
Dix ans après le Comité Laïc de Coordination -CLC-, la CENCO remet ses laïcs au combat. Le 20 juillet, le Groupe Laïc de Pilotage -GLP- a fait sa sortie officielle. Objectif affiché: «barrer la route» à tout changement de la Constitution et à un éventuel troisième mandat.
Pour y arriver, le collectif s’appuie sur une coordination nationale de 6 profils déjà éprouvés dans la rue, dans les institutions et dans la formation citoyenne. Des figures qui ont porté les grandes mobilisations de 2016-2018 et qui reviennent avec une méthode assumée: dialogue d’un côté, pression populaire de l’autre.
Jean-Bosco Lalo: le coordonnateur et visage des marches
Né le 6 mai 1971 à Lita, territoire de Djugu, Me Jean-Bosco Lalo est avocat. Licencié en Management et en Droit à l’Université de Kisangani, il dirige l’ONG AVEPADI, spécialisée dans l’alphabétisation des adultes, et promeut plusieurs écoles primaires et secondaires.
Son ascension passe par la Société Civile. Chef de la Société Civile de l’Ituri en 2006, il devient en 2018 président national du Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo -CALCC. C’est à ce poste qu’il pilote les grandes marches pour des élections crédibles et le respect de la Constitution. Il sera ensuite vice-président et porte-parole national de la Société Civile Forces Vives de la RDC.
Aujourd’hui coordonnateur national du GLP, il porte le discours le plus frontal: rejet «radical» de la loi sur le référendum et accusation d’une volonté de transformer le mandat présidentiel en «mission éternelle».
Une équipe technique aux rôles précis
Autour de lui, le GLP a structuré sa coordination pour couvrir tous les fronts.
Josette Mesatewa Luzolo: Coordonnatrice adjointe chargée de l’Administration
Elle est chargée de l’ossature du mouvement: mise en place des «comités relais» sur le territoire national et dans la diaspora annoncés par le GLP.
Elodie Ntamuzinda W’lgulu: Coordonnatrice adjointe aux Droits humains et Monitoring
Experte en gouvernance et processus électoraux. Commissaire au Conseil consultatif électoral de la SADC et ancienne membre de la plénière de la CENI de 2013 à 2019. Elle dirige l’ASBL Dignité Humaine et plaide pour la parité et la paix dans l’Est. Au GLP, elle documente et suit l’impact des actions.
David Boyenda Bosango: Coordonnateur adjoint aux Relations avec les Partenaires
Formateur, chercheur et ancien du CLC. Il est l’architecte de la «non-violence active» du groupe, inspirée de Martin Luther King et Gandhi. Il forme les jeunes et leaders communautaires à la résistance pacifique et à la lutte contre la corruption. Sa mission: veiller à ce que les mobilisations restent «pacifiques, structurées et intellectuellement armées».
José Kongolo Obalima: Coordonnateur adjoint au Plan
Militant civique et analyste géopolitique. Vice-président de l’Organisation panafricaniste mondiale -OPAM- et porte-parole du «Bloc Panafricaniste». Il travaille sur la stratégie, le suivi des transitions politiques et la dénonciation des ingérences extérieures.
Pontien Nyembo Katunango: Coordonnateur adjoint à la Mobilisation
Chargé de transformer l’appel des évêques du 20 juin en actions de terrain. Il pilote le «calendrier d’actions populaires» que le GLP promet de publier «incessamment».
La ligne: négocier et contester
La stratégie est double. Le GLP répond à l’invitation au «dialogue national inclusif» de Félix Tshisekedi, mais pose un préalable: le retrait de la loi sur le référendum. En parallèle, il structure la contestation.
Avec cette équipe qui mixe expérience institutionnelle, expertise électorale, formation à la non-violence et ancrage panafricain, le GLP veut se positionner comme «catalyseur au service du Peuple».
Mot d’ordre: «Peuple Congolais, levons-nous pour revendiquer nos droits et réhabiliter la dignité du grand Congo». Reste à voir si cette nouvelle garde parviendra à faire aussi mal que le CLC en 2016.
