Politique

Munembwe, le poste de questeur menacé

Screenshot_2015-10-09-09-36-34[1]Malgré la contre-fronde, la députée ARC du Nord-Kivu se voit logiquement obligée de libérer son poste au Bureau alors que la MP, le G7 et l’Opposition traditionnelle vont devoir rivaliser d’ardeur pour arracher le gain de la partie
Après les phases cruciales de reniement ou d’allégeance à l’Autorité morale de la Majorité présidentielle, Joseph Kabila, place à la reconfiguration des forces et de la direction de la chambre basse du Parlement. Et Il y a urgence étant donné que la tenue sereine et régulière de plénières est subordonnée au réaménagement du Bureau découlant de la démission de certains membres.
Alors que le schéma le plus plausible reste le remplacement des démissionnaires, notamment l’ancien 1er vice-président UNADEF Charles Mwando et l’ex-rapporteur MSR Norbert Ezadri, le questeur ARC Elysée Munembwe est, en toute logique et malgré sa déloyauté au G7, obligée de tirer les leçons du limogeage de Bienvenu Liyota, Bijou Kat et Isidore Kabwe, théoriquement peu favorables au G7 mais sortis du gouvernement.
Le Bureau de l’Assemblée nationale doit être réaménagé dans les prochains jours. Après les départs du 1er vice-président Charles Mwando et du rapporteur Norbert Ezadri, alors que ElyséeMunembwe doit logiquement libérer son poste faute d’être accusée de vouloir le monnayer, trois forces vont devoir se disputer les strapontins vacants: la MP, le G7 et l’Opposition traditionnelle.
L’heure de vérité a sonné pour chaque camp. Fraichement entré dans l’Opposition, le G7 doit prouver qu’elle peut se révéler une force politique réelle, capable de séduire l’Opposition traditionnelle à l’Assemblée nationale. Cette dernière est confrontée au défi de pouvoir s’engouffrer dans la brèche ouverte par la crise qui a secoué le camp Kabila tandis que la MP a l’obligation de démontrer qu’elle demeure une force de frappe et une machine redoutable. Les membres de ces trois camps, conscients de l’enjeu, posent des pas prudents pour ne pas se faire surprendre.
Pour preuve: le temps mis pour fixer la plénière fatidique. Sauf surprise, et si elle rassure les 20 députés du Groupe ARC-PDC restés fidèles à Kabila et dont fait partie Munembwe, la MP jouit d’un léger avantage et peut rafler tout sur son passage. Mais si l’élection n’obéit pas à la logique des forces politiques, le dernier mot pourrait revenir aux grands groupes politico-idéologiques, socioculturels ou ethniques. Il s’agit notamment des groupes issus du Grand-Kivu, de l’ex-Katanga, de l’espace Kongo ou Anamongo, du Grand Kasaï comme de la Grande Province orientale. Chaque groupe peut peser de tout son poids pour soutenir le sien et espérer l’emporter ou nouer une alliance avec un ou deux autres groupes pour faire passer un député de leur obédience.
On apprend que les députés originaires de l’ex-Katanga jurent de récupérer le poste laissé par Charles MwandoNsimba. La même ambition pourrait aussi être affichée par les élus du Nord-Kivu si Munembwe se retirait. Mais, les sociétaires de la MP n’ont qu’un seul souhait, celui de voir les postes en  jeu rester dans leur escarcelle et au service du pays, peu importe l’origine de leurs animateurs. Et dans ce cas, le dernier mot revient à la Majorité.
On apprend aussi que certaines forces de l’Opposition voudraient profiter de l’occasion pour remettre en compétition les sièges du Bureau occupés par des députés issus de leur camp politique. «Les négociations seraient en cours entre le Bureau de l’Assemblée nationale et les groupes demandeurs», confie un député alors qu’un autre trouve cette démarche inopportune.
AKM
 
 

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