
Les attaques n’ont pas pris. Injures sexistes, procès en légitimité, campagnes ciblées: tout y est passé. Résultat? L’inverse de l’effet recherché. À 78% d’opinions favorables, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka retourne le stigmate en capital politique. Car pendant que les cris s’épuisent, les actes parlent. Diplomatie offensive, sanctions américaines arrachées contre le haut commandement rwandais, qualification historique au Mondial après 52 ans d’attente, Eurobond de 1,25 milliard de dollars placé sur les marchés: la cheffe du gouvernement engrange et négocie.
À l’heure de la troisième revue du FMI, elle avance en première ligne. Les insultes misogynes visant «la femme, la mère, la cheffe du gouvernement» ont heurté. Mais elles ont surtout révélé un réflexe public inattendu: l’indignation s’est muée en soutien. Le débat a basculé des personnes aux résultats. La trajectoire est là: moins de bruit, plus de preuves. Et un baromètre qui tranche -près de 8 RD-Congolais sur 10 valident. La réserve s’est transformée en adhésion.
Une campagne de déstabilisation à effet inverse!
Injures sexistes, procès en légitimité, critiques répétées sur la compétence de la Première ministre, la séquence de contestation a été particulièrement intense. Mais au lieu d’installer durablement le doute, elle a produit un effet de retournement dans l’opinion. L’indignation suscitée par certaines attaques, notamment celles visant la condition de «femme, mère et cheffe du gouvernement», a contribué à recentrer le débat public sur les résultats plutôt que sur les personnes.
Dans l’opinion kinoise, la charge émotionnelle a progressivement laissé place à une lecture plus pragmatique de l’action publique. Dans ce contexte, le gouvernement capitalise sur une série de réalisations mises en avant par l’enquête. Sur le plan diplomatique et sécuritaire, les sanctions américaines obtenues contre des responsables militaires rwandais sont perçues comme un signal fort de fermeté sur la scène internationale.
Selon le baromètre «Les Points», réalisé du 22 au 23 avril 2026 à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka confirme son emprise sur l’opinion publique kinoise. Elle recueille 78% d’opinions favorables, un niveau de confiance qui traduit l’adhésion majoritaire à sa méthode de gouvernance durant le premier trimestre et le mois d’avril 2026. L’enquête met en lumière une gouvernance perçue comme plus rigoureuse, mieux coordonnée et davantage orientée vers les résultats. Déclinaison opérationnelle de la vision présidentielle, culture de performance, obligation de redevabilité et pilotage structuré de l’action publique constituent les principaux piliers de cette dynamique. Aux yeux des sondés, la cheffe du gouvernement s’impose comme une dirigeante méthodique, prudente mais résolument tournée vers l’action.
Une gouvernance économique peu à peu rassurante
Sur le plan économique, plusieurs réformes structurantes renforcent cette perception. Le budget 2026, évalué à plus de 59 000 milliards de francs congolais, est perçu comme un tournant majeur, avec un accent sur la sécurité, l’agriculture et les infrastructures. La numérisation des finances publiques, le Guichet unique du commerce extérieur et la généralisation progressive du mobile money dans les paiements de l’État traduisent une modernisation de l’appareil public.
La mise en service du barrage hydroélectrique de Kakobola, dans la province du Kwilu, qui alimente les villes de Gungu, Kikwit et Idiofa. Cette infrastructure de 10,5 MW, officiellement lancée au mois de mars 2026 -après plus de 15 ans de travaux- marque une étape décisive pour l’électrification de la région du Kwilu. Salué par la population, le barrage de Kakobola vise également à réduire le chômage et l’exode rural.
La stabilité macroéconomique, soutenue par la coordination avec la Banque centrale du Congo –BCC-, consolide cette dynamique: inflation contenue, stabilité relative du franc congolais et regain de confiance internationale. L’émission d’un Eurobond de 1,25 milliard de dollars, la stratégie autour du cobalt et les relations renforcées avec le FMI et la Banque mondiale -BM- renforcent l’image d’une économie plus crédible et mieux intégrée aux marchés internationaux.
Le programme «Debout Jeunes congolais», orienté vers l’entrepreneuriat dans les 182 circonscriptions, figure parmi les initiatives les plus saluées. Le paiement des arriérés des enseignants et la poursuite des réformes sanitaires contribuent à renforcer l’image d’un gouvernement soucieux d’articuler stabilité macroéconomique et impact social concret. La qualification historique de la RD-Congo à la Coupe du monde 2026, après 52 ans d’absence, s’impose comme un symbole fort de cette séquence. Couplée au soutien au Festival Amani, cette dynamique est perçue comme un facteur de cohésion nationale et de fierté collective.
Le classement des ministres: finances, communication et sport en tête
Doudou Fwamba arrive en tête avec 71% d’opinions favorables. Le ministre des Finances est crédité d’une action marquée par l’émission de l’Eurobond, la mobilisation des ressources internes, les réformes fiscales et le retour de la RD-Congo sur les marchés financiers internationaux, même si les attentes sociales restent élevées. Patrick Muyaya suit avec 69% d’avis favorables.
Le ministre de la Communication et Médias s’impose comme la figure du front médiatique gouvernemental, entre lutte contre la désinformation, communication de crise, redevabilité et défense de la souveraineté narrative du pays. Didier Budimbu obtient 65% d’opinions favorables. Le ministre des Sports est associé au retour historique des Léopards au Mondial, à la sécurisation des infrastructures sportives et à la volonté de réformer la gouvernance du sport.
Daniel Mukoko Samba enregistre 64% d’avis favorables. Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale est perçu comme un acteur clé de la stabilité des prix, de la coopération régionale avec l’Angola et de la relance économique. Justin Kalumba recueille 60% d’opinions favorables grâce à son action en faveur des PME et de l’entrepreneuriat féminin. Crispin Mbadu atteint 58%, porté par son lobbying diplomatique autour de la candidature RD-congolaise à l’OIF et le renforcement des liens avec la Diaspora.
Jean-Pierre Lihau obtient 57% d’opinions favorables grâce à la réforme de la fonction publique. Guillaume Ngefa suit avec 51%, centré sur la justice et l’État de droit. Louis Watum Kabamba enregistre 46%, principalement sur la gouvernance minière. Enfin, John Banza Lunda ferme le classement avec 44%, lié aux infrastructures et au désenclavement.
Une majorité solide, mais un test dans la durée
Au final, le baromètre dessine une image cohérente: celle d’un gouvernement plus structuré, plus lisible et davantage orienté vers les résultats. Judith Suminwa apparaît comme le centre de gravité d’un Exécutif dont la coordination est désormais mieux perçue.
Mais cette adhésion reste conditionnée à un impératif central: transformer les réformes, la stabilité et les gains diplomatiques en améliorations concrètes du quotidien des populations. Dans ce contexte, Suminwa semble avoir transformé une séquence de contestation en levier politique inattendu: celui d’une légitimité consolidée par les résultats et validée par l’opinion.