Politique

Jean Thierry Monsenepwo: «ceux qui refusent le dialogue veulent le glissement»

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Rien n’a plus d’élégance et de charme que voir les filles et fils d’un pays s’asseoir autour d’une table afin de converger leurs vues sur les problèmes qui les divisent et de regarder tous dans la même direction.
Convaincu que le dialogue politique national inclusif convoqué par le Chef de l’Etat Joseph Kabila est la seule et unique voie susceptible d’amener toutes les souches de la population RD-congolaise à un processus électoral véritablement crédible et apaisé, Jean Thierry Monsenepwo, président de la Ligue des jeunes de la Convention des Congolais unis -CCU-, lance un appel vibrant à tous les RD-Congolais encore réticents et indécis à accepter de répondre à ce grand rendez-vous historique très attendu, tant au niveau national qu’international. A la faveur d’une interview exclusive accordée à AfricaNews, lucide et très dynamique, Monsenepwo s’est montré fervent disciple et défenseur du dialogue national. Interview.
 
Jean Thierry Monsenepwo, des personnalités éminentes du monde dont le Pape François et le Secrétaire général de l’ONU soutiennent le dialogue. Qu’en dites-vous?
Les positions du Pape François et du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, s’inscrivent dans la logique initiée par le Chef de l’Etat et soutenue par sa population. Nous, en tant que Ligue des jeunes de la Convention des congolais unis, nous sommes foncièrement adhérés à cette initiative du Chef de l’Etat Joseph Kabila. Cette initiative permettra aux RD-Congolais d’avoir un processus électoral stable, intégrateur. Ce, pour éviter à ce que le sang et la sueur de nos chers compatriotes ne coulent pour rien, au profit des intérêts mesquins de certains d’autres compatriotes qui sont en réalité des thuriféraires de ceux qui veulent la dislocation de notre pays. Ils l’ont voulu depuis l’époque de Patrice Emery Lumumba. Avant même de parler de la posture prise aujourd’hui par le Pape François et le SG de l’ONU concernant la tenue du dialogue, je veux vous dire que la population RD-congolaise est pour le dialogue.
Vous en avez des preuves?
Je le dis parce que la Convention des congolais unis, parti cher à Lambert Mende Omalanga, est en contact permanent avec la population. Vous avez, vous-mêmes, vu le triomphe que les populations du Camp Luka ont donné à Son Excellence Lambert Mende lors de notre dernier meeting autour toujours du dialogue. Moi-même, je me suis personnellement déplacé dans la province du Kongo Central où j’ai échangé avec nos compatriotes de cette province, et vous avez vu l’ampleur qu’il y a eu. Et dernièrement ici à Kinshasa, nous avons tenu un meeting à l’YMCA. Bref, partout où nous passons, les RD-Congolais veulent du dialogue parce qu’ils se rendent compte qu’à chaque fois que notre pays a été à la croisée des chemins, c’est toujours le dialogue qui a permis à ce que nous puissions sauver la nation. En plus, les RD-Congolais veulent qu’on puisse continuer l’action du Chef de l’Etat qui a permis à ce que la RD-Congo soit réellement aujourd’hui un pays en voie de développement. Avec tous les acquis de la gestion orthodoxe du pays par le Président Joseph Kabila, nous sommes aujourd’hui en mesure d’espérer que dans deux décennies, notre pays sera réellement un pays émergent.
 
Que répondez-vous aux RD-Congolais s’opposant au dialogue et prévoient des actions de rue pour exiger le respect de la Constitution et l’organisation des élections dans le délai constitutionnel?
Ceux qui sont allés à l’Île de Gorée au Sénégal participer au séminaire financé par des ONG qui, hier, ont soutenu l’Opposition radicale du Burundi et aujourd’hui à la base de la déstabilisation de ce pays, sont entrain de vouloir amener la RD-Congo vers le gouffre. Et nous disons encore une fois non à cela. Nous ne laisserons pas ces personnalités envisageant la rue de manipuler notre peuple pour détruire ce qui a été construit. Ceux qui consacrent le glissement ce sont justement ces personnalités qui refusent qu’on puisse discuter rapidement du processus électoral et de lever des options conséquentes. Si vous parlez avec le président de la CENI, il vous dira que le calendrier doit provenir d’un consensus. Ceux qui refusent de dialoguer, n’est-ce pas eux qui favorisent le glissement et le non-respect de la Constitution? Ils ont été le premier à boycotter le calendrier électoral qui respectait le délai constitutionnel. Ce sont eux les vrais ennemis du peuple. Refuser le dialogue, c’est refuser à ce que le peuple aille aux élections. Si Nelson Mandel constitue un modèle pour l’Afrique et pour la paix, c’est parce qu’il a accepté de dialoguer avec le pouvoir de l’apartheid qui maltraitait les Noirs. Grâce à cela, Mandela est considéré comme le Père de l’Afrique. On n’obtient pas la grandeur en menaçant et en promettant le sang et la sueur au peuple.
 
