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RDC : CRESP dote le gouvernement d’une stratégie à valider

Les cinq piliers décortiqués liés à la gouvernance, à la justice et lutte contre l’impunité, à la sécurité et stabilisation ainsi qu’à l’inclusion socioéconomique et relèvement communautaire ont livré leurs secrets

La Coordination des ressources extérieures et du suivi des projets -CRESP-, service de la Présidence de la République, a organisé, du jeudi 13 au vendredi 14 mai, sous le haut-patronage du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, un atelier de validation de la stratégie nationale de prévention des conflits, de stabilisation et de renforcement de la résilience communautaire. Travaux ouverts et clôturés par le directeur de cabinet adjoint du Chef de l’Etat en charge des Questions économiques et financières.

Cet atelier a réuni, au Salon Congo de Pullman Hôtel à Kinshasa, des talents venus des institutions et ministères ainsi que de la Société civile selon les différents sous-étaliers mis en place quant à ce. Bien avant, plusieurs exposés ont été développés en vue de permettre les participants d’avoir la matière grise sur laquelle il fallait formuler des recommandations pertinentes. A cette fin, Joe Dumbi Kabangu, coordonnateur de la Coordination des ressources extérieures et du suivi des projets -CRESP-, a circonscrit le cadre dans lequel s’est tenu cet atelier.

Il a consacré l’essentiel de son propos sur l’alternance politique pacifique ayant offert une opportunité au Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi de s’engager dans une logique de stabilisation des provinces les plus touchées par les violences et les conflits qui fragilisent la mise en œuvre des politiques de gouvernance, de sécurité, de justice et de sécurité sociale. «L’importance de rechercher dans notre propre génie des solutions pour stopper les crises en vue d’assurer de manière durable la poursuite du chemin vertueux vers un développement soutenable est nécessaire», a dit Joe Dumbi, soulignant que «l’appui des partenaires extérieurs et principalement de la Banque mondiale sont aussi les voies nécessaires pour réussir a démarche de stabilisation et de promotion de la paix».

Il a informé les participants que le Chef de l’Etat Felix Tshisekedi entend accentuer le processus des réformes qui consacrent sa réorientation politique en vue d’atténuer les violences et les conflits induits par la stabilité.  Pour sa part, le directeur des opérations de la Banque mondiale, Jean-Christophe Carret, a indiqué que la RD-Congo est engagée dans les réformes historiques relatives à la stabilisation de la partie Est. «En tant que partenaire, la Banque mondiale apporte son soutien à cette nouvelle dynamique en mettant à la disposition des pays concernés une enveloppe conséquente pour la prévention et la résilience des communautés», a-t-il fait savoir, précisant qu’il s’agit là d’un appui supplémentaire constituant un enjeu considérable.

De son côté, Patrick Mutombo, coordonnateur adjoint du Mécanisme national de suivi ayant représenté le coordonnateur Claude Ibalanky Ekolomba, la RD-Congo est résolument engagée, sous le leadership de son Président Félix Tshisekedi, sur la voie de la pacification et de la stabilisation de l’Est du pays et de la région. Il veut pour preuve l’état d’urgence décrété dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. En dehors de discours prononcés ci-haut à l’ouverture, les exposés ont éclairé les participants sous la modération du Professeur Ntungila, directeur de cabinet de la CRESP, le même qui a officié les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Il s’agit notamment de Raphael Kasonga Kabusa Mbukani, consultant national UN Habitat en appui à la Commission nationale de la réforme financière -CONAREP- ayant axé son exposé sur «la politique foncière, facteur d’atténuation des risques des conflits et violences en RD-Congo»; de Dieudonné-Louis Tambwe, coordonnateur de la Cellule technique de coordination et de planification minière -CTCPM- ayant tablé sur «quelle stratégie minière pour la RD-Congo pour atténuer les risques des conflits?»; de Godefroid Misenga, national du Comité d’orientation et de réforme des finances -COREP- ayant fait un «état des lieux des réformes des finances publiques» et, enfin, de François Lumbala, assistant technique à la Coordination des ressources extérieures et de suivi des projets, qui a exposé sur la «stratégie nationale».

Recommandations

Les sous-ateliers constituaient cinq piliers liés respectivement à la gouvernance, à la justice et lutte contre l’impunité, à la sécurité et stabilisation ainsi qu’à l’inclusion socioéconomique et relèvement communautaire. Pour le 1er pilier relatif à la gouvernance, il a été recommandé, entre autres d’organiser les élections conformément à la Constitution et au calendrier proposé par la CENI; signer et publier une ordonnance nommant le premier président de la Cour des comptes et signer et mettre en vigueur le Décret portant cadre organique de la Cour des Comptes et le Décret portant règlement d’administration applicable au personnel administratif et technique de la Cour des comptes.

Les indicateurs retenus à ce niveau sont, entre autres la publication de la loi électorale, présentation par la CENI du calendrier électorale, arrêté interministériel Budget et finances. Concernant le pilier Justice et lutte contre l’impunité, 4 recommandations ont été formulées dont celles d’organiser des audiences foraines et mettre en place un cadre institutionnel de mécanismes alternatifs de résolution des conflits non judicaires et allouer effectivement les crédits prévus pour le secteur de la justice dans la loi des finances publiques. Les indicateurs reposent ici sur, entre autres nombre d’audiences foraines civiles et militaires et nombre de jugements enregistrés.

Quant au pilier 3 axé sur la sécurité et la stabilisation, 7 résolutions ont été proposées. On peut citer le fait de développer le Plan national de sécurité intégrale avec la participation de l’armée, la police et les autres services de sécurité -ANR, DM-, promulguer l’ordonnance portant création de la structure dénommée DDRCS en refondant l’ensemble des programmes nationaux liés à la stabilisation communautaire, y compris USPN-DDR.

Pour ce faire, la présentation du Plan national de sécurité est recommandée. Concernant le pilier 4 lié à l’inclusion socioéconomique et relèvement communautaire, les défis identifiés consistent à assurer la diversification de l’économie, en particulier dans les secteurs générant moins d’emplois, améliorer l’accès aux services sociaux de base à travers la reconstruction et/ou la réhabilitation des infrastructures sociales ainsi qu’augmenter les opportunités économiques des communautés. Le dernier pilier concerne l’harmonisation des travaux sur la stratégie nationale. Il appartient à l’exécutif d’endosser cette stratégie en faisant voter et adopter certaines lois au Parlement.

Octave MUKENDI  

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