Politique

Le maire de Lubumbashi accusé de dictature

Selon Christian Mwando Nsimba, le maire interdit les activités de l’Opposition tout en autorisant celles de la Majorité présidentielle. Une véritable politique de deux poids deux mesures empêchant ces deux familles politiques d’être logées à la même enseigne.
«Tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, les réunions, caravanes, meetings et autres manifestations sont organisés dans la ville par votre famille politique avec votre bénédiction sous le regard médusé de l’Opposition», a-t-il dénoncé.
Député national, Christian Mwando Nsimba a dénoncé les agissements du maire de Lubumbashi, chef-lieu de la province démembrée du Haut-Katanga. Des agissements, selon lui, allant dans le sens de restaurer la pensée unique et la dictature ayant causé tant de souffrances et de morts au pays.
Cet ancien ministre provincial des Finances n’a pas hésité un seul instant de faire savoir son mécontentement au maire via une lettre. Il lui a adressé, lundi 8 août 2016, une correspondance dont copie pour information a été transmise aux différentes autorités du pays en l’occurrence, le président de l’Assemblée nationale et celui de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, le ministre de l’Intérieur et Sécurité, le gouverneur du Haut-Katanga et le chef du bureau de la MONUSCO ainsi que les organisations des droits de l’homme en RD-Congo. «Vous représentez un obstacle à la démocratie dans notre pays. Votre attitude est susceptible de provoquer des troubles dans la ville que vous dirigez à la suite des violences physiques et morales que vous ne cessez d’exercer de manière récurrente sur les partisans de l’Opposition», s’est indigné Christian Mwando Nsimba. Ce sentiment de colère mêlé de mépris se justifie par le fait que, à en croire la lettre de ce député national, l’injustice s’est érigée en mode de gestion.
Pour lui, le maire interdit les activités de l’Opposition tout en autorisant celles de la Majorité présidentielle. Une véritable politique de deux poids deux mesures empêchant ces deux familles politiques d’être logées à la même enseigne. Christian Mwando Nsimba a rappelé au maire qu’il avait autorisé, vendredi 5 août dernier, une marche de la Majorité qui s’est clôturée par un meeting à l’esplanade du Bâtiment du 30 juin.
S’étant senti nargué, l’élu de Lubumbashi a tonné: «tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, les réunions, caravanes, meetings et autres manifestations sont organisés dans la ville par votre famille politique avec votre bénédiction sous le regard médusé de l’Opposition». Date à l’appui, le coordonnateur interprovincial du Front citoyen 2016 a indiqué que le maire a empêché, le 27 juillet dernier, les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- de faire une caravane motorisée pour manifester leur joie au retour de leur président national et président du Comité des sages du Rassemblement, Etienne Tshisekedi.
Pour lui, «le maire a procédé aux jets des lacrymogènes sur la paisible population, aux arrestations, incarcérations et tortures de plusieurs militants de ce parti politique». Et de dévoiler le comble: «pendant ce temps, les imposteurs de l’Union nationale des démocrates fédéralistes -UNADEF-, instrumentalisés par votre famille politique, procédaient à une procession avec fanfare vers le Bâtiment du 30 juin, siège de l’Assemblée provinciale, sous bonne escorte policière. Ils se sont réunis au mépris de la loi, dans la salle de plénière de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, durant trois jours avec votre appui». Ni plus ni moins, Christian Mwando Nsimba demande que tous les acteurs politiques, Majorité et Opposition, soient traités de manière équitable.
Barick BUEMA

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