
Le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a récemment émis une directive au procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa Gombe pour qu’une enquête approfondie soit menée sur Equity BCDC. Cette investigation a pour but de déterminer dans quelles conditions les comptes des clients de cette banque seraient manipulés sans le consentement ou la connaissance des propriétaires et de leurs mandataires.
Mvonde attend les résultats de cette enquête dans les plus brefs délais, suite à une plainte solide déposée par un client. Dans un contexte mondial où les banques jouent un rôle crucial pour la stabilité et le bon fonctionnement des systèmes financiers, elles se trouvent normalement sous une surveillance rigoureuse de la part des autorités. C’est donc en toute légitimité que le procureur général agit pour s’assurer du respect de cette surveillance.
Les principales fonctions d’une banque
Il convient de rappeler que le Code monétaire et financier impose aux établissements bancaires un régime de responsabilité, les obligeant à exercer un devoir de vigilance sur les opérations des clients, tout en se gardant d’intervenir dans ces mêmes opérations. Cependant, cette exigence semble être mise à mal au sein d’Equity BCDC en République Démocratique du Congo.
Il est essentiel de rappeler les cinq grandes fonctions d’une banque: la collecte des dépôts, l’octroi de crédits, la gestion des paiements, le service de conseil et la gestion d’actifs.
Des plaintes de clients de plus en plus nombreuses
Parmi les plaintes, un client s’est dit très préoccupé: «Equity n’est pas une vraie banque. Elle modifie les clauses des contrats selon ses propres souhaits, sans consulter les clients. Les décisions viennent du Kenya et sont appliquées sans notre approbation. On se réveillera un jour avec des fonds transférés au Kenya», déplore-t-il sous couvert d’anonymat.
Ce client qui a saisi la justice accuse la banque d’avoir modifié un contrat de copropriété sans en avertir les copropriétaires. Il précise: «Il est temps de prendre des mesures. La banque ne peut pas changer un contrat sans l’accord des deux copropriétaires. Malheureusement, cela fait malheureusement partie de ses pratiques habituelles. C’est désolant. Cette banque joue avec l’argent de ses clients. Beaucoup ne s’aperçoivent des retraits qu’après coup. Et elle justifie cela par des “retraits non payés” effectués en retard».
Quant au faux, un autre client n’hésite pas à qualifier Equity de «banque mafieuse». «Nous faisons face à des actes de faux et usage de faux. Des personnes encaisse de l’argent de successions inexistantes. L’État congolais doit protéger les citoyens qui cherchent à retrouver confiance dans les institutions financières et défendre les plus vulnérables face à ces pratiques», déclare-t-il, déçu par les agissements d’Equity BCDC.
Retraits suspects et plaintes persistantes
Un autre cas fait état de retraits effectués sans accord: «Plusieurs versions m’ont été données. D’abord, on m’a dit que j’avais utilisé un distributeur piraté. Puis on m’a informé que ma carte avait été désactivée après la détection de paiements frauduleux à l’étranger», raconte un client frustré par ces événements. Bien qu’il soit en partie satisfait des services d’Equity BCDC, ce client réclame le remboursement de ses fonds perdus.

Pour sa part, Equity BCDC tente de se défendre: «Cela relève d’un risque opérationnel dans le secteur bancaire. Si un agent n’a pas respecté la procédure, cela tombe sous le coup de faux et usage de faux par ceux qui ont utilisé le compte».
Seules les enquêtes diligentées par le procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa Gombe, suivant les instructions du procureur général près la Cour de cassation, permettront d’établir les vérités entourant les opérations d’Equity BCDC.
