terrain, VK n’a respecté ni l’esprit, ni la lettre de sa correspondance, foulant ainsi aux pieds sa parole donnée, faute d’évoquer une quelconque parole d’honneur. Tout compte fait, en lieu et place d’une caravane de la paix, le président de l’UNC s’est plutôt lancé dans une précampagne électorale», a critiqué Muyej. Comme preuve de cette précampagne, Muyej a cité les différents thèmes exploités par Kamerhe au cours de ses meetings à Goma, Beni et Bukavu, notamment l’adduction d’eau potable, l’électrification, la voirie urbaine et rurale, les échéances électorales, ainsi que les procès d’intention indument faits au Président de la République, autour de la fin du mandat présidentiel.
 
Point de presse du ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, relative  à l’opération Kuluna à Kinshasa et la situation sécuritaire dans l’Est du pays
 
-Kinshasa, 25 février 2014-
• Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes internationaux ;
• Mesdames et Messieurs des Médias;
Un pays où il ne se passe rien, ce serait un pays sans histoire. Il se passe bien des choses dans notre pays, mais il y a des histoires dont je me serais bien passé, tant elles perturbent notre quiétude. Les histoires de ce genre, mon ministère peut en raconter tous les jours, mais ce n’est pas de gaieté de cœur que je me mettrais à égrener le chapelet de malheurs qui nous frappent sur divers fronts. Mais, puisque j’ai l’obligation de vous tenir informés de la marche du pays, particulièrement en ce qui concerne un secteur aussi vital que celui de la sécurité, c’est régulièrement que je reviens vers la presse pour faire le point chaque fois que de besoin.
A vous voir réunis si nombreux, pour répondre à mon appel, je sens la charge du devoir qui m’oblige de commencer par vous remercier pour votre disponibilité, avant même de vous adresser mes salutations: merci donc, chers amis et toutes mes salutations. Aujourd’hui, je ne parlerai que d’un seul et unique sujet, à savoir la sécurité: un premier volet sera consacré à l’évaluation de l’opération «Likofi» et le second planchera sur la sécurité dans l’Est du pays, y compris le Katanga.
1. Evaluation de l’opération de lutte contre la criminalité urbaine dénommée «Likofi»
En date du 15 novembre 2013, j’avais annoncé publiquement le lancement de l’Opération «Likofi», coup de poing en langue Lingala, en vue d’éradiquer le phénomène «Kuluna», ces bandes de jeunes criminels qui semaient la peur et la désolation dans la Ville de Kinshasa, et dans d’autres grandes agglomérations de la République.
A cet effet, il y a eu d’abord «Likofi I», phase d’information et de sensibilisation. A ce stade, les Services concernés ont été mis à contribution afin de dissuader les Gangs à délaisser leurs pratiques tant décriées et à revenir sur le droit chemin. Des jeunes, en grand nombre, se sont rendus, qui entre les mains de la police, qui auprès des associations d’encadrement des jeunes; et qui d’autres encore dans les Maisons d’accueil ou directement chez leurs parents.
Dans ce cadre, nous saluons l’action hautement patriotique de l’artiste musicien Ngiama Makanda Werrason, dont le lobbying a abouti à l’engagement de 100 jeunes reconvertis au sein d’une société de la place, après un processus d’encadrement psychologique au sein de sa fondation. Il en est de même de plusieurs autres opérateurs sociaux qui se sont spontanément joints à cet effort de sensibilisation.
Il y a lieu de rappeler qu’à l’initiative du gouvernement provincial de Kinshasa, près de 400 «kuluna» convertis ont été reçus lors de trois sessions de formation socio-professionnelle à l’Institut national de préparation professionnelle, -INPP- à raison de 138 «Kuluna» pour la première session, 94 pour la seconde et 158 pour la troisième.
