Dossier à la UneNation

RDC: Lumumba inhumé dans son pays, 61 ans après sa mort

«C’est seulement après avoir dit la vérité et établi les responsabilités des uns et des autres que nous pourrons, ensemble, RD-Congolais et Belges, entamer l’étape déterminante du pardon, de la justice et de la réconciliation véritable et définitive», a signifié le Président Tshisekedi, remerciant le peuple belge et ses autorités, particulièrement le Roi Philippe ainsi que le Premier ministre Alexander De Croo. Ces derniers ont contribué au rétablissement de la vérité sur le triple assassinat de Patrice Lumumba et de ses deux compagnons d’infortune, à savoir: Maurice Mpolo et Joseph Okito.

Coïncidence. La RD-Congo a accédé à l’indépendance le jeudi 30 juin 1960 et la dépouille du premier Premier ministre Patrice-Emery Lumumba a été inhumée le juin 30 juin 2022 dans son pays, 61 ans après son assassinat à Shilatembo dans l’actuelle Haut-Katanga. Le héros national, né le jeudi 2 juillet 1925, a vu ses reliques être restituées par la Belgique le lundi 20 juin et rapatriées le 22 juin.

La cérémonie s’est voulue grandiose, à la hauteur de l’homme, un des pionniers de l’indépendance de la RD-Congo. Des hommages dignes et mérités pour celui qui a donné de son sang pour une nation indépendante et souveraine. Toute la République l’a bien accueilli sur la terre de ses ancêtres. Restitution et rapatriement de sa dépouille, funérailles et inhumation…, tout a été coordonné pour honorer le héros de la lutte pour la liberté.

Après quatre jours de deuil national, soit du lundi 27 au jeudi 30 juin, le Chef de l’Etat RD-congolais Félix-Antoine Tshisekedi et le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, ont assisté à la cérémonie d’inhumation de sa dépouille au désormais «Mémorial Lumumba» -ex-place de l’échangeur dans la commune de Limete. Hasard ou pas, le sort a voulu que le héros soit couronné le jour où le pays célèbre ses 62 ans d’indépendance. Tout un symbole: Lumumba est à jamais rattaché à l’histoire de la RD-Congo!

Un moment à la fois douloureux et historique

Pour l’occasion, la République a mis les petits plats dans les grands pour louanger l’un de ses pères fondateurs, figure de proue de son indépendance nationale et de la souveraineté de ses peuples. Le «Mémorial Patrice-Emery Lumumba» est le terminus d’un périple marathon qui a conduit le héros tour à tour au Sankuru, à la Tshopo et dans le Haut-Katanga, trois provinces où il a vécu avec des fortunes diverses.

La semaine aura été longue, la série d’hommages solennels a tenu en haleine toute une nation, fière de voir son héros retourner sur ses terres, 61 ans après. Les présidents du Sénat, Modeste Bahati, et de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde et les membres de son gouvernement, les Premiers ministres honoraires, Bruno Tshibala et Samy Badibanga, les représentants de grandes institutions, les diplomates et autres diverses autorités, tant publiques que coutumières… Le Mausolée Lumumba a refoulé du monde ce jeudi 30 juin. La présence de toutes ces autorités avait suffi pour faire de cette cérémonie le point focal d’un moment à la fois douloureux et historique.

«Que la terre de nos ancêtres vous soit douce et légère». Ces mots du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, résument parfaitement le sentiment qui anime les RD-Congolais: soulagement. Soulagés de se réconcilier avec son histoire, soulagés d’offrir enfin une sépulture digne à son icône.

Vaillant combattant de la liberté, Lumumba n’aurait nullement voulu voir ses restes demeurer éternellement loin de ses ancêtres. Il aura fallu 6 décennies, 61 ans et plusieurs rendez-vous manqués. Désormais, c’est chose faite! Le deuil peut être levé, le pays peut redémarrer. L’oraison funèbre dit par le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi abondait dans ce sens. Le 5ème Président de la RD-Congo, lui qui est né 2 ans après l’assassinat du héros, peut être fier d’avoir réconcilier le peuple RD-congolais avec son histoire, à travers ce rapatriement qui est tout sauf un «banal rituel funéraire», marquant ainsi l’épilogue de la très longue démarche de rapatriement de la dépouille de ce défenseur de l’unité nationale.

«Le présent Mémorial de Patrice-Emery Lumumba était, avant tout, un lieu d’affirmation de notre foi en notre capacité à construire par nous-mêmes notre grande nation, mais aussi le sanctuaire de notre mémoire collective», a souligné le Président Félix-Antoine Tshisekedi dans son oraison funèbre. Mieux qu’une simple sépulture, le «Mémorial Lumumba» est, de l’avis du Chef de l’Etat, un lieu qui permettra de maintenir constamment allumée la flamme de l’amour de la RD-Congo.

