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Le Chef de l’Etat appelé à sauver la SOKIMO

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Plusieurs sources concordantes renseignent qu’aujourd’hui plus que jamais, la situation de la Société minière de Kilo Moto -SOKIMO SA- appelle les autorités du pays à prendre leurs responsabilités devant ce qu’il convient d’appeler «le chaos» qui prend sérieusement racine dans cette entreprise
En effet, si les ressortissants de la province du Haut Uélé acceptent de garder encore le silence devant cette descente en enfer de leur société, c’est tout simplement parce que l’actuel directeur général est du Haut-Uélé. Ceci n’est pas le cas avec les Ituriens dont les voix commencent à se lever de plus en plus pour crier au scandale et à la trahison. Pour certains, le ras-le-bol des Ituriens était en partie exprimé lors de la marche du soutien au Dialogue national que le commissaire spécial Abdalah a initiée il y a quelques jours. Personne n’ignore que la ville de Bunia tire les gros de ses finances des activités minières et également que la SOKIMO situé dans localité de Nizi à environ 60 km de Bunia est parmi ses plus grandes pourvoyeuses en termes du pouvoir d’achat de ses travailleurs.
Si cette situation perdure, et cela même dans l’indifférence des autorités de la République telle que ça se constate actuellement, il y a risque d’une réelle explosion de la situation dans cette société.
L’opinion retiendra ces quelques faits précis qui décrivent le désarroi qui se vit au quotidien à la SOKIMO.
Nommés pour apporter une solution prompte à l’entreprise, laquelle avait déjà un projet très avancé et qui devrait en principe, selon des sources sûres et dignes de foi, entrer en exploitation en ce mois de décembre 2016, les administrateurs, par manque d’expérience ou par orgueil, ont préféré mettre plus de 90 jours pour convoquer la première réunion du conseil d’administration de l’entreprise. Dans l’entretemps, la situation de l’entreprise n’a fait que se détériorer davantage par manque d’orientations précises et des directives. Et le projet minier salutaire de Nizi serait mis à l’arrêt à cause des vaines discussions et des incompréhensions non fondées entre Kodravele le directeur général et Annhy Kithima la présidente du Conseil d’administration.
Il semble que cette dernière, trop imbue d’elle-même du fait de ses relations avec le gouvernement Matata ne fait confiance à personne au risque de mépriser tous les directeurs de la société qu’elle traite à qui veut l’entendre des incompétents, paresseux et voleurs. Cependant, selon des sources dignes de foi, Kithima, elle-même, connait plutôt très mal la SOKIMO qui s’étend sur deux provinces, Ituri et Haut Uélé. La connaissance des aspects sociologiques de ces deux provinces serait, au-delà de toute science, un atout majeur pour une bonne gestion. Mais pour cela il faut bien de la patience et de l’humilité!
«Time is money» disent les neveux de l’oncle Sam, «le temps c’est l’argent». Cet adage n’a visiblement pas été mis à profit par les administrateurs de la SOKIMO, si bien que les travailleurs se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette entreprise, car il s’agit bien d’une entreprise commerciale et les décisions doivent être prises en temps record pour éviter justement les arrêts intempestifs des activités, ce qui coûte cher à l’entreprise.
Dans sa communication aux travailleurs, le 04 décembre 2015, le directeur général de la SOKIMO a dit ceci: «la direction générale est occupée à rassembler les éléments susceptibles de lui permettre de dresser un état des lieux circonstancié de l’entreprise en vue de mettre en branle son plan d’action…».
Cette déclaration a attiré l’attention de plus d’un observateur, car il semble que les travailleurs en étaient trop déçus parce qu’ils se posent la question légitime de savoir si le choix des administrateurs de la SOKIMO était finalement basé sur quels critères objectifs? Compétence ou Méritocratie. Car pour ceux qui l’ignorent encore, Kodravele Yingatu, actuel directeur général, est bel et bien «fils maison», c’est-à-dire que jusqu’à sa nomination comme directeur général, il était directeur à la SOKIMO. Par conséquent, il était donc supposé mieux connaitre sa société. Et en plus, ça devrait être sûrement sur base de son expérience et de sa capacité non seulement de redresser la situation, mieux de faire aboutir un projet clé à main laissé par son prédécesseur qu’il aurait été choisi… Dès lors, comment peut-on comprendre que plus de 100 jours depuis qu’il est mis au courant de sa nomination qu’il soit toujours en train de chercher à confectionner un plan d’action? En d’autres termes, Kodravele ne connait toujours pas par où commencer.
La léthargie et toutes ces confusions au sein du Conseil d’administration de la SOKIMO constituent un vrai désastre pour les travailleurs de cette grande entreprise, laquelle figure parmi les plus importantes du pays dans le secteur minier. Pour preuve et pour ne citer que cela, il revient que les travailleurs de la SOKIMO sont obligés de passer les festivités de fin d’année affamés et sans sous. Pour le cas particulier des sociétés minières, les festivités démarrent le 04 décembre avec la fête de la sainte barbe. Nos sources renseignent qu’il n’y a pas des vivres pour les travailleurs, même pas des chinchards. Rien alors rien. Ni pour la sainte barbe, ni pour Noël et ni même pour la bonne année! Naturellement donc si pas des vivres, eh bien pas d’argent non plus! Quelle catastrophe! Quel chaos! L’opinion s’interroge et non sans raison sur ce que l’on peut ou que l’on veut attendre d’un tel conseil d’administration qui est incapable, sinon même pas crédible pour s’endetter auprès de ses nombreux partenaires afin de permettre à ses travailleurs de bien passer les festivités de la fin de l’année?
Tout cela corrobore bien sûr le discours de Kodravele du 04 décembre qui selon les travailleurs ne donne aucune assurance de voir la situation s’améliorer à court terme.
Pourquoi alors avoir évincé le DG Makaba Michel, qui lui au moins jouissait du crédit d’un projet minier à Nizi, même tout petit, mais nécessaire tout au moins pour permettre à la SOKIMO d’amorcer sa relance sur fonds propres? C’est par ailleurs et surtout ce point qui fâche plus d’un observateur et les Ituriens en particulier, car la nomination d’un nouveau conseil d’administration à la tête de la SOKIMO, et en particulier d’un directeur général, bien qu’originaire du Haut Uélé mais sans un adjoint, semble avoir été motivée uniquement par la seule intention d’arrêter net le développement du projet minier de Nizi en Ituri, car c’est le cas aujourd’hui, et partant de vouloir freiner l’élan du développement de la nouvelle province de l’Ituri. Toute la question reste: Tout cela dans l’intérêt de qui?
Bosco MUTUALE

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