Parmi eux, 278 ont été réinsérés avec salaires dans différentes entreprises de place, 98 viennent de finir leur formation et n’attendent que la remise de leurs brevets d’aptitudes professionnelles. 500 «kuluna» nouvellement convertis attendent cette cérémonie avant de commencer, à leur tour, la formation. Les filières retenues pour leur formation sont notamment la mécanique générale, la mécanique auto, l’électricité, la plomberie, la maçonnerie, le froid, l’informatique, la coupe et couture, le secrétariat de direction.
Certains kuluna, plutôt sceptiques ou particulièrement téméraires, ont choisi de continuer à braver les forces de l’ordre. Ce sont ces récalcitrants qui ont été pourchassés, arrêtés, déférés devant les instances judiciaires, voire condamnés. Il en est parmi eux qui s’en sont pris violemment aux forces de l’ordre; tandis que d’autres ont trouvé refuge à Brazzaville, dans le Bas-Congo ou dans le Bandundu. Les résultats ne se sont pas fait attendre: le phénomène Kuluna a sensiblement diminué dans la ville de Kinshasa et la population a dit toute sa satisfaction.
Au niveau de la Justice, voici, à titre indicatif, quelques données qui parlent d’elles-mêmes. – Nombre de personnes interpellées: 925 au total dont 283 à Lukunga, 447 à Funa, 53 au Mont Amba et 132 à la Tshangu. – Nombre de personnes déférées au Parquet de Grande instance: 593 dont 283 au PGI Gombe, 199 au PGI Kalamu, 53 au PGI Matete et 58 au PGI N’Djili. – Nombre d’audiences foraines tenues: 13 dont 4 à Lukunga, 1 à Funa, 2 au Mont Amba et 6 à la Tshangu. – Nombre de personnes condamnées: 2 policiers ont été condamnés à la peine de mort, 3 éléments FARDC et 2 civils à 15 ans de prison chacun pour viol sur mineures à N’Djili, 1 policier à 20 ans de prison et 1 civil à 10 ans pour détention illégale d’arme, 1 policier à 6 mois de prison pour arrestation arbitraire, etc. Il y a lieu de signaler que les mineurs arrêtés ont été mis à la disposition du juge pour enfants, à raison de 11 au Tribunal pour enfants de Kinshasa, 40 au TPE Kalamu, 1 au TPE Matete et 3 au TPE N’Djili.
Cependant, l’Opération Likofi ne s’est pas déroulée sans accrocs. Le ministère a été saisi des cas de résistance violente des gangs aux forces de l’ordre, des actes de vengeance personnelle ou encore de règlements de compte. Mais, jamais aucun policier au monde ne pourrait se permettre de comptabiliser la mort d’un homme, fût-il délinquant, au titre de trophée à brandir. Parfois, des criminels se sont présentés sous le label de l’Opération Likofi pour commettre des forfaits, parmi lesquels même des meurtres. Des enquêtes sont en cours pour démanteler les réseaux de ces malfaiteurs, qui ont cherché à jeter le discrédit sur l’Opération Likofi.
Tirant les leçons de Likofi I et II, la Police nationale congolaise a été instruite pour qu’elle poursuive ses missions conformément à la Loi. Il s’agira particulièrement de faire montre de plus de professionnalisme pour éviter tout dysfonctionnement. Durant la prochaine phase, tout est mis en œuvre pour que les unités territoriales s’approprient cette lutte contre les Kuluna. L’objectif est de leur passer la main pour que les unités spécialisées, singulièrement celles de la LENI, puissent se concentrer sur d’autres urgences sécuritaires. Il est utile de souligner que, hormis les kuluna, la ville de Kinshasa connait aussi d’autres formes de banditisme urbain, notamment les braquages d’entreprises financières et bancaires, les hold up, les extorsions de véhicules ou de motos, voire des enlèvements de personnes, surtout de jeunes filles.
