
Dans un tournant décisif pour son avenir, la République Démocratique du Congo a adopté un Accord-cadre à Doha avec l’AFC M23, affirmant ainsi son leadership dans la quête d’une paix durable à l’Est du pays. Cet accord, qui prolonge l’Accord de Washington du 27 juin 2025 ainsi que la Déclaration de principes du 19 juillet de la même année, se démarque par sa démarche proactive: c’est la RDC qui définit ses priorités pour stabiliser les zones encore sous occupation.
Au cœur de ces priorités, la restauration progressive de l’autorité de l’État s’impose comme une nécessité absolue. Le Gouvernement s’engage à garantir le retour effectif de l’administration publique, la réouverture des banques et des douanes, ainsi que l’accès aux infrastructures administratives et aux services sociaux et économiques critiques.
Cette ambition s’inscrit dans le cadre des programmes de développement nationaux, incluant un plan spécifique pour les 145 territoires du pays. D’un point de vue sécuritaire, la RDC a su obtenir un engagement fort pour un cessez-le-feu durable et le respect des accords de paix. Le Gouvernement prévoira les opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion selon des standards rigoureux et internationalement reconnus. L’un des acquis majeurs de cet accord réside dans la volonté affirmée de neutraliser les groupes armés étrangers qui menacent la paix et la sécurité sur son territoire.
La protection des populations vulnérables demeure également une priorité centrale. Un état d’urgence humanitaire sera instauré dans les zones les plus touchées, facilitant ainsi des interventions rapides et sécurisées des organisations humanitaires.
De plus, un mécanisme sera mis en place pour gérer le retour des réfugiés et des personnes déplacées, en collaboration avec les pays d’accueil et le HCR, afin d’assurer une réintégration digne et harmonieuse. Le rôle de la justice dans ce processus de stabilisation n’est pas en reste. Le Gouvernement créera une Commission nationale indépendante chargée de faire la lumière sur les événements passés, d’identifier les responsables et de préconiser des réparations. Cette initiative répond à une demande pressante des populations de l’Est, qui souhaitent ardemment voir la lutte contre l’impunité et la reconnaissance de leurs souffrances prises en compte.
Dans les semaines à venir, la mise en œuvre des engagements sera précisée à travers des Protocoles opérationnels qui définiront les modalités pratiques de déploiement de l’administration, les mesures de sécurité transitoires, la réinstallation des populations, ainsi que l’organisation d’élections législatives et locales dans les zones où elles n’ont pu se tenir en 2023.
Kinshasa reste ferme: la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’autorité de l’État sont des piliers non négociables, et la mise en œuvre de l’Accord-cadre se fera dans le strict respect de la Constitution. En reprenant les rênes du processus de stabilisation, la RDC se positionne résolument comme l’architecte de son propre avenir. La paix, loin d’être une chimère, devient ainsi un chantier à part entière, façonné par les aspirations de la Nation et les attentes de ses populations.
Natine K.

