
Le gouvernement Suminwa II, qui compte 53 membres, a été annoncé dans la nuit du 7 au 8 août. Il se compose de 6 vice-premiers ministres, 12 ministres d’État, 24 ministres, 5 ministres délégués et 6 vice-ministres. Cette nouvelle équipe témoigne d’une représentativité nationale significative, avec la totalité des provinces incluant des représentants. Le Kasaï Oriental se distingue en tant que province la plus représentée, avec ses 6 membres, incluant le vice-premier ministre Guy Kabombo; deux ministres d’État, Raissa Malu et Thérèse Kayikwamba, et trois ministres, Roger Kamba, José Mpanda et Julie Shiku.
D’autres provinces comme le Kongo-Central, la Mongala, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu disposent chacune de 4 représentants, tandis que le Tanganyika, le Sud-Ubangi et la Tshopo comptent 3 membres, tout comme le Kasaï. Ces provinces sont suivies par l’Équateur, le Kasaï Central et le Kwilu, qui possèdent deux représentants chacun. Les douze autres provinces envoient chacune un membre au sein du gouvernement. Mais, s’il faut considérer les grands ensembles, le Grand Kasaï s’offre 13 représentants, contre 11 pour le Grand Équateur, 9 pour le Grand Kivu et 6 pour le Grand Katanga… L’Est dans son ensemble compte 21 membres du gouvernement contre 13 pour le Centre et 19 pour l’Ouest. En matière de parité, le gouvernement Suminwa II marque un tournant en faveur de la représentation féminine, avec la nomination de Grâce Kutino, une jeune femme de 25 ans, à la tête du ministère de la Jeunesse. Si la Première ministre met en avant un «équilibre entre expérience, nouveauté, inclusion et ouverture à la société civile et à l’opposition», elle souligne surtout des avancées significatives en matière de représentativité des femmes, qui constituent 32 % des membres. Toutefois, aucune femme ne détient le titre de vice-Première ministre, et il faudra attendre avant qu’une autre femme occupe ce poste, après Eve Bazaïba, vice-première ministre de 2021 à 2023.
L’UDPS encore en pole position, entrée des regroupements de Mende et de Ngobila
Le gouvernement Suminwa II présente une forte continuité avec le précédent, puisque 39 membres sont reconduits, représentant environ 60 % de équipe. Pour le reste, le Président Tshisekedi et sa Première ministre ont choisi d’intégrer de nouvelles personnes. Sur les 14 nouveaux membres, seuls trois ont déjà de l’expérience au sein de l’exécutif national: Adolphe Muzito, Justin Kalumba et José Mpanda. Le premier, considéré comme une figure de l’opposition, a récemment décidé de rejoindre le président Tshisekedi dans le cadre d’une «union nationale».
En tant que vice-premier ministre, il travaillera aux côtés de Justin Kalumba, qui reprend le département des PME qu’il a déjà dirigé au début du mandat de Tshisekedi. Kalumba a également dirigé le département des Transports sous Matata Ponyo. José Mpanda, quant à lui, fait son retour au gouvernement un an après son départ, avec un précédent poste au ministère de la Recherche scientifique et un an à l’Agriculture.
Deux personnalités influentes de la société civile, Floribert Anzuluni et Guillaume Ngefa, rejoignent également le gouvernement. Anzuluni, ancien candidat à la présidentielle et un des pionniers des mouvements citoyens, se voit confier le ministère de l’Intégration régionale, tandis que Ngefa, fondateur de l’Ashado, un des précurseurs des associations de défense des droits de l’homme en République Démocratique du Congo et un ancien fonctionnaire des Nations Unies, est nommé ministre de la Justice. Grâce Kutino, 25 ans, Une jeune femme issue non seulement des confessions religieuses mais aussi de la vague des influenceurs, est promue ministre de la Jeunesse.
Sur le plan politique, l’UDPS domine le paysage, avec 3 vice-Premiers ministres -4 si l’on inclut les autres postes- et au total 11 portefeuilles. Ce chiffre grimpe à 20 en tenant compte de ses alliés. À l’inverse, la Dynamique AB de Sama Lukonde n’obtient que cinq sièges, tandis que l’UNC de Vital Kamerhe en a deux de moins. Le MLC de Jean-Pierre Bemba et l’AFDC-A de Bahati Lukwebo obtiennent chacun deux sièges, tout comme d’autres regroupements tels que ceux de Pius Muabilu, de Julien Paluku et de Fifi Masuka.
De nouveaux regroupements, auparavant absents de l’équipe, comme ceux de Lambert Mende et Gentiny Ngobila, font leur entrée au gouvernement. Un lot de consolation notamment pour l’ancien gouverneur de la ville de Kinshasa, repris sur la liste des invalidés aux législatives de décembre 2023 pour fraudes électorales avant d’être élu sénateur. Enfin, un changement notable dans la structure ministérielle est la fusion des ministères de l’ESU et de la Recherche scientifique, l’élargissement des Affaires étrangères pour inclure la Diaspora, ainsi que la création d’un nouveau département dédié à l’Économie numérique.
WIDAL