Les Services spécialisés sont sur la brèche pour mettre hors d’état de nuire ces inciviques armés qui utilisent des armes de guerre et n’hésitent pas à abattre ceux qui leur résistent. L’Opération Likofi + sera bientôt lancée pour en finir avec ces agresseurs sanguinaires, tout en s’étendant à d’autres agglomérations de la République où sévissent des phénomènes semblables. Je profite de cette opportunité pour transmettre les remerciements du Chef de l’Etat aux vaillants policiers, aux magistrats ainsi qu’à la population qui se sont engagés, chacun dans sa sphère, pour que l’Opération Likofi ramène tranquillité et quiétude dans la ville de Kinshasa.
 
II. la situation sécuritaire dans l’Est du pays
Concernant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, il faut souligner qu’après la mise en déroute des forces rwandaises coalisées autour du M23, les FARDC se sont attaquées victorieusement aux milices ougandaises de l’ADF-NALU. Ces dernières occupaient 7.500 km2 avant l’offensive des FARDC. A ce jour, pourchassées, encerclées et acculées, elles se sont retranchées dans une zone dont la superficie ne dépasse guère 400 km2.
Les différentes forces négatives qui écumaient la région, qu’elles soient du M23 ou de l’ADF-NALU, ont été défaites, et nous pouvons dès lors nous concentrer sur les FDLR, au grand désappointement de certains stratèges malveillants qui nous recommandaient de laisser s’installer les M23 tant que nous n’aurions pas monté des opérations contre les FDLR. Le 19 février 2014, dans le Nord-Kivu toujours, les FARDC ont récupéré aux mains des APCLS la localité de Lukweti considérée comme leur bastion et celles de Kinyumba et Luibo dans le territoire de Masisi.
Puisque nous sommes dans le Kivu, comment ne pas évoquer le cas de la caravane dite de la paix, conduite par Sieur Vital Kamerhe, afin d’en éclairer le parcours particulièrement chaotique. Dans une correspondance qu’il m’adressée en date du 17 février 2014, Monsieur Vital Kamerhe, Président de l’UNC, m’avait, je cite, «assuré du comportement républicain de la délégation pendant tout son séjour à l’Est de la République, et du respect strict de la Constitution et des lois du pays». Mais, arrivé sur terrain, force est de constater que Monsieur Vital Kamerhe n’a respecté ni l’esprit, ni la lettre de sa correspondance, foulant ainsi aux pieds sa parole donnée, faute d’évoquer une quelconque parole d’honneur. Son comportement s’est aussi caractérisé par les faits suivants:
– le rejet, 20 minutes avant l’événement, de l’offre lui faite par la mairie de la ville de Bukavu, en vue d’organiser son meeting au Stade de la Concorde de Kadutu; – l’acharnement à vouloir coûte que coûte organiser son meeting sur la Place de l’Indépendance, carrefour important au cœur de la ville de Bukavu, alors qu’aucun dispositif de sonorisation n’était placé à ce lieu ou à tout autre endroit de la ville de Bukavu.
S’accrocher à tenir le meeting à la Place de l’Indépendance reviendrait un peu comme si un opposant français demandait à la mairie de Paris d’organiser un meeting politique sur les champs Elysées ou encore un Belge qui insisterait pour que sa matinée politique se fasse sur la Place Royale. Même au nom de la liberté dans ces pays de vieille tradition démocratique, allez-y comprendre quelque chose; – des actes systématiques de provocation avec recherche d’incidents. A ce propos, l’on a, en réalité, déploré plus de blessés dans le camp de la Police que dans celui des militants de l’UNC.
Le bilan fait état d’au moins 56 blessés dont 10 officiers et 21 agents de la Police et 25 civils, une voiture du Commissaire principal de la Police incendiée, quelques plantilles arrachées tout au long de son cortège par ses militants et quelques maisons commerciales pillées. Tout compte fait, en lieu et place d’une caravane de la paix, le président de l’UNC s’est plutôt lancé dans une précampagne électorale, comme peuvent le témoigner, d’ailleurs, les différents thèmes exploités au cours de ses meetings, notamment l’adduction d’eau potable, l’électrification, la voirie urbaine et rurale, les échéances électorales, ainsi que les procès d’intention indument faits au Président de la République, autour de la fin du mandat présidentiel.
