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Salaires budgets annexes: 5% désormais ponctionnés pour la CNSS

Fin avril, la paie chauffe. Dans les services émargeant des budgets annexes, des milliers d’agents découvrent l’amputation: 5% du brut envolés. Aucun préavis. Aucune alerte. Au guichet, c’est la douche froide. Pour un salaire de 500 000 FC, 25 000 FC manquent à l’appel. Pour les cadres, la saignée est plus sévère.Pendant des jours, le flou règne. Les rumeurs d’effort de guerre, de taxe nouvelle, de caisse occulte circulent. Les couloirs des ministères et des établissements publics grondent. «On a découvert ça au guichet», lâche un agent de la RTNC en colère. L’Intersyndicale tonne: «On ne touche pas au salaire des gens sans les prévenir. C’est illégal». Même réflexe à l’Agence congolaise de presse -ACP-, où des agents questionnent leurs responsables.

La menace d’une action collective plane. «On a frôlé la grogne», admet un membre du Comité de suivi de la paie. Et pour cause. En République Démocratique du Congo, les services émargeant aux budgets annexes sont autour de 400. Imaginez une grogne qui embrase 400 structures de l’État en même temps, pour un simple défaut de communication. Le risque a été réel. L’explication finit par tomber.

L’administration des Finances confirme le week-end à AfricaNews: «les budgets annexes sont désormais assujettis à la Caisse nationale de sécurité sociale. Les 5% prélevés, c’est la CNSS. Objectif: harmoniser la couverture sociale de tous les agents publics et sécuriser leurs droits à la retraite». Sur le fond, la mesure s’inscrit dans un assujettissement progressif.

Sur la forme, c’est un raté. Pas de note circulaire. Pas de communication en amont. «Ça a été une surprise désagréable. La Banque centrale crédite tous les comptes au même moment. Et c’est au retrait que chaque agent découvre la réalité. Le fait que les listings soient mis à la disposition des responsables près d’une semaine après la paie complique davantage la circulation de l’information», explique un responsable d’établissement public.

Résultat: la cotisation légale passe pour une ponction sauvage. Entre vie chère et promesses de revalorisation, la méthode braque. Les agents réclament désormais des preuves. Ils veulent la traçabilité de l’amputation et la confirmation du reversement à la CNSS. Question de disposer, demain, des pièces appropriées pour faire valoir leurs droits. Sans bulletin détaillé, sans bordereau, la retenue reste aléatoire, et la retraite avec.

Les syndicats promettent de maintenir la pression. Ils exigent transparence, prévisibilité et garanties écrites. Plus aucune retenue sans information préalable !

L’État a encaissé en silence, puis expliqué après coup. Trop tard pour restaurer la confiance. La cotisation à la CNSS est légale. L’improvisation, elle, a failli mettre le feu à la paie d’avril dans près de 390 services.

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