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Incivisme routier, délabrement des routes, insalubrité, banditisme : « Les Kinois » passent au crible les défis de Kinshasa

Chez «Les Kinois», Association sans but lucratif réunissant des personnalités «éprises de la cause de Kinshasa», l’heure est aux réflexions profondes sur les défis auxquels l’ex-Léopoldville est confrontée. L’association, pour mener ces réflexions, a lancé le concept «Mikakatano ya lelo» -entendez, difficultés actuelles- dont la première rencontre s’est tenue le samedi 23 juin 2024 à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères dans la commune de la Gombe.

A l’occasion, les problématiques relatives à la dégradation des infrastructures de base notamment les routes, à l’insalubrité, à l’incivisme routier et au banditisme urbain ont été passées au crible par de nombreux Kinois présents à ce rendez-vous.

Un fructueux moment d’échanges et de réflexions qui a débouché sur des recommandations à même d’aider la capitale à retrouver sa fière allure d’antan qui lui a valu le sobriquet: «Kinshasa poto moyindo», entendez «Kinshasa, Europe noire».

«Ces recommandations, nous allons les envoyer aux autorités de la ville qui vont apprécier de leur pertinence et de leur mise en œuvre», a fait savoir Chief Tshipamba, un des responsables de «Les Kinois».

Quant au vice-coordonnateur de cette ASBL, Guy-Beauchard Longongo, il a appelé à «développer l’amour de Kinshasa, aimer Kinshasa, réfléchir au bénéfice de Kinshasa, travailler pour le bien-être de Kinshasa». Ceci est son crédo afin d’endiguer les maux qui ruinent la capitale RD-congolaise.

«C’est comme quelqu’un qui est en train de salir son propre lit, ça va jouer en sa défaveur», a-t-il illustré, non sans insister sur la nécessité, pour les Kinois de tous bords, d’unir leur force pour la cause de l’ex-Léopoldville.

«Ce n’est pas qu’une question de l’ASBL Les Kinois, qui n’est qu’un grain de sable parmi tout le reste», a martelé Guy-Beauchard Longongo. Et de lancer: «Qu’ils viennent se joindre à nous, qu’on se tienne main dans la main, pour que nous puissions effectivement, de manière réelle et durable, relever les défis qui nous attendent».

Au nombre de ces défis, l’insécurité attisée par la montée en puissance du phénomène «kuluna» -nom collé à un mouvement de banditisme urbain à Kinshasa- qui a su résister à différentes opérations menées par les forces de sécurité pour l’endiguer. Au cours des assises de samedi à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, Me Chief Tshipamba, ancien Directeur général de Transco, a, pendant son exposé sur ce sujet, partagé quelques pistes de solution pour extirper ce mal de Kinshasa. Il a principalement préconisé de «revisiter la loi», d’«occuper les jeunes», de «revoir le social de la population» et de «former suffisamment les policiers».

«L’État doit se lever dans toutes ses dimensions, c’est-à-dire en tant que créateur des normes. Il faut qu’il y ait une justice avec des sanctions adaptées à cette forme de criminalité. On doit revisiter la loi d’une part, et d’autre part, ce qui fait que les jeunes se rebellent, c’est également le manque d’occupation», a avancé Me Tshipamba.

Et d’enchainer: «Il faut encadrer la jeunesse, les envoyer apprendre des métiers… Il faut aussi revoir le social de la population, notamment le pouvoir d’achat… A côté de cela, il faut suffisamment former nos policiers appelés à sécuriser les populations et leurs biens, les doter des équipements adaptés pour faire face au phénomène Kuluna».

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