En outre, nos services ont ramassé dans le Grand Nord, notamment dans la ville de Butembo, des tracts séditieux, jetés à la veille de l’arrivée de Sieur Vital Kamerhe, ainsi libellés en swahili: «Sisi wa patriotes May May Kifuafua, M23, APCLS tunawaalika ninyi population yote ya Butembo, Beni, Lubero na kandokando kupokea na shangwe kubwa muheshimiwa Vital Kamerhe, mbusa wale wanao ongoza wameshindwa kabisa na bila shaka tutawaondoa hata wanatupiganisha watashindwa victoire ni yetu hii mwaka sherti tutagomboa inchi karibu».
Traduction faite en français facile: «Nous, les patriotes May May Kifuafua, M23, APCLS, invitons toutes les populations de Butembo, Lubero et des environs, d’accueillir, dans la plus grande allégresse, l’Honorable Vital Kamerhe, parce que ceux qui dirigent le pays ont lamentablement échoué; sans inquiétude, nous allons les chasser même s’ils nous combattent, mais la victoire est dans notre camp. Coûte que coûte, nous allons libérer notre pays au cours de cette année».
S’agissant de la perturbation de l’ordre public par les Bakata Katanga, la position du gouvernement, autant pour ce groupe armé que pour d’autres, qu’ils soient étrangers ou nationaux, est très claire et le schéma à suivre est connu de tous. Il y a un temps pour la sensibilisation et la reddition, puis il y a un temps pour les opérations de frappe contre les récalcitrants. Cette procédure mise sur pied depuis 2007, à travers le Communiqué de Nairobi, notre gouvernement ne s’en est jamais éloigné.
Notre ligne politique est celle de la carotte et du bâton. Le Bakata Katanga n’est pas un phénomène nouveau. Il s’agit là d’une pratique bien courante dans notre pays. Au Bas-Congo avec les Bundu dia Kongo, à l’Equateur avec les Enyele, au Katanga avec les Bakata Katanga et autre prophète Mukungubila, des bandes jeunes sont endoctrinées, soumises à des rituels magico-religieux, droguées et envoyées dans des opérations de pillage, d’incendie, de vol, de viol, de profanation, de meurtres, de destruction de symboles de l’Etat.
La précarité de la vie, l’élan encore faible de l’amélioration des conditions socio-économiques, l’insuffisance d’infrastructures de base, sont pris comme prétextes pour alimenter la récupération politicienne autour d’une nébuleuse dénommée frustration. Comme s’il était normal qu’au nom de frustrations, même fondées, on puisse s’octroyer le droit de détruire des édifices publics, d’outrager les symboles de l’Etat, d’incendier des villages, d’infliger aux populations, qui sont autant frustrées, des sévices innommables.
Face à ce cortège de malheurs qui achèvent de détruire le tissu social, compromettent les efforts de relance économique, minent la dynamique de pacification et de rétablissement de l’autorité de l’Etat, nous disons clairement et fermement que les frustrations ne peuvent justifier ces violences, ni les convertir en actes de patriotisme. Dans le cas des Bakata Katanga, tout a été fait en termes de sensibilisation et d’opération de police. La notabilité a été mise à contribution, des unités de la Légion nationale d’intervention -LENI- et quelques régiments des commandos FARDC ont été déployées.
Des résultats sensibles ont même été obtenus: • Trois centres de regroupement ont été aménagés à Kasokota et Mukulubwe dans le Territoire de Kipushi ainsi qu’à Manono; • Des rendus, au nombre de 402, ont déjà été évacués vers la base Militaire de Kitona pour leur orientation en vue de la réinsertion socio-professionnelle; 130 autres, en provenance de Manono, sont regroupés sur le site de Mukulubwe, en attendant leur évacuation vers Kitona; • Les dépendants ont été retournés vers leurs milieux d’origine, notamment à Mitwaba, Kinkondja, Bukama et Malemba-Nkulu, pour un effectif global de 515, dont 195 femmes, 320 enfants. Il en sera également ainsi des dépendants regroupés à Manono, soit 271 personnes, dont 118 femmes, 146 enfants et 7 bébés.
