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Me Didier Kondo: «Je demande à mes compatriotes d’aimer notre pays et de soutenir les efforts de notre Président»

Avocat au Barreau près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe et au Barreau près la Cour d’appel du Québec au Canada, Me Didier Kondo Pania est patron du Cabinet d’avocats portant son nom. En sa qualité de porte-parole général de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS/Tshisekedi-, il s’est confié à «AfricaNews» et à la télévision nationale -RTNC- sur la visite du Président Tshisekedi dans le Grand Kasaï et son bilan à mi-parcours en attendant le grand rendez-vous électoral en 2023. Entretien.

Comment avez-vous analysé la descente du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans l’espace Grand Kasaï au niveau de 4 Interfédérales de l’UDPS/Tshisekedi étant donné que cette partie du territoire national fait face aux problèmes de manque d’eau, d’électricité et des infrastructures de base notamment routes, hôpitaux, écoles…?

Félix-Antoine Tshisekedi est un chef pour tous les RD-Congolais. C’est en sa qualité du Président de la République qu’il effectue de visites d’Etat à travers les différentes provinces. Il a commencé par l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu à Goma, Beni et Butembo et en Ituri à Bunia, où nos compatriotes étaient butés à des difficultés d’ordre sécuritaire avec attaques rebelles qui ne disent pas leur nom auquel s’est ajouté l’éruption volcanique. Il n’a pas débuté sa tournée par le Kasaï dont il est ressortissant étant entendu que lors de son élection, il avait bien dit qu’il est le Président de tous les RD-Congolais. C’est ainsi qu’après avoir sillonné certaines provinces de l’Est -l’ex-Katanga, l’Ituri, Nord-Kivu, au Nord de l’ex-Equateur-, il a décidé d’aller visiter ses compatriotes du Grand Kasaï.

En parlant, des gens ne voient que le Kasaï Oriental. Non. Il va dans les cinq provinces issues du démembrement administratif du Kasaï Oriental et Kasaï Occidental. Il a été à Mbuji-Mayi, Kabeya Kamuanga et Mupompa, son village. Il sera Kabinda dans la Lomani, à Lusambo dans le Sankuru, à Kananga au Kasaï Central et à Tshikapa dans le Kasaï. S’agissant de la souffrance de cette population qui manque de tout, nous devons savoir qu’au départ des Belges, ils n’avaient pas laissé des infrastructures viables dans le Kasaï en général et le Kasaï Oriental en particulier.

A part les Belges, tous les pouvoirs qui se sont succédés ne se sont pas occupés de l’espace Grand Kasaï. Tout ce qu’il y a un peu comme le système de développement émane des particuliers qui se débrouillaient. Pour développer un pays, cela n’est pas de l’apanage des particuliers, il faut la conjugaison des efforts avec la puissance publique qui est l’Etat. Comme l’Etat n’y a pas pensé, les conséquences sont là. Il y avait un des Chefs de l’Etat qui a remis un chèque bancaire de USD 10 millions pour la relance de la MIBA et on sait plus ce que cet argent a fait ou s’il a été réellement décaissé. Pourtant la MIBA a financé la guerre de l’AFDL contre les rébellions à l’Est.

L’Etat avait pris une trentaine de jeeps de la MIBA pour soutenir la guerre qu’on a jamais restituées. La chute de la MIBA a plongé l’espace Kasaï dans la misère sans précédent. En foulant le sol kasaïen, le Président a reconnu que les matières convoitées dans le monde, entre autres coltan, cobalt, nickel, cuivre, etc. se trouvent au Kasaï. Et il a promis de construire le Kasaï dans le cadre du programme de développement à la base de 145 territoires que compte la RD-Congo.       

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la tournée du Chef de l’Etat dans l’espace Grand Kasaï cache une pré-campagne électorale à considérer le discours qu’il tient d’y revenir pour solliciter les voix en 2023?

Ceux qui disent cela veulent une chose et son contraire. Lorsque Fatshi avait compris qu’il fallait d’abord rapprocher la RD-Congo sur le plan international pour lui donner sa place dans le concert des nations, les critiques ont figé de la part de ces gens-là prétendant que le Chef de l’Etat dilapide l’argent qui pouvait servir à la reconstruction du pays. Ils disaient que ses voyages étaient budgétivores. Pourtant sur une centaine de voyages effectués en tant que Président de la RD-Congo et de l’Union africaine, les USD 50 millions dépensés ont rapporté en terme de milliards pour notre pays et pour l’Afrique. C’est un monde à l’envers de considérer qu’il gaspillait le temps à l’extérieur du pays.