Beaucoup de jeunes, notamment à Kinshasa ignorent l’opportunité du dialogue. Au niveau de la ligue des jeunes CCU que faites-vous pour sensibiliser la jeunesse sur ce énième rendez-vous politique?
Au niveau de la Ligue des jeunes de la CCU, nous parlons chaque jour avec les jeunes. Nous nous rendons compte que les jeunes RD-congolais ne veulent plus être instrumentalisés. Ils ont finalement compris que ces politiques, qui sont à la solde de certaines puissances et qui veulent déstabiliser notre pays, ne veulent que la sueur et le sang du peuple pour qu’eux puissent être gratifiés par leurs maîtres. Les RD-Congolais d’aujourd’hui savent que la paix est le seul instrument pouvant permettre un vrai développement. Outre cela, l’opportunité du dialogue est pour le processus électoral. Nous n’avons choisi que la CENI soit une CENI politique. Ainsi, cet organe chargé de l’organisation des élections est composé de plusieurs forces vives dont l’Opposition, la Majorité et la Société civile. Donc, la CENI est l’émanation d’un consensus. Ce qui veut dire que les travaux qui seront réalisés par cette CENI doivent être le fruit d’un consensus. L’un des travaux les plus importants de cet organe, c’est le réaménagement du calendrier électoral. Maintes fois, la CENI a publié un calendrier électoral qui n’a pas été soutenu par l’Opposition. Comment peut-on encore lui demander de publier un autre calendrier qui serait encore rejeté par cette même Opposition qui, à vrai dire, n’est pas encore prête à aller aux élections par manque de base, de discours convaincant et d’un projet de société à présenter aux RD-Congolais.
 
Ne reconnaissez-vous pas des contraintes auxquelles la CENI est-elle confrontée?
Il y a des problèmes majeurs qui concernent le processus électoral. Premièrement, la question de la fiabilisation du fichier électoral. Aujourd’hui, l’audit interne et externe prouve à suffisance qu’il y a des lacunes dans ce fichier. Entre autres, 1.600.000 morts, 450 000 doublons sans compter ceux qui se sont déplacés et les jeunes versés dans l’armée mais qui détiennent encore des cartes d’électeurs. D’où, l’importance de réviser ce fichier électoral. Deuxièmement, il y a la question de financement des élections. Nous savons très bien que le législateur a prévu à ce que le processus électoral soit financé non seulement par le gouvernement mais également par les partenaires de notre pays. Nous devons connaître à quelle mesure ces partenaires vont intervenir dans le processus électoral. Ça doit être connu. Aussi l’option de l’enrôlement des jeunes majeurs qui pourtant était prévu dans le calendrier électoral dernier publié par la CENI rejeté par l’Opposition. Ça prévoyait l’enrôlement de ces jeunes majeurs en ce mois de janvier 2016, et maintenant que cela n’a pas été fait, que faut-il faire ou dire pour ces 10 millions des RD-Congolais. Faut-il les ignorer ou leur demander d’attendre prochainement parce qu’on est pressé d’aller aux élections? Tous ces problèmes ne peuvent qu’exiger une discussion, un consensus de toutes les forces vives qui participent au processus électoral. L’important aujourd’hui c’est de regarder en arrière. Nous venons de plusieurs troubles et de plusieurs années de déstabilisation du pays. Maintenant que nous en train de reconstruire le pays, faut-il encore aller dans la déstabilisation? Nous disons non. Nous ne voulons pas encore revivre des troubles majeurs qui ont émaillé les élections de 2006 et 2011 dans notre pays.
 
Quelle est la santé de la ligue à ce jour?
Aujourd’hui, l’exécutif du parti avec notre SG Dieu merci Mutombo, et le SG national adjoint chargé de la jeunesse Justin Omokala, nous sommes en train de donner une nouvelle pulsion à la ligue avec le soutien indéfectible de Son Excellence Lambert Mende Omalanga, initiateur du parti, qui appui la ligue dans plusieurs actions. 2015 a été pour nous une année où nous avons réellement réussi à installer les structures de la ligue ici dans la ville de Kinshasa ainsi que dans le Kongo Central. Nous allons poursuivre cet élan cette année 2016. Nous prévoyons un voyage pour la ville de Mbandaka dans l’ex-province de l’Equateur où nous allons installer nos structures. Nous allons également aller vers l’ex-Bandundu et l’ex-Katanga. Nous voulons avoir une identité nationale à l’instar des idéaux de Lumumba. Nous ambitionnons d’attaquer les zones de l’arrière-pays, non seulement pour asseoir les structures de notre parti, mais aussi pour apporter ce message important d’acceptation du dialogue.
 
Propos recueillis par Guylain LUZAMBA

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