Comme des exactions se font encore jour, sous forme tantôt de coupeurs de route, tantôt d’anges de la mort qui dévastent tout sur leur passage, voire d’embuscade meurtrières tendues aux FARDC, nous ne pouvons guère crier victoire. C’est pourquoi le gouvernement a mis en garde tous les récalcitrants, a organisé des campagnes de sensibilisation pour les exhorter à la reddition, et s’est employé à déployer les régiments des FARDC chargés d’en finir avec le phénomène Bakata Katanga.
M’entretenant avec Mr Kobler, l’aimable et distingué Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, en charge de la MONUSCO, je lui en avais fait part, à la veille de son départ vers New York et de mon départ vers le Katanga. Ceux qui suivent les médias RD-congolais, et particulièrement «Radio Okapi», savent que les opérations de traque des groupes résiduels des Bakata Katanga ont d’ores et déjà commencé.
Ce qui amène par endroit les fuyards à poser encore des actes de désespoir qui ne font qu’aggraver leurs cas. Toutefois, de nombreux axes où régnait la peur sont désenvoûtés et la circulation y a repris paisiblement. La traque se poursuivra jusqu’au rétablissement complet de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble des zones encore ou naguère infestées de miliciens et autres truands. C’est ici l’occasion, pour moi, de noter l’engagement pris par la MONUSCO pour apporter leur appui aux unités des FARDC et de la PNC en opération de traque des Bakata Katanga.
Maintenant que l’offre vient d’eux-mêmes, nous apprécions la démarche. Toutefois, nous tenons à rappeler vivement que les modalités d’appui devront être définies selon les procédures prévues par l’accord de siège SOFA. Mais, dans l’entretemps, les régiments des FARDC déjà déployés continueront les opérations de traque sans désemparer, les évacuations vers Kitona et ailleurs se poursuivront. Ainsi, quiconque espérait pouvoir tirer le moindre bénéfice politique de l’instrumentalisation ou de la récupération de ce triste et douloureux phénomène, trouvera la justice sur son chemin.
Sur un chapitre similaire, nous avons eu affaire au prophète de malheur nommé Mukungubila Mutombo. Tout a été mis en œuvre pour son arrestation et son extradition, quel que soit le pays où il sera retrouvé, à moins qu’il n’aille se réfugier auprès d’un régime réfractaire au droit international humanitaire, comme il en existe encore dans le périmètre de notre territoire.
Nous tenons à prévenir d’autres, qui seraient encore tentés de l’imiter, qu’ils seront traités conformément au sort qu’ils méritent. Tout comme nous nous devons de mettre en garde les opérateurs politiques friands d’incidents et qui chercheraient à bâtir leur réputation sur le dos meurtri de leurs militants, réduits au rôle de bêtes de somme. Nous avons la nette impression qu’une certaine classe politique revancharde en est restée à ruminer les combines et autres arrangements qui fleurissaient à l’ère de la Conférence nationale, quand il suffisait de brandir le spectre d’une date-butoir pour se faire adouber et inviter au festin.
Pour le ministère qui assure l’interface tant avec les politiques qu’avec la CENI, il n’est point de tabou autour de l’échéance électorale de 2016. Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Joseph Kabila Kabange, Chef de l’Etat, ne modifiera pas les termes de l’article 220 de la Constitution, pas plus qu’il ne se mêlera de la fixation du calendrier électoral, matière dont la responsabilité incombe pleinement à la Commission électorale nationale indépendante. Il est des étapes majeures qu’il convient de rappeler, en ce qui concerne l’action politique du Président Joseph Kabila Kabange, en rapport avec la démocratisation des institutions.
