
L’Union sacrée de la nation -USN-, plateforme politique soutenant la vision de l’actuel Chef de l’Etat RD-congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’a pas attendu plusieurs jours pour balayer d’un revers de la main l’initiative d’un dialogue national politique, proposée par la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et l’Église du Christ au Congo -ECC-, afin de trouver une solution à la crise sécuritaire qui touche l’Est du pays. Dans un communiqué signé mardi 11 février dernier par son secrétaire permanent, le Professeur André Mbata, cette plateforme majoritaire au pouvoir a qualifié cette démarche d’«individuelle».
D’après l’USN, les porteurs de cette initiative n’ont pas attendu la position finale du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi qui les a reçus il y a une semaine. «Le fameux ‘’Pacte social’’ proposé par certains est une initiative individuelle de ceux qui avaient déjà pris d’autres contacts ailleurs et qui n’ont pas voulu attendre la position finale du Garant de la nation. Par conséquent, ce projet n’engage ni l’USN ni sa haute autorité politique», a-t-on appris dans ce communiqué.
L’USN a précisé que le Président de la République a toujours œuvré pour la cohésion et l’harmonie nationales. Ce, avant de compléter que le Chef de l’Etat reste ouvert à tous les compatriotes, religieux ou non, préoccupés par la bonne marche de la République.
L’Union sacrée de la nation rejoint l’UDPS
A travers un communiqué publié mardi 11 février dernier, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, parti présidentiel, a rejeté l’initiative du pacte pour la paix initié par la CENCO et l’ECC sur la réflexion autour de la situation sécuritaire du pays avec son option d’un dialogue avec le M23. «Tout en privilégiant la cohésion nationale interne conformément à l’appel du Chef de l’État, l’UDPS/Tshisekedi rejette en bloc toute démarche tendant à organiser des négociations politiques en dehors des processus de Luanda et de Nairobi.
Elle dénonce l’initiative «narquoise» de certains acteurs religieux dont les diverses prises de position n’ont jamais caché leur antipathie à l’endroit des institutions de la République», avait-il insisté. Un jour plus tôt, le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement RD-congolais, Patrick Muyaya, avait fait savoir que l’initiative du pacte social pour la paix portées des pères de l’ECC et de la CENCO était juste personnelle, sans l’aval du Président de la RD-Congo. «Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas donné un quelconque mandat aux prêtres de la CENCO et de l’ECC pour l’engager dans le cadre des consultations qu’ils mènent actuellement en vue d’un dialogue pour le pacte social de la paix», avait-il précisé lors d’un briefing de presse organisé lundi dernier.
La CENCO et l’ECC insistent…
Pourtant, la CENCO et l’ECC continuent de consulter la classe socio-politique RD-congolais. Ce qui veut dire que ces hommes de Dieu sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur mission. Tenez! Après l’étape de Kinshasa, les responsables de la CENCO et de l’ECC ont échangé, mercredi 12 février 2025, à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, avec l’ancien président de la Commission nationale électorale nationale indépendante -CENI-, aujourd’hui leader d’une coalition politico-militaire nommée Alliance du fleuve Congo -AFC-, dont fait partie le mouvement terroriste M23.
«Nous avons commencé une tournée de personnes, des personnalités importantes à impliquer dans cette dynamique et nous avons pensé que l’AFC/M23 a quand même une grande contribution à apporter dans cette dynamique de la construction de la paix parce que, pour les deux églises, l’année 2025 c’est l’année de la paix. La priorité, notre priorité, c’est la paix. Et voilà pourquoi nous sommes venus les exhorter aussi, les écouter et en même temps aussi à travers Monseigneur Willy Ngumbi -NDLR: Évêque de Goma- écouter la population, savoir comment vivent les gens ici, qu’est-ce qui se passe ici. Je salue l’accueil qui nous a été réservé», a déclaré Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO à l’issue de l’entretien avec Corneille Nangaa. A l’en croire, après discussions, ils ont été motivés à poursuivre avec ce schéma pour le retour de la paix.
Hénoc AKANO