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Constant Mutamba multiplie des signaux d’engagement à la tâche, il reçoit le soutien de l’Église catholique dans la traque des antivaleurs

C’est jusque-là le ministre le plus en vue du gouvernement Suminwa. Constant Mutamba a reçu, lundi 24 juin, le soutien de l’Église catholique dans sa mission de guérir la justice RD-congolaise de sa maladie. Très remuant depuis son entrée en fonction, le ministre d’État en charge de la Justice et garde des sceaux brille de mille feux avec des initiatives dénotant son engagement à la tâche lui confiée. Dès sa prise des fonctions, le Garde des sceaux a instruit le Procureur général pour des mesures de lutte contre les nuisances sonores et la dépravation de mœurs.

Ce mardi en marge d’une visite d’inspection de quelques maisons carcérales, il a salué l’action du PG qui a débouché à l’interpellation d’un groupe de proxénètes et l’organisation d’un premier procès en flagrance. Mutamba a profité de son itinérance pour édictersa vision de la justice. «Tout magistrat, avocat ou personnel judiciaire surpris la main dans le sac ira en prison sans complaisance», a-t-il prévenu.La semaine passée, le n°1 de la Justice a rencontré le patron de l’Inspection générale des finances -IGF- avec qui il a abordé le sort à réserver aux «détourneurs» et autres prédateurs financiers.

Autant d’actes qui augurent espoir alors que les premiers pas de Constant Mutamba au gouvernement ont l’air de sonner la fin de la recréation dans la gestion de la chose publique en RD-Congo. Ces signaux positifs n’ont pas laissé indifférente la plus grande église du pays, pourtant réputée très critique envers les régimes qui se sont succédé au pays depuis l’indépendance. Venu avec les autres chefs des confessions religieuses au cabinet du Garde des sceaux RD-congolais, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, Mgr Donatien Nshole, a affiché les grosses attentes de l’Église en matière de justice dans le pays.

«Nous comptons sur sa jeunesse et sur ses énergies. J’ai compris qu’il connaît bien la situation sur terrain parce qu’il était parmi les gens qui haussaient le ton pour dire non», a fait savoir Nshole, non sans prodiguer des conseils, tel un bon pasteur, au min’État Mutamba: «Je suis content qu’il soit conscient que c’est un défi pour lui, un défi énorme, et ce n’est pas facile. J’ai attiré son attention et je l’ai encouragé particulièrement sur un aspect qu’il aura à vivre régulièrement, au regard de notre environnement sociopolitique: des pressions. Il sera certainement objet des pressions de toutes sortes là où il vaudra bien faire les choses. Qu’il tienne bon, il est très jeune et il a un avenir».

Le SG de la CENCO a ainsi promis d’accompagner Mutamba dans la «noble mission qu’il a reçue de promouvoir la justice» jusqu’à avoir des résultats escomptés. «Nous sommes là pour l’encourager au nom de tous les évêques. Nous ne pouvons que l’encourager», a-t-il poursuivi.

Mutamba et ses vertus anti-tricherie

Fervent défenseur des valeurs, Mutamba a grandi en faisant de la lutte contre la corruption et la tricherie son cheval de bataille. «Déjà au niveau secondaire comme à l’université, il avait monté une structure de lutte contre la tricherie», a ainsi rappelé Mgr Nshole comme pour appeler le ministre à puiser dans son vécu et dans ses idéaux pour ce gros pari.

«Je demande au peuple congolais de le soutenir dans ce combat parce qu’il doit se sentir porté pour que nous ayons tous des résultats», a prié le prélat catholique qui avait déjà vu d’un bon œil la symbolique du chien qui a accompagné Constant Mutamba lors de la cérémonie de remise et reprise avec sa prédécesseuse. Mgr Nshole avait alors émis le vœu de voir ce chien s’attaquer aux «fossoyeurs de la République».

Pour Mutamba, les dix premiers jours au département de la Justice ont été une décade de moisson abondante, couronnée par la communication du Président de la République, Félix Tshisekedi, vendredi 21 juin en Conseil des ministres, quand il a instruit la Première ministre de se pencher sur la mise en place d’un Parquet financier. Mutamba a été le premier à proposer la création de cette juridiction spéciale alors qu’il était encore député national.

Aujourd’hui porté à la tête de la Justice, il aura, tel Joseph de la Bible après avoir expliqué le songe de Pharaon, la lourde tâche de matérialiser cette proposition. Le sénateur Bamanisa a témoigné dans un message sur «X» à propos de Mutamba, affirmant qu’il est de l’école des idéalistes, disant l’avoir intégré dans son équipe en 2005 à Kisangani, estimant qu’il marquera son temps au ministère de la Justice.

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