
Le bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication -CSAC- a suspendu pour 60 jours toute intervention du pasteur Jules Mulindwa sur l’ensemble des médias opérant en RD-Congo. La décision a été prise, le mardi 16 juin 2026, lors d’une session extraordinaire. Le régulateur reproche au pasteur d’avoir tenu, lors d’une prédication à Kinshasa, des propos jugés injurieux et diffamatoires, ainsi qu’une apologie du crime assortie d’une provocation directe à l’assassinat.
Un fondement juridique explicite
Pour motiver sa décision, le CSAC s’appuie sur la Constitution, la loi organique n°11/001 du 10 janvier 2011, l’Ordonnance-loi n°23/009 du 10 mars 2023 relative à l’exercice de la liberté de la presse, et son Règlement intérieur. L’article 138 de l’Ordonnance-loi de 2023 est expressément cité pour qualifier la gravité des faits. Le Conseil insiste également sur le public visé. Présenté comme acteur social et éducateur, Jules Mulindwa s’adresse régulièrement à des fidèles incluant des mineurs.
Le régulateur estime que la protection des enfants contre les contenus médiatiques dangereux ne souffre d’aucune tolérance. De tels discours, selon le CSAC, érodent la cohésion nationale et contreviennent à l’exigence de paix dans un contexte jugé sensible. La décision se décline en deux volets. D’abord, l’interdiction faite au pasteur Jules Mulindwa d’apparaître ou de s’exprimer sur tout support médiatique RD-congolais pendant 60 jours.
Ensuite, l’obligation faite aux directeurs de programmes et responsables de plateformes de ne pas l’inviter ni diffuser ses productions, sous peine de sanctions légales. L’exécution revient au Procureur général près le Conseil d’État, au Directeur du RENATELSAT et aux services compétents. L’acte, signé par Christian Bosembe Lokando, Bruno Mboliko Mbolison, Oscar Kabamba Kasongo, Serge Ndjibu Ngoy et Haddou Luyeye Kundomba, est entré en vigueur le jour même de son adoption.
Hénoc AKANO
