Politique

Mfumu Difima: «la coutume est l’autorité du peuple»

Alors que la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- n’avait
pas pris en compte le pouvoir coutumier à l’arrangement particulier,
le Président de la RD-Congo Joseph Kabila Kabange a recadré les choses
dans son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement
réunies en Congrès. Notamment la résolution du phénomène Kamuina Nsapu
dont l’implication de l’autorité coutumière a été sollicitée. Sa
majesté Mfumu Difima, secrétaire général de l’Alliance nationale des
autorités traditionnelles au Congo -ANATC-, croit bien que les
problèmes coutumiers relèvent de l’autorité du peuple. Il salue la
mesure forte du Président de la République de cerner le problème
d’insécurité au Grand Kasaï pour qu’il ne se propage pas  partout et
croit que le pays va dans la bonne direction.
Mfumu Difima affirme qu’à travers le discours prononcé mercredi 5
avril dernier devant les deux chambres du Parlement réuni en Congrès,
le Président Joseph Kabila a repris ses responsabilités momentanément
confiées aux évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo
-CENCO. «Le processus est en cours, il bouge. Pour nous, les pouvoirs
coutumiers, il faut une dynamique. Or la dynamique semble s’être
embourbée. Et là, le Président de la République vient de démontrer
qu’il a repris ses responsabilités, après avoir confié l’exercice
momentanément à la CENCO. Et toutes ces annonces-là nous donnent
l’espoir que ça va  bouger dans le bon sens. Nous, en ligne de mire,
voulons la paix et non pas les guerres intestines entre les
politiciens», a signifié Mfumu Difima. Et d’ajouter: «le Président
Kabila a reconnu que les dernières évolutions dans le Kasaï Central et
ses environs sont-elles restées marquées, au plan sécuritaire, par les
actes des barbaries inacceptables et condamnables dont la profanation
et saccagent de nombreux édifices religieux, le viol et décapitation
de nombreuses femmes, d’une centaine d’éléments de nos forces de
police et de l’armée, ainsi une celle de plusieurs civils et deux
experts de Nations unies».
Pour le secrétaire général de l’ANATC, le Président Kabila a pris la
bonne dimension. «Le temps de se réjouir un instant à juste titre, de
ce titre, de ce vent favorable, l’épicentre de l’insécurité se
déplacera vers le centre du pays où un conflit coutumier a dégénéré en
violences meurtrières aveugles, entretenues par les milices muées en
terroristes, violant, tuant, brulant et détruisant tout sur leur
passage. Il s’agit là, vous vous en doutez, d’une situation
aujourd’hui au cœur de nos profondes préoccupations», a-t-il repris
les citations du discours du Chef de l’Etat pour signifier que
l’énigme du départ aux contours coutumiers a été dénouée à travers un
processus politique et administratif initié par le gouvernement
central. «Face aux atrocités inacceptables commises sur des victimes
innocentes et en raison de la persistance des troubles à l’ordre
public mettant en péril la paix et la stabilité du pays, il ne reste
plus aux chefs coutumiers de déférer l’obligation constitutionnelle,
celle de rétablir l’autorité de l’Etat dans cette partie de la
RD-Congo, par tous les moyens légaux possibles. C’est ici le sens des
ordonnances que je viens de signer», a déclaré le Chef de l’Etat en
mettant en place un secteur opérationnel dans les Kasaï, tout en
soulignant, en même temps, des instructions qui ont été données au
gouvernement central de manière à intensifier sa présence accrue dans
les provinces touchées, à travers les ministres ayant en charge
l’intérieur et les affaires coutumiers en vue de la poursuite du
règlement politique et administratif de nombreux conflits coutumiers
signalés ça et là, et ce avec l’aide de l’Association nationale des
autorités traditionnelles du Congo. Depuis ce jeudi, le VPM Emmanuel
Shadary s’est de nouveau rendu à Kananga.
BIKUG

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