Maintenant qu’il a donné de la crédibilité au peuple RD-congolais sur le plan international, il s’attèle à construire cette crédibilité et sceller l’unité et la cohésion nationale au pays en visitant la province par province, au lieu qu’ils l’appuient, ils reviennent à la charge pour dire qu’il est en précampagne. Moise Katumbi Chapwe était récemment dans la Grande Orientale -Kisangani, Isiro- pour lancer les activités de son parti. Etait-il en pré-campagne électorale. Autrefois, Adolphe Muzito et Martin Fayulu se sont rendus dans l’Est du pays -Beni et Butembo-, étaient-ils aussi en campagne. Non! Ce genre de propos est un faux-fuyant.

Les gens ne doivent pas exagérer. Nous ne pouvons pas écouter ce discours tendancieux tenu dans le seul objectif de détruire au lieu de construire. Un discours de gens qui ne se demandent même d’où la RD-Congo et où va-t-elle. Le Chef de l’Etat est un humain, il est limité certes et ne pourra pas s’éterniser au pouvoir. Ses détracteurs doivent l’affronter en face et dire la vérité au lieu de distiller le mensonge en longueur de journées.

Au-delà de la nostalgie, la vive émotion, la compassion, mais aussi la surprise qu’a créées la visite du Chef de l’Etat au Grand Kasaï, il a quand-même lâché une phrase je cite: «Mashi a mu menu», vous êtes mon sang, mieux mes frères. Une phrase qui a provoqué une polémique au point qu’il est accusé par certaines gens de tribaliste. Quelle est votre réaction?

Vous devez savoir qu’une personne qui ne vous aime pas, même si vous lui donnez le monde entier, il ne vous aimera pas. Les termes frère et sœur, ce n’est pas seulement au Kasaï que le Président les a prononcés. Je vous rappelle que lors de son premier voyage à Beni et Butembo au lendemain de sa prestation de serment, il avait dit aux populations de coin du pays qu’ils étaient frères, sœurs et parents.

Les mêmes termes là sont autrement symbolisés par un adage luba «Mashi a mu menu». Rien n’a changé, c’est toujours mes frères et sœurs. Où est le mal. Ceux qui critiquent cet adage voulaient que Tshisekedi appelle les Kasaïens ses ennemis? C’est une perte du temps. Il n’y a rien de tribalisme dans cet adage.

Avec quel bilan Tshisekedi va-t-il solliciter un 2ème mandat en 2023?

Le Chef de l’Etat a bilan largement positif. Il y a beaucoup de choses qu’il fait chaque jour qui passe mais qui, malheureusement, ne sont pas portées à la connaissance de tous. Avoir ce qu’il a déjà réalisé, c’est un atout majeur pour lui en 20203. Il avait promis pendant la campagne électorale d’humaniser tous les services de renseignement, en ces jours, les cachots clandestins ont été fermés.

Les prisonniers d’opinion ont été libérés, les exilés politiques ont regagné le pays. Il a promis l’Etat de droit où tout le monde a les mêmes droits. Il y a un corps qui s’occupe de cela, ce sont les cours et tribunaux qui font appliquer la justice. Quand ça ne va pas, il ne le cache pas, il dit clairement qu’il n’est pas encore satisfait de la façon dont travaille notre appareil judiciaire. Il exhorte aux magistrats de mieux faire puisqu’il ne veut pas qu’il y ait la justice des riches et de pauvres. Il a mis fin à l’isolement diplomatique de notre pays dans tous les domaines afin d’amorcer le développement. Maintenant, les activités vont se matérialiser de la part des investisseurs.

D’une manière palpable, il a doté Congo Airways de 7 avions en 2 ans. Il a relancé le trafic ferroviaire entre le Katanga et le Kasaï en achetant de nouvelles locomotives. D’ici-là une nouvelle compagnie Air Congo va voir le jour. Dans la commune de Maluku, à Kinshasa, on est en train de monter une centrale solaire évaluée à USD 10 milliards qui pourra engager plus de 500 personnes. Il y a un programme de développement à la base de 145 territoires. On est en train de construire les infrastructures routières à travers le pays. La volonté est là et on espère qu’il fera encore mieux.

Quel message adressez-vous aux RD-Congolais en cette période de festivités de Noël et du Nouvel an?

Je demande à mes compatriotes d’aimer notre pays et de soutenir les efforts de notre Président de la République pour que demain la RD-Congo soit transformée et développée. Aujourd’hui, nous envions l’Occident, mais il n’a pas été construit en un seul jour mais plutôt en plus de 100 ans. A voir les efforts déployés en 3 ans, faisons confiance en Félix-Antoine Tshisekedi.

Propos recueillis par Octave MUKENDI

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