Les quatre vérités de Tshisekedi à Kobler

Le leader de l'UDPS, Etienne Tshisekedi

Le leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi

Les dossiers du respect de l’accord-cadre d’Addis-Abeba en organisant un dialogue sans exclusif en RD-Congo sous la médiation de l’ONU et de l’UA pour vider la question de la légitimité, des sanctions contre les criminels de guerre et ceux qui violent les droits humains, la libération de Diomi et Chalupa, ont figuré parmi les points discutés lors de la rencontre du président national de l’UDPS et le patron de la MONUSCO le lundi 18 novembre 2013 à Limete
Nous tendons vers la décrispation du climat politique entre Kabila et Tshisekedi. Les signes de temps le prouvent. A l’ambassadeur Mugalu, chef de la Maison civile du Chef de l’Etat, qui a récemment fait le déplacement de Limete pour s’entretenir avec Tshisekedi sur ordre, a-t-on appris, de Joseph Kabila, a succédé le chef de la MONUSCO, parti, à son tour, rencontrer le sphinx de Limete.
Au menu de leurs entretiens: le retour de la paix sur l’ensemble du pays et l’aboutissement heureux du processus électoral. Après la neutralisation du M23 à l’Est du pays, la MONUSCO approche l’UDPS pour lui demander d’éviter la politique de la chaise vide. C’est pour la première fois que le chef de la MONUSCO rencontre Etienne Tshisekedi depuis les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, contestée par Limete.
Appelée à consolider la paix en RD-Congo en rapprochant toutes les forces vives de la nation, la MONUSCO entreprend une série de rencontres avec les leaders politiques et d’opinion du pays après avoir pris langues avec les animateurs des institutions politiques et celles d’appui à la démocratie. Voilà qui justifie la descente lundi 18 novembre 2013 de Martin Kobler, chef de la MONUSCO à Limete où il a rencontré le leader historique de l’Opposition RD-congolaise, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Les deux personnalités ont passé ensemble une heure et dix minutes d’entretien, soit de 11 heures précises, l’heure à laquelle la délégation de la MONUSCO est arrivée à la résidence de Tshisekedi, jusqu’à 12h10’, l’heure à laquelle cette même délégation est répartie.
De quoi se sont-ils parlé? La question vaut son pesant d’or. Selon les proches de Tshisekedi, il s’est agi de plusieurs sujets touchant à la vie nationale de la RD-Congo, notamment la pacification du pays et la restauration de l’Etat sur l’ensemble du territoire national en passant par l’organisation des élections et la libération des prisonniers d’opinion. Et la liste n’est pas exhaustive.
«Le chef de la MONUSCO a fait part à notre leader Etienne Tshisekedi, de la volonté de l’ONU de voir l’UDPS intégrer le processus démocratique et éviter la politique de la chaise vide en prenant part à toutes les rencontres où il est discuté les questions concernant l’avenir de la RD-Congo», indiquent les proches du président national de l’UDPS. Selon eux, l’homme de la 10ème rue n’a pas dérogé à son intransigeance: il aurait dit à Kobler de ne pas oublier que les élections du 28 novembre 2011 ont été entachées d’irrégularités et cette question mérité d’être vidée au cours d’un dialogue qui réunira le Pouvoir en place et l’Opposition politique.
Autre chose, «Tshisekedi a sollicité l’intervention de Kobler dans la libération d’Eugène Diomi et de Jacques Chalupa, tous deux membres influents de l’Opposition qui ont soutenu la candidature d’Etienne Tshisekedi jusqu’après la publication des résultats contestés de l’élection présidentielle par Ngoy Mulunda, président de la CENI», rapporte-t-on à l’UDPS. Et de souligner: «les deux opposants sont des prisonniers d’opinion et seraient détenus pour leur soutien à Etienne Tshisekedi». Pourtant, selon les autorités judiciaires, Jacques Chalupa est poursuivi pour usurpation de la nationalité RD-congolaise tandis que Diomi Ndongala est poursuivi pour viols des mineures.
Aussi, a-t-on encore appris, Tshisekedi aurait demandé à la MONUSCO de tout faire afin que le gouvernement RD-congolais et le M23 signent un document mettant fin aux Pourparlers de Kampala et sollicité de l’ONU d’obtenir le respect par l’Ouganda et le Rwanda de l’Accord-cadre signé à Addis-Abeba. «Notre leader tient à l’application totale de cet accord. Il veut qu’il y ait un vrai dialogue sous la médiation de l’ONU et l’UA afin que tous les problèmes qui sont à l’origine de la crise militaire et politique en RD-Congo soient vidés une fois pour toutes», a-t-on précisé à l’UDPS.
La visite de Kobler chez Tshisekedi prouve que l’ONU est déterminée à mettre ensemble les RD-Congolais pour la pacification et la reconstruction de leur pays. Ne dit-on pas que l’union fait la force.
Octave MUKENDI

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