Politique

A la chambre basse, les députés engagés au dialogue

«La rage d’écraser à tout prix ses adversaires ne saura-t-elle l’emporter sur l’impératif du vouloir-vivre collectif ajouté au souci de procurer tranquillité et la paix durable à la République, paix dont la soif dicte à chacune et à chacun l’obligation d’être pragmatique et conciliant face aux idées et propositions des ennemis de la non-violence», a prévenu le président de la Chambre basse à l’ouverture de la session de mars
Les présidents de deux chambres du Parlement de la RD-Congo ont procédé à l’ouverture de la session ordinaire de mars mardi 15 mars 2016. Comme d’habitude, plusieurs invités de marque dont les animateurs des institutions de la Républiques et les membres du Corps diplomatique accrédités en RD-Congo y ont prix part. Dans son discours d’ouverture, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il a directement reconnu que cette session sera consacrée en priorité au volet politique. «La session qui s’ouvre ce jour sera nécessairement et indubitablement politique et se mouvra dans une ambiance préélectorale puisque dans un premier temps, cette session ordinaire, dédiée en principe à l’adoption des lois les plus essentielles, devra gérer le contexte et le fruit du dialogue national inclusif quelle qu’en soit la forme», a-t-il dit. Aujourd’hui, deux tendances s’observent à savoir les pro-dialogue Wumela alignés derrière le président Kabila et les pro-dialogue Yebela se regroupant autour d’Etienne Tshisekedi. Toutes les divergences des vues se situent à la forme du dialogue.
Le dialogue devient incontournable. C’est la seule voie qui reste pour sortir le pays de la crise politique née des élections controversées de 2011. A la faveur de l’ouverture de la session ordinaire de mars 2016 au Palais du peuple, Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, s’est attelé à la tenue de ce rendez-vous politique nationale.
«La session qui s’ouvre ce jour sera nécessairement et indubitablement politique et se mouvra dans une ambiance préélectorale puisque dans un premier temps, cette session ordinaire, dédiée en principe à l’adoption des lois les plus essentielles, devra gérer le contexte et le fruit du dialogue national inclusif quelle qu’en soit la forme», a-t-il annoncé devant les invités de marque constitués des chefs des institutions républicaines, les ambassadeurs accrédités en RD-Congo et autres partenaires bi et multilatéraux.
Le dialogue en question a provoqué au pays de Lumumba trois tendances politiques. Il y a d’abord ceux qu’on appelle les pro-dialogue «Wumela», favorables au dialogue convoqué par Joseph Kabila. Puis les pro-dialogue «Yebela», enchantés, affirment-ils, par un dialogue global et inclusif sous la facilitation ou la médiation internationale, mais surtout attachés à l’organisation des élections présidentielle et législatives dans le délai constitutionnel. Et enfin les anti-dialogue, notamment le groupe de Kamerhe et alliés qui s’en tient au strict respect de la Constitution.
Dans ce climat de méfiance politique, les tshisekedistes dénoncent le dialogue convoqué par Joseph Kabila estimant qu’il favoriserait le glissement permettant à celui-ci de rester au pouvoir au-delà du délai constitutionnel et surtout avec l’intention manifeste de modifier la constitution par un référendum en sollicitant carrément un autre mandat dans une nouvelle République.
A la lecture du discours de Minaku, le dialogue aura bel et bien lieu quelle qu’en soit la forme. Autrement dit avec ou sans la médiation internationale, avec la participation de toutes les forces vives et non au motif qu’on ne peut pas forcer quelqu’un qui ne veut plus aller au dialogue d’y participer.
Selon le speaker de la chambre basse, pendant le dialogue national inclusif qui devra bientôt se tenir, les députés sont appelés à s’assumer avec plus d’attention, à régler des situations d’incompréhensions d’où qu’elles viennent, à prendre des décisions là où l’immobilisme pourrait s’installer et s’impliquer suffisamment dans tout processus ou action allant dans le sens du salut de la République.
«Oui, chers collègues, quels que soient les termes de référence du dialogue, l’agenda et les conclusions de ce forum; quelles que soient les interprétations des uns et des autres concernant ce haut lieu d’échanges, ses recommandations et résolutions finales, c’est nous les élus du peuple qui allons finalement trancher», a annoncé Minaku à ses collègues les engageant ainsi à plus de responsabilités. C’est vrai quand on sait que c’est cette même Assemblée nationale qui était à la base des incidents de 19 au 21 janvier 2015 pour avoir voté un projet de loi électoral dont l’insertion d’une incise liée à l’identification de la population avant les élections a été contestée par la population.
Pour éviter de retomber sur les erreurs du passé, Minaku reconnait le bien fondé d’organiser quelques débats républicains au sein de l’Assemblée nationale. Le premier débat concerne les conclusions du dialogue. Ici, Minaku souhaite qu’elles soient débattues par les parlementaires pour définir leur mise en œuvre. Le second est lié aux questions sécuritaires notamment la poursuite des tueries particulièrement en Ituri et au Nord-Kivu de la part des rebelles, des insurgés étrangers bénéficiant malheureusement de temps en temps de la complicité de quelques RD-Congolais. A cela s’ajoutent des enlèvements, des viols et des violations massives du droit international humanitaire. Enfin, le 3ème débat concerne la problématique des 28 mesures du Gouvernement destinés à juguler la baisse des recettes et à booster la croissance au niveau national et provincial.
Pour Minaku, la rage d’écraser à tout prix ses adversaires ne saura-t-elle l’emporter sur l’impératif du vouloir-vivre collectif ajouté au souci de procurer tranquillité et la paix durable à la République, paix dont la soif dicte à chacune et à chacun l’obligation d’être pragmatique et conciliant face aux idées et propositions des ennemis de la non-violence. Son appel aux députés est déterminant : «Il nous faut davantage protéger la démocratie, sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité nationale par plus de civisme et de patriotisme et enfin nous battre inlassablement pour le mieux-être de toutes nos populations».
Octave MUKENDI  

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