Politique

BUDGET 2016 :Clément Nzau plaide en faveur de l’amélioration du social

«J’estime pour ma part que pour espérer sortir la tête haute de ce quinquennat, il est urgent que 60% de ce projet de Budget 2016 soient réservés aux objectifs 3 et 4 du Programme économique du gouvernement, c’est-à-dire la construction et réhabilitation des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations», a-t-il souhaité
 
Intervenant au débat général sur le projet de Loi budgétaire exercice 2016, le député national Clément Nzau s’est dit profondément inquiet au motif que ce projet va boucler sur la quête permanente des fonds pour financer le Programme économique du gouvernement que les députés ont adopté au Palais du peuple.
«Ce programme, étalé sur 5 ans, devrait être financé à hauteur de USD 48 milliards. Apres cinq exercices laborieux pour le financer, je réalise que nous n’allons mobiliser que près de la moitié de ce montant sur fonds propre», a-t-il indiqué. Pourtant, dans le document sur le Programme économique du gouvernement, l’Exécutif national a certifié que le potentiel de mobilisation des ressources propres pour la RD-Congo était de 20 milliards l’an. C’est curieux. Toutefois, pour réduire la pauvreté, il met l’accent sur le social: «J’estime, pour ma part, que pour espérer sortir la tête haute de ce quinquennat, il est urgent que 60 % de ce projet de Budget 2016 soient réservés aux objectifs 3 et 4 du Programme économique du gouvernement, c’est-à-dire la construction et réhabilitation des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations». Ci-dessous l’intervention de l’honorable Clément Nzau.
 
