Politique

La révision constitutionnelle divise les intellectuels catholiques

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La révision constitutionnelle fait jaser la sphère sociopolitique RD-congolaise. A l’Opposition comme à la majorité ainsi qu’à la Société civile, cette brûlante question fait couler encres et salives. Le débat est houleux. Décidée de se prononcer sur ce sujet qui heurte les esprits, l’Eglise Catholique s’est invitée au débat à travers la 22ème semaine des intellectuels catholiques qui se tient depuis lundi 14 juillet à la cathédrale Notre Dame du Congo à l’initiative du cardinal Laurent Mosengwo Passinya.
Ces assises tournent autour du thème général: «révision constitutionnelle, élections et responsabilité de l’intellectuel catholique». Cette conférence connait la participation de plusieurs orateurs issus de la classe politique RD-congolaise toutes tendances confondues.
Parmi eux, le professeur Matthieu Kalele, le MLC Jacques Njdoli et le PPRD Jean-Pierre Kambila. Premier intervenant, le prof. Kalele s’est montré farouche à l’idée de la révision constitutionnelle. A son entendement, la révision constitutionnelle est inopportune en RD-Congo car elle ouvre la voie à l’instauration de la dictature et à la pérennisation du pouvoir en place. Cet avis a été balayé du revers de la main par les intellectuels catholiques d’obédience du pouvoir en place qui ont donné un point de vue diamétralement opposé à celui de Kalele.
Pour eux, la révision constitutionnelle ne doit pas être présentée comme une faute. «Même aux USA, la loi fondamentale prévoit les mécanismes de sa révision. Il faut savoir adapter la Constitution aux réalités du pays. Même certains articles verrouillés peuvent être déverrouillés si les circonstances ou les réalités du moment les demandent», a déclaré Cherubin Okende.
La problématique de la révision constitutionnelle ravive le débat politique en RD-Congo. Acteurs politiques, Société civile, confessions religieuses, tous s’en mêlent. A la faveur de la 22ème semaine des intellectuels catholiques dont l’ouverture a été faite lundi 14 juillet par Laurent Mosengwo avec comme thème: «révision constitutionnelle, élections et responsabilité de l’intellectuel catholique», les intellectuels catholiques issues de toutes les couches sociopolitiques du pays, échangent leurs avis afin d’avoir un éclairage sur les enjeux de la révision de la loi fondamentale RD-congolaise qui s’annonce fort probable au regard du paysage sociopolitique actuel du pays.
Dans sa réflexion, le professeur Matthieu Kalele, l’un des orateurs de cette rencontre, s’est interrogé si dans le contexte politique actuel de la RD-Congo, la révision constitutionnelle est elle opportune? En réponse à cette interrogation, dans sa casquette d’opposant, le prof Kalele s’est montré catégorique. Mieux, tranchant. «Le message est clair. La révision constitutionnelle est inopportune en RD-Congo. On ne peut plus revenir à la dictature. Elle est dangereuse pour l’avenir de la démocratie dans notre pays.
Comme un peu partout en Afrique, les révisions constitutionnelles sont proposées par les Chefs d’Etats à la fin de leur mandat, soit pour obtenir un troisième mandat ou pour la suppression du nombre délimitant le mandat de président de la République. Ceci dans le but de continuer à demeurer au pouvoir», a expliqué Kalele. Dans son plaidoyer, il a affirmé que la révision constitutionnelle ne changera rien face à la crise que traverse le pays depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale. «Depuis 1960, on va de crises en crises car il y a un problème dans le système politique du pays. A travers tout le pays, les gens ne s’entendent pas. Il y a de conflits entre dirigeants et tribus.
Les gens sont mécontents de la façon dont le pays est géré par les différents régimes qui se sont succédé. Malgré l’entrée des opposants dans divers gouvernements, la crise n’a pas été résolue», a souligné Matthieu Kalele. Pour lui, seule l’alternance politique peut amener le véritable changement au pays. Dans cette optique, il a invité les intellectuels catholiques à intensifier les pressions pour barrer la route à toutes tentatives visant la révision de la constitution en vue de favoriser l’alternance au pouvoir.
Aussi présents à ces assises, les intellectuels catholiques d’obédience du pouvoiront rejeté en bloc la réflexion du prof Kalele. Ils ont brossé un tableau diamétralement opposé. «Tout en restant dans l’esprit du contexte catholique qui nous oblige à rester au milieu du village, nous décrions le procès d’intention qu’a fait par le professeur Kalele dans sa réflexion. Sur base de quoi il accuse le pouvoir en place de vouloir s’éterniser au pouvoir en recourant à la révision constitutionnelle. Toutefois, il ne faut pas présenter la révision constitutionnelle comme une faute.
La Constitution elle-même prévoit le mécanisme de sa révision. La politique n’est pas statique. Elle est évolutive. Si les réalités du moment exigent la révision de la Constitution, pourquoi ne pas le faire», a déclaré Christophe Kolomony.  «Je ne suis pas d’accord avec le prof Kalele qui a parlé comme acteur politique de l’Opposition et non entant qu’intellectuel catholique. Même aux USA, la loi fondamentale prévoit les mécanismes de sa révision. Il faut savoir adapter la Constitution aux réalités du pays. Même certains articles verrouillés peuvent être déverrouillés si les circonstances ou les réalités du moment les demandent», a précisé Cherubin Okende.
Il faut le dire, excepté la sainte bible, aucun texte au monde  n’est  à l’abri de subir une quelconque modification en cas de besoin. Dans la mesure où toute Constitution  prévoit en elle-même la procédure de sa révision, la révision constitutionnelle en RD-Congo ne peut être considérée comme la fin du monde.  Un peu d’élévation dans la réflexion suffit pour le comprendre. Toutefois, le débat est houleux, à la raison de l’emporter.
Guylain LUZAMBA

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