Politique

Isidore Kabwe, un modèle de loyauté à Kabila

Dans une interview choc accordée à «AfricaNews», l’ancien ministre de l’Agriculture, pêche et élevage dévoile les secrets de sa séparation avec Charles Mwando et l’UNADEF, parti qui l’a propulsé au gouvernement central. A 65 ans, Isidore Kabwe, vieux routier de la politique, a préféré de «rester attaché aux valeurs morales et politiques qu’il défend» car, selon lui, «en politique, on ne s’oppose pas à un individu, mais plutôt à un programme, un projet de société…». Voilà qui l’a poussé à prendre ses distances avec son ancien parti dont l’auto-exclusion a été prononcée au cours d’une réunion du Bureau politique de la Majorité présidentielle. Désormais à la tête du Rassemblement démocratique pour le développement et le progrès -RDDP-, un parti politique qu’il a créé depuis seulement 7 mois et qui fait déjà parler de lui dans l’ex-Katanga, Kabwe Mwehu continue son combat pour Joseph Kabila, candidat pour qui il a battu campagne lors des élections de 2011.
Il s’appelle Isidore Kabwe Mwehu Longo. Plusieurs l’ont découvert aux côtés de Charles Mwando Simba, dont il était un homme de première main, un inconditionnel…un homme de conviction. Lorsque son mentor d’alors décide d’entrer en dissidence contre Kabila, Kabwe étonne plus d’un en faisant le choix de se désolidariser du parti qui l’a hissé à la tête du prestigieux ministère de l’Agriculture. Il ne se limite pas là. Ejecté du gouvernement seulement quelques jours après à la faveur d’un réajustement technique alors que certains attendaient le voir errant ou frustré, c’est tout le contraire. Il prend courage et crée son parti, le RDDP. «J’ai créé ce parti pour partager ma vision sur le développement de
l’homme dans son environnement en mettant un accent particulier sur les valeurs démocratiques que sont: la solidarité, la liberté, la tolérance dans la diversité et la cohésion nationale», nous explique-t-il. Et d’ajouter: «si vous suivez mon cursus politique, vous constaterez que j’ai un background politique très éloquent et qu’il était temps que je m’assume en tant que tel car ayant atteint la maturité politique». Isidore Kabwe a en effet une longue et riche carrière politique. Une expérience acquise durant des années passées à l’UDPS où il a assumé les fonctions de président fédéral du Katanga entre 1992 et 1994 et à l’UNADEF, où durant plusieurs années, il a été membre du comité politique du parti. Et quand on lui dit qu’une certaine opinion affirme que l’implantation
rapide de son parti a été facilitée par le pactole reçu de la MP, sa réponse ne souffre d’aucune ambigüité: «…c’est archifaux. A ce jour, le RDDP n’a bénéficié d’aucun appui financier ni matériel de qui que ce soit. Croyez-moi, c’est ne pas à cet âge que je vais apprendre à mentir. Par contre je mentirais s’il m’arrivait ici de nier que les ressources qui font fonctionner le parti ne proviennent pas de ma propre poche et de cotisations des membres adhérents».
L’homme qui dit n’avoir pas jusqu’à ce jour touché à ses indemnités de
sortie met cette rumeur sur le dos de ceux qui avaient parié sur sa mort politique, ceux-là même qui ont sous-estimé sa capacité à créer et entretenir un parti politique.
Pourquoi je quitté l’UNADEF…
Depuis 2007, Isidore Kabwe a été systématiquement aux côtés de Charles Mwando, jouant le rôle soit de directeur de cabinet, soit de directeur de cabinet adjoint, jusqu’à occuper en 2014, les fonctions du ministre de l’Agriculture, pêche et élevage. Le voir emprunter un autre chemin que celui de son ancien guide était donc une grosse surprise pour plus d’un RD-Congolais observateur de la classe politique RD-congolaise. D’où, la récurrente question de savoir pourquoi cet originaire de Kabalo dans le Tanganyika a pris ses distances avec son frère du terroir? «J’ai quitté l’UNADEF pour des raisons à la fois morales et
politiques», nous confie-t-il, affirmant s’être déjà exercé à répondre plusieurs fois à cette question lors de ses prestations devant les médias. «Sur le plan politique: …je ne me voyais pas dans une Opposition d’autant plus que le mobile de la fronde opérée par ce parti auquel j’appartenais était basé sur la prétendue violation de la Constitution par le Chef de l’Etat alors qu’à mon point de vue, on n’en était pas là. Cette raison de fronde me paraissait donc comme un
procès d’intention étant entendu qu’aucune disposition légale n’obligeait le Président de la République à se prononcer sur son mandat qui, en ce moment-là, avait encore 12 mois avant son expiration. Aussi, à mon humble avis, l’Opposition est état d’esprit. C’est-à-dire s’opposer à un programme du gouvernement et pour mieux le faire, on propose à la place un projet de société alternatif. Mais faire une fronde qui frise l’acharnement sur la personne du Chef de l’Etat n’est pas une Opposition en soit car elle s’apparente ni plus ni moins à une haine viscérale. Ce qui n’est pas bon pour la construction d’une démocratie à laquelle aspire le peuple RD-congolais», assène le président national du RDDP avant de clore: «pour des raisons morales: pour avoir battu campagne en novembre 2011 pour le Président de la République, étant moi-même candidat d’un parti politique membre de la MP à l’époque et de surcroit devenue en
décembre membre du gouvernement dans le quota de la famille politique du Chef de l’Etat; il n’était pas pour moi ni opportun ni bienséant de rester dans un parti qui avait délibérément renié sa propre famille politiquement pour verser dans l’Opposition. Vous comprenez que naturellement, je ne pouvais que, par conviction, choisir de rester dans la famille politique du Président de la République pour ne pas naviguer à contre-courant des aspirations de ma base». Aujourd’hui, c’est au sein de son propre parti, le RDDP, un parti socio-libéral assis sur un projet de société ambitieux et attrayant, que Kabwe continue son combat politique…en communion avec sa base. Pour cet ancien ministre de l’Agriculture, la RD-Congo qui se veut pays émergent en 2030 doit opérer une mutation, en passant de l’économie rouge à l’économie verte. Optimiste sur l’avenir politique de l’ex-Katanga, le président national du RDDP dit condamner «le recrutement des mercenaires» dans cette partie du pays et appelle la justice à dire le droit.
HMK

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