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RDC : Alain Atundu scrute l’actualité politique

A la suite de différents évènements ayant secoué la scène politique ces dernières semaines, allant de la démission du vice-Premier ministre, ministre de la Justice à la protestation du Premier ministre contre le contreseing du VPM, ministre de l’Intérieur dans une série d’ordonnances portant nominations dans l’armée et dans la justice, ou encore la guerre pour la succession de Corneille Nangaa à la CENI, André-Alain Atundu Liongo, communicateur du Front commun pour le Congo -FCC-, a, au cours d’un point de presse, souligné que la solution était politique. «Si le droit était le problème et donc la solution, l’on aurait observé aucun remous ni dans les milieux des concernés ni dans les milieux politiques voire même scientifiques. C’est que le problème est politique donc la solution aussi», a-t-il assené. Et de faire noter: «l’addition des ratés démocratiques au cours de ces dernières semaines donnent à penser soit qu’il y a un malaise parmi les animateurs des institutions, soit qu’il y a un dérapage de notre système démocratique».

Les différents évènements qui ont eu lieu à Kinshasa, ont été abondamment commentés dans l’opinion. La dernière en date, c’est la réaction d’Alain-André Atundu Liongo. Allant de la démission du vice-Premier ministre, ministre de la Justice à la protestation du Premier ministre sur le contreseing du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur à la suite de la publication «surprise» des nominations au sein de l’armée, ce haut cadre du FCC émet des doutes quant à la bonne marche des institutions. Quant à ce, Alain-André Atundu a émis des doutes quant à l’avenir politique de la RD-Congo.

«Ainsi, poussée par la bourrasque véhémente de la démocratie, dans un monde de plus en plus sans repaire, la République démocratique du Congo ne risque-t-elle pas de connaitre le sort peu enviable d’un navire fou avec un capitaine doué certes mais à qui les matelots, sous le coup des évènements, n’obéissent plus!», laisse-t-il entendre. Pour ce communicateur du FCC, «lorsque certains se prévalent maladroitement d’une certaine jurisprudence croyant ainsi détenir la pierre philosophale, ils ignorent que certaines infractions n’existent que par le plaignant. Et donc, s’il n’y a pas d’outragé ou que celui-ci ne s’exprime pas, il n’y a pas d’infraction. Ainsi tous ceux qui s’évertuent à justifier la controverse du contreseing du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur par la jurisprudence, tombent sous le dicton selon lequel pas d’intérêt pas d’action».

S’exprimant sur la réforme électorale, Alain-André Atundu se pose les questions de savoir:  «pourquoi la réforme électorale devient brusquement une priorité susceptible de reporter l’échéance électorale de 2023?», et «les dispositions actuelles régissant la CENI sont-elles anticonstitutionnelles ou obsolètes?». A l’en croire, il s’agit «de toute évidence, d’un cadeau empoisonné, une imposture populiste dont le but est de délégitimer les animateurs démocratiquement élus et les institutions légalement installées pour réaliser leur projet présenté in illo tempore d’un régime d’exception de 2 ans avec la participation de tous les acteurs politiques qui n’avaient pu recueillir les voix du peuple».

Et de poursuivre: «comme l’a si pertinemment dit la Conférence des présidents du FCC, notre plate-forme ne pourra cautionner une telle initiative en dehors des institutions». Concernant le raffermissement spectaculaire du franc congolais face au dollar américain, cet ancien ambassadeur se demande combien de temps la BCC pourra supporter son initiative de retirer le franc congolais et injecter le dollar qu’il qualifie par ailleurs «de démarche communicationnelle qu’économique en l’absence d’un plan économique stratégique au niveau national». En rapport avec les tensions au sein de la coalition FCC-CACH, Atundu lance un appel aux Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi et Président de la République honoraire Joseph Kabila à s’investir pour la paix au sein de cette structure et invite l’UDPS à un comportement plus constructif.

«L’UDPS doit laisser la coalition FCC-CACH jouer son rôle dirigeant et régulateur dans la vie politique en mettant fin à des attaques contreproductives contre ses partenaires et alliés dans la coalition», a-t-il lancé. Et d’ajouter: «…quand l’UDPS montre le petit doigt au FCC, il y a au moins trois doigts dirigés contre l’UDPS, à savoir: l’insécurité à l’Est et dans nos frontières, le tribalisme et le clientélisme». S’agissant de l’Etat de droit, Atundu condamne le «glissement de la démocratie congolaise vers l’odieux tribalisme par ceux-là même qui devraient encadrer nos populations à travers méandres et péripéties  de la démocratie, confondant volontiers et à dessein la liberté d’expression et l’attaque contre l’Autorité morale du CACH, son statut de Chef de l’Etat et son appartenance à une tribu». Par ailleurs, il exhorte «les partenaires réfractaires à la coalition FCC-CACH à se reprendre pour l’intérêt bien compris de notre jeune démocratie au lieu d’œuvrer de façon hasardeuse et intempestive pour l’instauration d’un régime d’exception sur les décombres de la coalition».

Brice NLANDU

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