Honorable Président,
Distingués collègues,
En ce jour où nous débattons du dernier projet de Loi des Finances pour notre législature, j’ai cherché des mots pour qualifier mon intervention, mais hélas! Je suis tombé, par conviction, sur ce groupe de mot je cite «Mes profondes inquiétudes».
Honorable Président, je suis profondément déçu pour plusieurs raisons. Et j’en ai épinglé une certaine. Pour ce jour, mon intervention va se limiter à en donner quelques unes jugées plus importantes au regard du jugement que je porte sur le gouvernement de mon pays et de ma majorité.
Premièrement, je suis profondément inquiet honorable président parce que ce projet de budget pour l’exercice 2016 va boucler notre quête permanente des fonds pour financer le Programme économique du gouvernement que nous avons adopté dans cette salle. Ce programme, étalé sur 5 ans, devrait être financé à hauteur de USD 48 milliards. Apres 5 exercices laborieux pour le financer, je réalise que nous n’allons mobiliser que près de la moitié de ce montant sur fonds propre. Pourtant, dans le document sur le Programme économique du gouvernement, l’Exécutif national nous a certifié que le potentiel de mobilisation des ressources propres pour notre pays était de 20 milliards l’an.
Deuxièmement, je suis profondément inquiet honorable président au regard des crédits accordés aux deux premiers objectifs du gouvernement dont l’un d’eux table sur les reformes. Après avoir réformé pendant 4 ans, comment devons nous expliquer toutes ces contre performances dans la mobilisation des recettes de l’Etat? Les prix de nos matières premières n’ont baissé qu’en 2014, vers la fin. Que sont devenues ces reformes baptisées de «courageuses» sans lesquelles, on devrait être loin du tunnel? A quoi aurait servi la litanie des recommandations prises à l’issue des travaux sur le coulage des recettes publiques?
Troisièmement, honorable président, je suis profondément inquiet parce qu’au cours des 4 derniers exercices du genre, j’ai la nette impression d’avoir prêché dans le désert. J’avais toujours soutenu que les objectifs 3 et 4 du Programme économique du gouvernement auraient pu se tailler la part du lion dans la répartition des crédits. Que non! Mais que remarquons-nous, parmi les 191 projets financés sans avoir été inscrits dans le budget des exercices écoulés, plusieurs touchent le 3ème et 4ème objectif du gouvernement. Alors, pourquoi refuser d’agir dans la légalité au point de remettre en cause toutes ces réalisations que l’on pouvait comptabiliser, non pas dans la douleur comme c’est le cas maintenant, mais avec fierté? En quoi un projet de budget rectificatif générait-il nos frères et sœurs ici à coté, alors que cela aurait pu nous épargner des critiques acerbes mais fondées de bout en bout de la part de l’opinion?
Quatrièmement, honorable président, je suis profondément inquiet parce que je suis de ceux qui attendaient et attendent encore beaucoup du programme initié par le Chef de l’Etat sur «la construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires». Tenez, honorable président, pour le volet éducation, il s’est agi de 1.000  écoles à construire et à réhabiliter par an. Le Chef de l’Etat y était revenu en décembre 2014 devant cette même tribune en insistant sur le nombre de 1000 par an.
Un peu d’arithmétique, de mars 2013, date du lancement de ce projet, à ce jour, nous devrions comptabiliser déjà plus de 2.000 écoles. Mais jusqu’à ce jour, nous n’avons que 500. Le Premier ministre, inaugurant un jour un complexe scolaire construit à Kinshasa, avait lâché devant son ministre de l’EPS et le gouverneur de la ville de Kinshasa, je le cite: «Monsieur le ministre, les moyens sont là. Je compte sur votre capacité à absorber les fonds mis à votre disposition pour ce projet». Honorable président, au Kongo Central et à Kinshasa, les maçons chôment depuis plus d’une année. D’où ma question: le ministre de l’EPS est-il devenu incapable d’absorber les fonds mis à sa disposition ou c’est le Premier ministre qui ne les lui donne plus? J’aimerais bien être fixé là-dessus, sinon j’inviterai le ministre concerné à venir nous dire ce qui se passe. L’initiative sur ce contrôle est d’ailleurs déjà dans le frigo et n’attend plus que les éclairages du chef du gouvernement.
Honorable président, sur le volet santé, je suis heureux que la République recoure à un prêt pour réhabiliter les Cliniques universitaires. Ma commission a déjà, du reste, libéré le Projet de Loi autorisant la ratification de cet accord de prêt. Mais jusques à quand Mama Yemo, les Cliniques kinoise et Ngaliema, l’hôpital de Kintambo et autres attendront encore pour recevoir leur cure de jouvence? Merci, honorable président, d’avoir pensé à l’hôpital de Kintambo qui vous a vu naître, mais cela ne suffit pas. Votre formation médicale est malade.
Cinquièmement, honorable président, je suis profondément inquiet du sort que le gouvernement de la République a toujours réservé aux provinces. La clochardisation de nos provinces et entités territoriales décentralisées ont fait des députés nationaux «des Assistants sociaux permanents» dans leurs circonscriptions respectives.
Tous les problèmes de santé, d’éducation, d’infrastructures -ponts, routes-, d’eau et d’électricité sont désormais soumis aux députés nationaux pour être solutionnés. Et lorsque nous recourrons à la province, on nous fait observer, et avec raison, nous qui sommes autorité budgétaire, que le budget d’investissement des provinces est bloqué puis géré par le gouvernement central. Aux uns, on débloque quelque chose et aux autres, on ne donne rien. Deux poids, deux mesures! Où sommes-nous, honorable président?
Est il normal, honorable président, que le Kongo Central, seule province à drainer dans le Trésor public des millions de dollars provenant des pétroliers producteurs, 3ème poumon économique du pays en terme de contribution au Budget de l’Etat, soit incapable de finaliser en 3 ans la construction d’un stade moderne, elle qui est la province la plus proche de la capitale? Depuis 2013, le gouvernement central avait débloqué 1 milliard de Francs congolais pour ce projet, puis plus rien. L’Exécutif provincial en a déjà mobilisé plus de 8 milliards aujourd’hui. Qu’allons nous dire au peuple du Kongo Central demain, nous qui étions déjà incapables de faire fléchir la décision du gouvernement sur l’importation des véhicules vieux de plus de 10 ans?
Sixièmement, et je vais m’arrêter là, honorable président, je suis profondément inquiet parce que la République devient un bien sans Maître. Que d’institutions passées pour champion en dépassement des crédits leurs alloués et qui sont impunies à ce jour. A chaque exercice budgétaire, c’est le même refrain. Le même constat. Des dépassements qui auraient pu nous aider à acquérir facilement d’autres aéronefs pour Congo Airways, ce beau projet dont la naissance, une fois de plus, a été réalisée par «césarienne» et hors mariage légal parce que nous ne voulons pas suivre les conseils qui nous sont prodigués par d’autres. J’estime pour ma part que pour espérer sortir la tête haute de ce quinquennat, il est urgent que 60% de ce projet de Budget 2016 soient réservés aux objectifs 3 et 4 du Programme économique du gouvernement, c’est-à-dire la construction et réhabilitation des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations.

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