
La carte judiciaire nationale va bouger. Le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a annoncé jeudi 28 mai sur X le lancement, avant fin 2026, d’un programme massif de construction de complexes judiciaires intégrant tribunaux, parquets, maisons d’arrêt et logements pour magistrats. L’objectif est de «garantir une justice plus accessible et plus efficace». L’annonce intervient 24 heures après son audition du 27 mai devant la Commission spéciale et temporaire de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen des rapports des vacances parlementaires de mars 2026.
Devant les députés, le garde des Sceaux a dressé un état des lieux sans fard: manque de magistrats, éloignement des juridictions, surpopulation carcérale, lenteurs administratives, pratiques illégales. Des constats qu’il dit avoir lui-même vérifiés en provinces, hors des zones sous occupation de la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Le plan s’attaque directement au désert judiciaire et au coût d’accès au tribunal. Ngefa veut rapprocher la justice des citoyens, réduire les frais, mettre fin aux perceptions illégales et sanctionner les détentions irrégulières. Côté prisons, le gouvernement mise sur les projets de «» et de «prison-école» pour moderniser les infrastructures et renforcer la rééducation des détenus.
Mais le ministre pose une condition claire: l’argent. Il a appelé les députés à voter la loi de programmation judiciaire et à relever le budget du secteur. «C’est à ce prix que nous bâtirons une justice plus proche, plus rapide et plus digne pour toutes les Congolaises et tous les Congolais», a-t-il insisté. Les réactions fusent dans l’opinion. Les principales insistent pour que le calendrier budgétaire puisse suivre ces annonces.
YA KAKESA

