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RDC: Kabila réapparaît à 60 km de Pretoria, il s’oppose à la révision de la Constitution

Des sources concordantes l’ont confirmé à AfricaNews: c’est en Afrique du Sud, à 60 km de Pretoria, loin des regards, que Joseph Kabila et les fondateurs du Mouvement «Sauvons la RDC» se sont réunis du 6 au 8 avril pour une rencontre convoquée et tenue dans la plus grande discrétion. Le communiqué final de ce 2e Conclave, rendu public seulement le 11 avril, laisse deviner que les participants ont dû quitter, tout aussi discrètement, leurs lieux d’exil pour rejoindre le site. Un signe de la prudence entourant cette réunion hors du territoire de la République Démocratique du Congo.

Signé par Moïse Nyamugabo au nom des «membres fondateurs», le texte brosse un portrait sans concession du pouvoir en place à Kinshasa: dérive «dictatoriale clairement assumée», répression «systématique et brutale», musellement des voix dissidentes et recours à la force même contre des populations civiles.

Le communiqué cite nommément Minembwe, Masisi, Goma, l’Ituri, le Nord‑Kivu, le Grand Bandundu et la commune de Maluku comme foyers de bombardements, massacres et abandons face aux violences armées. Au‑delà de l’accusation de brutalité d’État, le mouvement déplore la dégradation sociale et économique rappelant le rapport INS 2025, qui estime à 64 millions le nombre de Congolais vivant sous le seuil de pauvreté, et fustige l’inefficacité des initiatives internationales de paix.

Il pointe aussi «l’opacité» de certains accords signés par Kinshasa, évoquant un deal minier, un accord sanitaire critiqué pour ses atteintes supposées à l’éthique médicale et à la protection des données, ainsi qu’un accord sur l’accueil de migrants refoulés par les États‑Unis.Volet le plus explosif du communiqué: la Constitution. Les fondateurs jurent de s’opposer à toute révision et «s’engagent à y faire échec», invoquant l’article 64 pour se présenter en «citoyens congolais responsables» prêts à «poursuivre la lutte». Le ton intransigeant -«lutter», «faire échec», «dictature abjecte»- signale une volonté d’organiser la pression politique depuis l’extérieur.

Cette réapparition de Kabila relance la tension politique. «Elle contraint le pouvoir de Kinshasa à choisir entre apaisement et fermeté», commente un diplomate, qui estime que les récentes tensions régionales et les déclarations échangées entre acteurs voisins incitent Kabila à se repositionner, alors qu’un nouveau round de pourparlers entre le gouvernement et l’AFC/M23 est annoncé en Suisse ce lundi 13 avril. Il est aussi convaincu qu’il s’agisse d’une simple précaution sécuritaire ou d’une stratégie de redéploiement plus offensive, le conclave confirme qu’un ancien chef d’État, même hors du pouvoir, conserve des leviers d’influence sur l’agenda politique national. Ci-après, le communiqué dans son intégralité.

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