Politique

Le dollar à 1015 Fc, Masangu se lance

Lors de cette intronisation politique aux accents fortement économiques, le nouveau président de l’UDCO a peint un tableau sombre de l’économie nationale.
 
L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo est préoccupé par le climat économique malsain, caractérisé entre autres par la hausse des prix des produits importés, en particulier des denrées alimentaires, frappant ainsi de plein fouet les populations les plus vulnérables
Artisan de la réforme monétaire qui a vu la création du Franc congolais, réforme radicale ayant permis de redonner une existence et un nouvel élan aux finances publiques RD-congolaises, Jean-Claude Masangu Mulongo s’est lancé dans une nouvelle aventure. Après 16 années passées aux commandes de la Banque centrale du Congo -BCC-, il fait son entrée en politique.
Investi à la présidence de l’Union pour le développement du Congo -UDCO- mardi 21 juin à Kinshasa, il succède à Beaudouin Banza Mukalay Nsungu, président national et fondateur du parti puis ministre de la Culture et arts, décédé le 14 mai dernier à Kinshasa. Jean-Claude Masangu a repris les rênes du parti à un tournant difficile de l’histoire de la RD-Congo où les enjeux de l’heure qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques sont de taille.
Il arrive au moment où il y a une réduction significative de la croissance économique, une baisse sensible des réserves de change de la Banque centrale du Congo et une dépréciation inquiétante du Franc congolais, qui se négocie aujourd’hui à 1015 Fc.
Le 21 juin 2016. Ce jour est exceptionnel pour Jean-Claude Masangu Mulongo.
L’ancien directeur général de Citibank Zaïre et ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo a fait son entrée officielle en politique en prenant la tête de l’UDCO, un parti politique qui compte six députés nationaux, deux sénateurs, quatre ministres provinciaux et un quota au gouvernement central. Ce parti siège également au bureau politique de la Majorité présidentielle -MP-, l’instance d’orientations et de décisions politiques de la nation.
Suite au décès de l’ancien président et fondateur du parti et ministre de la Culture et arts, Baudouin Banza Mukalay Nsungu, le 14 mai dernier à Kinshasa, la base militante de l’ancienne province du Katanga l’a plébiscité pour reprendre les rênes du parti. Il a été officiellement investi à la présidence de l’UDCO, parti libéral et membre de la MP, mardi 21 juin au Pullman Grand hôtel Kinshasa, dans la commune de la Gombe.
Lors de son investiture, le créateur du Franc congolais et conseiller économique du Président de la République s’est engagé à militer pour l’instauration et la pérennité d’une démocratie pluraliste dans un climat de tolérance et d’éthique publique propice au développement harmonieux de la nation et de son peuple.
Dans la continuité de l’action de Banza Mukalay, il a promis de consolider le parti et renforcer son caractère national, le moderniser et lui donner un nouvel élan; d’affiner son projet de société et d’accroitre le nombre de ministres au niveau du gouvernement central et des gouvernements provinciaux.
Jean-Claude Masangu est déterminé. Il souhaite également s’investir corps et âme pour arracher un plus grand nombre de députés et sénateurs qu’il n’en existe aujourd’hui, et conquérir un maximum de sièges aux prochaines élections municipales.
Modèle d’une économie de développement
«Je reprends la présidence de l’UDCO à un tournant difficile de l’histoire de la RD-Congo où les enjeux de l’heure qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques sont de taille», a souligné Jean-Claude Masangu, peignant un tableau sombre de l’économie nationale, regrettant donc la dilapidation des acquis de son long et brillant mandat à la direction de la BCC.
L’ancien argentier a déclaré être interpellé par la chute des cours des principaux produits RD-congolais d’exportation -cuivre, cobalt et pétrole- ainsi que par la chute des recettes fiscales de l’Etat qui ont entrainé d’importantes coupes budgétaires et une réduction significative de la croissance économique, une baisse sensible des réserves de change de la Banque centrale du Congo et une dépréciation inquiétante du Franc congolais.
Jean-Claude Masangu est également préoccupé par la hausse des prix des produits importés en particulier des denrées alimentaires frappant ainsi de plein fouet les populations les plus vulnérables. Il s’inquiète de la perte de confiance dans le système bancaire suite à la faillite de la BIAC et Fibank.
 
Ayant des idées à mettre sur la table, il a proposé le modèle d’une économie de développement qui peut se résumer comme ceci: «produire localement et consommer localement le plus possible». Pour l’ancien gouverneur de la BCC, ce modèle a l’avantage de faciliter la création d’emplois à tous les niveaux, dans tous les secteurs et dans toutes les 26 provinces de la République.
«Nous avons un pays doté d’innombrables ressources naturelles et d’une biodiversité unique au monde. Oui, la RD-Congo regorge des ressources minières, pétrolières, gazières et énergétiques; forestières et environnementales ainsi que d’avantages comparatifs sur le plan agricole et de la pluviométrie», a-t-il rappelé, proposant d’affecter d’office une partie du produit de ces ressources aux investissements dans les infrastructures de transport des personnes et des biens, de transmission d’informations et de données ainsi dans les infrastructures sociales touchant principalement à l’éducation et la santé. «Cette proposition a le mérite non seulement de la transparence mais aussi de pouvoir améliorer l’attractivité et la compétitivité de la RD-Congo tout en améliorant la qualité de vie de nos populations», a-t-il explicité.
A la recherche du consensus
Côté politique, au-delà de la plaidoirie de se surpasser, Jean-Claude Masangu a encore promis de se mettre à temps plein au service de la nation.
«Je m’emploierai à œuvrer pour la recherche de la paix avec tous les voisins de la RD-Congo ainsi qu’à la recherche de la sécurité à l’intérieur de nos frontières intérieures, conditions sans lesquelles rien de durable ne peut être bâti. Et là où des divergences majeures persisteront, je m’emploierai à construire des ponts entre toutes les parties prenantes soucieuses de privilégier une paix et une stabilité durables pour un avenir meilleur», s’est-il engagé, faisant savoir que lui et les membres de son parti seront dans la recherche du consensus.
Masangu a également réitéré ses vifs remerciements au Président de la République Joseph Kabila non seulement pour tous les efforts qu’il a consentis aux fins de faire soigner le ministre Banza lors de son hospitalisation, mais aussi pour sa décision de le transférer à l’étranger pour des soins de santé les plus appropriés. De son vivant, Banza a également créé le groupe parlementaire «Terre d’avenir», groupe influent de la MP comptant 4 ministres sur 36 au gouvernement central.
Christian BUTSILA

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