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Banza Mukalayi s’est éteint

Politicien de carrière, homme de culture, Baudouin Banza Mukalayi Nsungu, ministre RD-congolais de la Culture et arts, a tiré sa révérence, samedi 14 mai dernier à la Clinique Ngaliema Center, à l’âge de 63 ans. Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende l’a annoncé à la télévision nationale. Ayant passé quelques jours sur son lit d’hôpital, Banza Mukalayi n’a pas pu s’éclipser face à la mort juste au moment où le gouvernement s’apprêtait à l’évacuer à l’étranger, spécialement en Belgique, par un avion médicalisé, pour des soins médicaux appropriés que nécessitait l’aggravation de son état, comme l’a fait savoir le ministre Mende très choqué par la disparition brusque de son collègue membre du gouvernement.
 
Il y a seulement quelques jours, l’on était en face d’un Banza Mukalayi en forme. Le ministre de la Culture et arts était au four et moulin dans l’organisation des obsèques de Jules Shungu Wembadio, dit Papa Wemba dont la réussite a été saluée par plus d’une personne. Aujourd’hui, le monde culturel se plonge encore dans la douleur, car il vient de perdre celui qui n’avait que la culture comme passion. De son vivant, Banza Mukalayi visait toujours l’excellence. Soucieux du travail bien fait, il n’hésitait pas, un seul instant, de reconnaitre les mérites et le savoir-faire des autres. Pour preuve, pour la réussite dans l’organisation des funérailles de Papa Wemba, le ministre décédé avait réuni autour de lui les responsables des agences de communication et spécialisées en événementiel pour qu’ils y apportent leur contribution. Tous, on connait le résultat.
Homme réputé des lettres, Banza Mukalayi est auteur de plusieurs publications. Il ne gardait pas souvent sa plume en poche. Il n’hésitait pas, si l’occasion se présentait, de rédiger des œuvres littéraires comme il en avait l’habitude. Il a signé plusieurs ouvrages ayant marqué les esprits les lecteurs. Notamment «Conviction et espérances pour la République démocratique du Congo», «Ma vérité sur le Maréchal Mobutu et sur la transition démocratique au Zaïre», «Mes mots récurrents» etc.
«Adieu mon cher ami Baudouin Banza Mukalay Nsungu, 36 ans après notre première rencontre au ciné-club du Centre culturel français de Lubumbashi. Nous aimions les lettres et les arts…Bon voyage de l’autre côté des images», a écrit sur son compte Facebook, Balufu Bakupa Kanyinda, réalisateur et producteur RD-congolais.
Comme Balufu, les artistes se sentent très attristés, ils ont perdu un de leur, qui était toujours à l’écoute des génies créateurs de son pays. Henri Kalama Akulez, artiste et Directeur général de l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, dit garder de bons souvenirs de l’illustre disparu et surtout des projets qui n’attendaient que l’exécution. «J’ai échangé avec le ministre la veille de sa mort, et il m’a rassuré qu’il serait bientôt débout. Hélas, la mort nous a surpris! En tant que DG de l’ABA, étant sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, mais on avait un regard au ministère de la Culture parce que nous sommes dans l’enseignement artistique. D’ailleurs, ensemble avec l’équipe de son cabinet, nous travaillons autour du projet de la grande exposition historique dont le ministre Banza s’est montré très ouvert et optimiste quant à son organisation ici à Kinshasa…», a laissé entendre le DG Kalama Akulez qui dit perdre un frère de sa contrée.
 
Un politicien de carrière
Né en 1953 à Mbandaka de parents originaire de Malemba Nkulu, dans l’ancienne province du Katanga, Banza Mukalayi avait obtenu son diplôme en langue et littérature française à l’UNAZA, campus de Lubumbashi, en 1979 avant de travailler comme journaliste au journal Mjumbe. Une des personnalités politiques RD-congolaises, il a occupé plusieurs fonctions de l’Etat. Plusieurs fois ministre jusqu’à la chute régime Mobutu en mai 1997.
Il était élu député national alors commissaire du peuple en 1982 avant d’être réélu en 1987. Ensuite, il avait été promu vice-président du Mouvement du peuple pour la révolution -MPR-, juste après le multipartisme en 1990. Président de l’Union pour le développement du Congo -UDCO-, Banza Mukalayi a réussi à intégrer le gouvernement de la République au cours de la transition 1+4 au poste du ministre de la Coopération internationale. C’est en avril 2012, qu’il a été nommé ministre de la Jeunesse, Sports puis de la Culture et des Arts avant sa reconduction au gouvernement, cette fois-ci comme ministre de la Culture et arts.
Patrick NZAZI

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