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Kabala Muana Mbuyi: «Le sport et le journalisme ont construit la visibilité de la RD-Congo»

Figure emblématique de la presse RD-congolaise, témoin privilégié du «Combat du siècle», secrétaire général de l’Union des journalistes sportifs africains -UJSA- et diplomate, Pierre Célestin Kabala Muana Mbuyi Muadiamvita totalise plus de cinquante ans de carrière. De Mbuji-Mayi à Kinshasa, des Léopards à Mohamed Ali, il revient sur les moments forts de son parcours et livre son regard sur le journalisme sportif en RD-Congo. Entretien.

Votre premier grand reportage a failli vous coûter la vie. Que s’est-il passé?

En 1968, à Mbuji-Mayi, j’enquêtais sur un assassinat. J’avais retrouvé une douille qui a permis d’établir l’implication de militaires. Un officier m’a averti que ma vie était en danger et m’a fait quitter discrètement la ville pour Kinshasa. Sans cela, je ne serais probablement plus en vie.

Vous dites qu’une interview a changé le destin des Léopards. Laquelle?

Avant un match contre le Cameroun, j’ai interviewé Jean-Pierre Tokoto, qui m’a déclaré que son équipe allait éliminer le Zaïre. Cette phrase a été utilisée par l’entraîneur pour motiver les Léopards. Nous avons gagné et beaucoup ont cru que j’étais un «sorcier». En réalité, c’était simplement le fruit d’un bon travail journalistique.

Vous avez couvert la finale entre le TP Mazembe et le Hafia FC en 1973. Que s’est-il réellement passé?

Cette finale a été influencée par des considérations politiques. Des arrangements entre dirigeants ont conduit à une défaite organisée de Mazembe. Les joueurs n’en comprenaient pas les raisons. C’est l’exemple parfait de ce que j’appelle la politisation du sport.

Vous avez également vécu le «Combat du siècle». Quel souvenir en gardez-vous?

J’étais coordonnateur de la commission de presse. Plus de cent journalistes étaient accrédités. Cet événement a offert au Zaïre une visibilité mondiale exceptionnelle. Le sport a montré une autre image de notre pays et de l’Afrique.

Quel regard portez-vous sur le journalisme RD-congolais aujourd’hui?

Le métier traverse une période difficile. Les journalistes sont souvent fragilisés économiquement et la communication prend le pas sur le journalisme. Les réseaux sociaux ont aussi bouleversé les pratiques. Il faut investir davantage dans la formation et défendre l’éthique.

Quel héritage souhaitez-vous laisser?

Aujourd’hui, je veux transmettre mon expérience. Le sport et le journalisme ont permis à notre pays d’être connu et respecté. Il appartient désormais à la jeune génération de préserver cet héritage et de porter plus haut encore les valeurs de notre profession.

Propos recueillis par

Octave MUKENDI

Intesa KUTA

Mardochée LEMFU

Octave Mukendi

Rédacteur en chef d'AfricaNews RDC, Octave Mukendi est un journaliste expérimenté. Il coordonne la production éditoriale du média et veille au respect des standards de qualité, de rigueur et d'éthique journalistique. Il couvre les grands enjeux politiques, économiques et sociaux en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée à la contextualisation et à la fiabilité de l'information. À travers son travail éditorial et ses analyses, il contribue à faire d'AfricaNews une référence en matière d'information crédible, vérifiée et sans filtre.

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