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RDC: Shabani muscle la riposte Ebola

L’incident de trop? Lundi 24 août à Beni, la morgue du Centre médical Ruwenzori, propriété du Dr Ngalika, a été prise d’assaut par un groupe de jeunes non autrement identifiés. Ils ont forcé l’accès et emporté de force un corps, en violation totale des procédures sanitaires en vigueur pour la gestion des dépouilles Ebola. 

D’après les informations recueillies, les individus ont procédé au retrait du corps sans aucune formalité, au moment même où les autorités sanitaires multiplient les appels au respect strict des protocoles pour limiter la propagation du virus. 

Les motivations des auteurs restent inconnues. Une enquête est attendue pour établir les responsabilités. Depuis mai, c’est le 13e acte de sabotage répertorié.  C’est dans ce contexte hautement sensible que le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a présidé le même jour à Kinshasa une réunion de crise en hybride avec les gouverneurs des six provinces concernées par l’épidémie: Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo.

Autour de la table: la vice-ministre Eugénie Tshela Kamba, le Dr Steve Ahuka, Incident Manager de la riposte, et les responsables de la police, de la protection civile et de l’administration territoriale.

Les gouverneurs ont dressé un tableau sans fard des contraintes: besoins logistiques criants, insuffisance de ressources financières pour les services d’ordre public, et manque d’infrastructures adaptées à la prise en charge. À Beni, l’incident du Centre Ruwenzori illustre à lui seul le défi communautaire auquel font face les équipes.Face à cela, le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a haussé le ton. 

Il a rappelé la responsabilité directe des autorités provinciales dans la création des conditions administratives, politiques et sécuritaires de la riposte.

Instruction ferme a été donnée: mobiliser les administrations, les autorités territoriales, les services de sécurité et les forces vives pour faciliter l’accès des équipes sanitaires, lever les obstacles administratifs et communautaires, et veiller à l’application effective des décisions du Gouvernement central. 

Sur le plan sécuritaire, le message est clair: la Police nationale congolaise -PNC- et les autres services doivent renforcer la protection des populations, des équipes sanitaires, des structures de santé, des ambulances et des intrants. Le tout, a insisté le VPM, «dans le respect des droits humains». Entre défiance communautaire à Beni et contraintes logistiques à l’Est, le ministère de l’Intérieur entend désormais jouer pleinement son rôle de bras opérationnel du ministère de la Santé pour éviter que la riposte ne déraille.

Tino Mabada

Doyen de la rédaction, Tino Mabada en est également le couteau suisse. Attaché à la rigueur journalistique, il suit avec une attention particulière les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la vie publique. À travers ses reportages et ses analyses, il s'attache à fournir une information claire, contextualisée et fiable, contribuant ainsi à la mission d'AfricaNews : offrir une information crédible, vérifiée et sans filtre.

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