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RDC : Sele Yalaghuli poursuit Kabuya en justice

Le ministre des Finances a porté plainte contre le n°2 du parti présidentiel pour diffamation et incitation à attenter à la vie d’autrui alors que les propos de ce dernier ont été condamnés tour à tour par BCNUDH, ACAJ et ASADHO…

Sele Yalaghuli est un dur à cuire. Il connait ses droits et a juré de se faire entendre devant les instances judiciaires habilitées. Son courrier du 11 novembre 2020 adressé au Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe fait état d’une «plainte contre sieur Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, pour diffamation et incitation à attenter à la vie d’autrui».

A l’origine de la plainte de l’argentier national, un «enregistrement audio infractionnel», en circulation libre sur les réseaux sociaux, qui met en exergue Augustin Kabuya, incitant les militants de l’UDPS, en présence de la presse et à la faveur d’une récente matinée politique, à s’en prendre au ministre des Finances au motif qu’il bloquerait des paiements pour pousser à un soulèvement contre le Président le Président de la République. «Vous voulez retourner au pouvoir mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans le pillage de ce pays. Aujourd’hui, vous vous organisez avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements pour dresser l’Armée, la Police et les fonctionnaires contre le Chef de l’Etat…», a dit Augustin Kabuya, promettant le chemin de l’exil à certains, les enregistrements sonores de son speech faisant foi.

«Nous n’allons pas nous laisser faire, je vous assure. Je ne parle pas pour faire plaisir à certains. Comme ils ont choisi cette voie, sans se rendre compte que sans l’UDPS ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997, nous sommes prêts puisque nous sommes habitués à ça. Nombreux prendront le chemin de l’exil», a promis le secrétaire général du parti présidentiel, laissant entendre que les cadres du FCC doivent leur protection actuelle à l’UDPS. Kabuya a fait pire en promettant de faire vivre aux cadres du FCC la situation de 1992, année où l’ex-Zaïre avait connu des scènes des pillages, affirmant bien connaître les adresses des résidences des leurs cibles, promettant ouvertement d’en finir avec le ministre des Finances.

«Le fait que monsieur Augustin Kabuya se soit permis dans ses propos incendiaires de faire allusion personnellement à moi et à trois reprises dans son discours des menaces et d’appel à la violence à mon endroit particulièrement, me fonde à vous saisir et dénoncer ce comportement infractionnel contre ma personne, convaincu que vous appliquerez la loi pénale dans sa rigueur», a motivé le ministre Yalaghuli dans sa plainte, pendant que dans l’opinion le ton, dans un élan d’unisson, est haussé pour fustiger les propos incendiaires tenus par le SG du parti présidentiel, qui s’est piégé avec son discours indélicat.

Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme -BCNUDH-, l’Association congolaise pour l’accès de tous à la justice -ACAJ- et ASADHO ont tour à tour condamné les propos tenus par Augustin Kabuya, au point de les estampiller «incendiaires». «UN Human Rights DRC condamne fermement les propos incendiaires attribués à un responsable de l’UDPS qui sont de nature à inciter à la violence», a tweeté mercredi 11 novembre 2020 le BCNUDH, non sans mettre «en garde contre de tels propos» et appeler «les acteurs politiques de tous bords de s’abstenir de tenir des discours pouvant porter atteinte à la paix et la cohésion sociale».

«Les menaces contre les personnes et leurs biens sont contraires à la loi et aux exigences d’une société démocratique. Elle invite les autorités à prendre des mesures pour prévenir et sanctionner leurs auteurs», a martelé cette instance des Nations unies militant en faveur de la promotion des droits de l’homme. Sur les traces du BCNUDH, l’ACAJ de Georges Kapiamba a elle aussi condamné «fermement les propos incendiaires tenus par le SG de l’UDPS M. Augustin Kabuya», non sans prévenir les leaders des partis politiques et leurs ligues des jeunes que «l’incitation à la violence et à la haine tribale est une infraction punissable par la loi pénale».

Comme ACAJ, l’ASADHO n’est pas passée par le dos de la cuillère pour rappeler à l’ordre Augustin Kabuya qui semble ne pas maitriser les notions basiques d’une société démocratique alors qu’il est gardien de temple d’une formation politique réputée pour son combat en faveur de la démocratie en RD-Congo. «L’ASADHO condamne fermement les propos tenus par le secrétaire général de l’UDPS contre les membres du FCC. Nous lui rappelons que la violence quelle que soit sa nature n’est pas acceptable dans une démocratie», a martelé Jean-Claude Katende de l’ASADHO.

Sur un ton réfléchi et bienveillant, Constant Mutamba a souligné: «Les propos du SG de l’UDPS, Augustin Kabuya ne concourent pas à la recherche de la stabilité du pays tant recherchée. Diviser les Congolais pour des fins politiciennes était la pire erreur des années 90. C’est une voie dangereuse à ne pas encourager!». Voici comment Kabuya, dans son excès de zèle, selon un analyste, est vomi de tous bords et va devoir répondre seul de ses actes devant la justice.

Laurent OMBA

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