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RVA: les fâcheux dossiers du DG a.i William Pambu Pambu

Le successeur d’Abdallah Bilenge a entrepris de négocier un nouveau crédit bancaire à l’insu de sa partenaire, oubliant qu’aucune banque sérieuse n’accepterait pareil compromis et se passerait des renseignements financiers sur une société d’Etat dont l’encours bancaire se chiffre à 270 millions de dollars… Couac avec les membres du Conseil d’administration accrochés aux règles de l’art. Méfiance du personnel déjà remonté contre les arrestations programmées des responsables aéroportuaires à N’Djili, Goma, Lubumbashi et Kisangani, qui se rappelle d’un important financement de la BAD qui rend inutile la démarche envisagée par le DG ai…          

Chaudes discussions la semaine dernière au Conseil d’administration de la Régie des voies aériennes -RVA. A la base de cette tension: un dossier d’endettement de 45 millions de dollars présenté par le Directeur général a.i, William Pambu Pambu, mais recalé par le Conseil d’administration. William Pambu Pambu veut amener l’opérateur public des voies aériennes à contracter une nouvelle dette de 45 millions de dollars auprès de la banque Equity BCDC pour faire face à certaines charges, confient des sources internes.

Le Conseil d’administration s’y oppose, estimant que ce nouveau prêt alourdirait les créances de l’entreprise, réputée avoir un encours bancaire de 270 millions de dollars et qu’au lieu de négocier avec Equity BCDC, il serait juste et responsable de prendre langue avec Rawbank, la banque partenaire, qui a toujours prêté de l’argent à la RVA et à qui cette dernière doit une bonne partie de ces millions.

Selon les informations, le Conseil d’administration a beau chercher à faire comprendre à Pambu Pambu qu’aucune banque sérieuse n’accepterait pareil compromis dans le dos de Raw Bank et sans lui demander au préalable tous les renseignements sur ses relations avec sa cliente RVA, le DG ai y voit plutôt une tentative de bloquer les initiatives du Président de la République parce que son dossier prévoit d’affecter 20 millions de dollars sur les 45 millions sollicités à la réhabilitation de l’aéroport de Bipemba à Mbuji-Mayi.

Un BI à la hiérarchie de l’UDPS s’en est suivi, apprend-on. Voici que la Banque africaine de développement -BAD- a octroyé depuis octobre 2018 un don de 121,4 millions de dollars au gouvernement de la République démocratique du Congo pour l’aider à rénover et à moderniser les aéroports régionaux de Mbuji-Mayi, Kindu et Kisangani ainsi qu’à renforcer les capacités des autorités de régulation du secteur et l’adhésion du pays au Marché unique du transport aérien en Afrique -MUTAA.

Bipemba a fait l’objet d’une récente mission d’inspection du Conseil d’administration, qui a même porté à la connaissance du public que près de 20 conteneurs avec des matériels destinés à ces travaux de rénovation sont bloqués dans la ville de Mbuji-Mayi et que la SNCC se démène pour leur acheminement dans un bref délai. Au courant de ce fâcheux désaccord entre le Conseil d’administration et le Comité de gestion, les travailleurs se montrent peu tendres à l’endroit du DG ai Pambu Pambu, le soupçonnant de vouloir politiser la gestion de l’entreprise pour une affaire cadrant avec les attributions du Conseil d’administration, dénonçant son comportement.

«Cette insistance à obtenir ce prêt en faveur de l’aéroport de Mbuji-Mayi déjà retenu dans le projet financé par la BAD alors que l’entreprise est déjà très endettée, frise un intérêt personnel obscur», tape un cadre rencontré vendredi au siège de la RVA à Ndolo, ajoutant que toute démarche tendant à politiser cette affaire relève de l’arbitraire et du trafic d’influence. Criant son ras-le-bol, un autre cadre juge que sieur Pambu Pambu «est bel et bien dans ces deux tares depuis un certain temps».

Il évoque, pour étayer ses dires, «le manque d’égard du DG ai vis-à-vis du Conseil d’administration, le trafic d’influence, des enquêtes bâclées sur les finances de l’entreprise, l’instrumentalisation de la justice et des arrestations arbitraires visant des responsables affectés dans les aéroports». Très remonté contre l’arrestation de 5 responsables de la RVA commis à l’Aéroport international de N’Djili, cet employé estime que leur interpellation et emprisonnement l’a été sur base de faux renseignements parce que, sauf existence d’un réseau parallèle à prouver et des pièces bancaires faisant foi, les recettes mensuelles générées à N’Djili, provenant essentiellement de la vente de la taxe IDF se situent à 2 millions de dollars.

Et de chercher à savoir sur quoi se fonde le DG ai pour parler d’un détournement de 30 millions de dollars. Sur place à l’Aéroport de N’Djili, un agent de maitrise fustige la violation de la Convention collective par le DG ai depuis ces arrestations, disant vouloir comprendre «comment Pambu Pambu, qui se dit bon gestionnaire et se fait passer pour un patrouilleur contre les détourneurs présumés des ressources de l’entreprise, peut abandonner ses bureaux de la Direction générale à Ndolo pour aller travailler en ville dans des locaux loués aux frais de l’entreprise et pourquoi il n’a jamais daigner convoquer et présider une seule réunion du Comité de gestion depuis qu’il a assume l’intérim».

Si ces deux accusations s’avèrent fondées, ce serait des indices irréfutables de dilapidation des fonds de la RVA et d’incompétence. Revendiquant 20 ans de carrière, ce travailleur révolté est convaincu que son DG ai a fait emprisonner des innocents. Il cite l’exemple de son collègue, parmi les 5 arrêtés, qui loue depuis des années une maison de 150 dollars dans la commune de Kimbanseke et qui n’aurait jamais accepté de vivre dans ces conditions s’il faisait partie d’une bande criminelle.

L’agent crie à la maltraitance de ses camarades et de leurs familles, disant être au courant du projet consistant à faire arrêter d’autres responsables de la RVA à Kisangani, Goma et Lubumbashi. Il est d’avis que maltraiter sans cause des compatriotes sous prétexte de vouloir servir les intérêts de l’UDPS et du Président de la République, c’est priver Tshisekedi et le parti de l’électorat dont ils ont besoin pour leur maintien au pouvoir en 2023. Voici que cette échéance arrive en trombe! Voici qu’il est minuit moins!

Tino MABADA

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