Il a, d’abord, arrêté la guerre, réunifié le pays, fait adopter la Constitution et organisé les élections démocratiques, qui ont permis de mettre fin à la longue crise de légitimité héritée de la Première République. Il a, ensuite, mis sur pied les différentes institutions de la démocratie, qui fonctionnent et suscitent de l’admiration de bien d’autres pays qui nous avaient précédé sur ce chemin ardu. Il lui reste, enfin, à poser le dernier acte de la consolidation de la démocratie, à savoir procéder à la passation du témoin et des emblèmes au digne successeur qui sera élu, conformément à la Constitution et au calendrier qu’aura fixé la CENI.
Ceux qui s’agitent pour compromettre notre marche démocratique, en recherchant des crises et en provoquant des incidents, ne réussiront point à distraire le Président de la République du cap qu’il s’est fixé. Qu’il s’agisse des Provinces Orientale, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu ou du Katanga, le Président de la République, Chef de l’Etat, avait déjà annoncé de profonds chambardements, qui s’effectuent déjà au sein des forces de défense et de sécurité, la reprise des missions d’itinérance au niveau du gouvernement central ainsi que les sanctions sévères à l’égard de ceux qui continuent à naviguer à contre-courant.
Il sied de souligner, pour une meilleure compréhension, que la loi portant amnistie, ne concerne pas les faits posés après sa promulgation. Je m’en vais clore mon propos de ce jour, mais j’aimerais encore vous adresser une double invitation et formuler une mise en garde.
La double invitation est en rapport avec deux événements malheureux: le décès de l’artiste musicien Emeneya, Muntu wa Zamani, qui berça ma jeunesse et la disparition de Maman Salulu Kanda Pauline, veuve de feu Papa Kisolokele, fils du prophète Simon Kimbangu, d’illustre mémoire. Je vous invite à garder une minute de silence pour honorer leur mémoire.
Je présente mes condoléances à leurs familles biologiques. De manière spécifique, j’aimerais adresser à la grande famille kimbanguiste toute ma compassion et je saisi la présente occasion pour les inviter à saisir ce moment de douleur pour vaincre les douleurs de la division, transcender les rancœurs et reconstituer l’unité de l’Eglise kimbanguiste.
Venons-en à la mise en garde, qui a trait à la manière dont nous traitons nos institutions et ceux qui les animent. Je déplore l’attitude de certains acteurs politiques qui brillent par la désinvolture, vilipendent les institutions et vont jusqu’à maudire ou injurier leurs animateurs. Comment peut-on aspirer à occuper et exercer des fonctions, qui exigent noblesse d’esprit et sens élevé de l’honneur, alors qu’on rampe soi-même dans la bassesse, qu’on vit dans l’indignité et qu’on cultive l’indécence?
Ceux qui ont perdu des repères ne peuvent mesurer la hauteur de la dignité de la fonction présidentielle et de l’institution Président de la République. Ils croient se glorifier et se valoriser en outrageant l’institution, en salissant son aura, et en galvaudant sa prestance.
Ce comportement n’honore point ceux qui l’adoptent et contribue largement à susciter des ambitions démesurées même des chez personnes sans envergure ni moralité. Ouvrant ainsi les vannes aux aventuriers de tous bords jusqu’à des illuminés autant farfelus que dangereux dont le cas le plus récent est celui du sinistre prophète Mukunkubila.
La presse, la société civile, devraient nous aider à promouvoir l’émergence d’une classe politique responsable, caractérisée par la probité morale; «une classe dirigeante ayant le sens de la gêne et de l’indignation face aux faits susceptibles de compromettre l’honneur ou de porter atteinte aux valeurs morales et spirituelles».
Et ceux qui, au nom de la défense des droits de l’homme, se focalisent sur diverses violations, devraient faire preuve d’une expertise avérée, et d’un sens élevé d’impartialité dans l’élaboration de leurs rapports. Certains d’entre eux nous ont surpris par leur amateurisme dans la documentation des cas traités dans leurs rapports. C’est sur cette exhortation que je termine mon propos. Je vous remercie pour votre aimable attention, et me mets à votre disposition pour d’éventuelles questions.
 
Fait à Kinshasa, le 25 février 2014.-
Richard MUYEJ MANGEZ
Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières

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