L’engagement de la famille biologique de Lumumba salué

Rendant en cette circonstance particulière un hommage appuyé à toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté ayant rendu possible la matérialisation de ce moment historique, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a salué l’engagement de la famille biologique du héros national Patrice-Emery Lumumba. Il lui a réitéré la reconnaissance de la Nation toute entière, désormais fière de s’associer à l’héritage politique et spirituel légué par ce digne fils du pays.

Le Garant de la Nation a aussi remercié le peuple belge et ses autorités, particulièrement le Roi Philippe ainsi que le Premier ministre Alexander De Croo, pour avoir contribué au rétablissement de la vérité sur le triple assassinat de Patrice Lumumba et de ses deux compagnons d’infortune, à savoir: Maurice Mpolo et Joseph Okito. Et de nuancer en ces termes: «C’est seulement après avoir dit la vérité et établi les responsabilités des uns et des autres que nous pourrons, ensemble, RD-Congolais et Belges, entamer l’étape déterminante du pardon, de la justice et de la réconciliation véritable et définitive».

Quand Tshisekedi dresse un portrait élogieux de Lumumba

Dans la dernière partie de son oraison funèbre consacrée au personnage Lumumba, le Chef de l’État a, tout en saluant son retour au pays, mis en exergue les qualités humaines hors normes de l’illustre disparu avec, à la clé, une force de conviction soutenue par le caractère non violant de sa noble lutte. Présentant Lumumba comme un «homme du peuple», il a également loué son intransigeance à ne pas céder à l’endoctrinement colonial, mais aussi, son combat pour l’égalité entre citoyens, les droits fondamentaux de la personne humaine, la justice sociale et la liberté.

La dépouille de Lumumba inhumée dans l’intimité familiale, en présence de Tshisekedi et Sassou Nguesso

Les instants ayant suivi cette oraison funèbre furent simplement émouvants. Les membres de la famille biologique de l’illustre disparu ont assisté, non sans retenir leurs émotions, à la descente de la dépouille dans le caveau aménagé au bas du Mausolée, sous les notes de la fanfare. La relique de Patrice-Emery Lumumba, murée dans un cercueil, gagnait ainsi, dans l’intimité familiale, son lieu de repos éternel, en présence du Président Félix-Antoine Tshisekedi et de son homologue Denis Sassou Nguesso. Le tout négocié dans un rituel funéraire que requérait la circonstance.

Quelques heures plus tôt, les petits-fils du héros national avaient, à leur manière, rendu hommage à leur défunt grand-père. Ils ont remercié les autorités, mais aussi, le peuple RD-congolais qui, d’après eux, aura démontré que l’aura de ce dernier continuera d’incarner un esprit qui rassemble au-delà des groupes ethniques et des appartenances politiques.

Ils ont par ailleurs mis une emphase particulière sur ce qu’ils ont qualifié de «Génération Lumumba», celle des jeunes ambitieux décomplexés qui s’engagent à rééquilibrer les différents rapports de forces avec le reste du monde et même au sein du pays à travers des concept innovants.

Les églises ont également joué leur partition, en cette circonstance, dans un culte œcuménique au cours duquel la grâce divine fut implorée pour une sincère réconciliation du Congo avec son histoire, mais aussi, pour l’affermissement des vertus nationalistes et de l’unité nationale.

«Je vous remercie, Monsieur le premier Premier ministre du Congo indépendant, notre héros national», a dit le Président Tshisekedi, après avoir salué «la lutte sans merci contre le colonialisme, le combat pour la liberté et l’indépendance» menés par Lumumba. «Que la terre de nos ancêtres vous soit douce et légère», a souhaité le Président Félix-Antoine Tshisekedi.   

Christian BUTSILA


Allocution du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à l’occasion du «Mémorial Patrice-Emery Lumumba»

Excellence Monsieur le Président de la République du Congo,

Mesdames et Messieurs les représentants des Chefs d’Etat et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques,

Chère famille Lumumba,

Distingués invités,

Mes très chers compatriotes,

Après soixante-et-une longues années, Patrice-Emery Lumumba, Héros national, Combattant de la liberté, Défenseur de l’unité nationale, est de retour chez lui, parmi nous! Enfin, le peuple Congolais peut se faire l’honneur d’offrir une sépulture à son illustre Premier ministre qui n’en avait jamais eu; ceci, non seulement, au mépris de la tradition congolaise qui exige que soient organisés funérailles et deuil, rituel pour assurer le passage du défunt dans l’au-delà, mais également, de cette croyance qui stipule qu’une âme sans sépulture soit condamnée à une errance sans fin. Ce jour mémorable, se veut donc l’épilogue de la très longue démarche du retour de ce Père de notre indépendance. Il nous donne enfin l’occasion, en tant que peuple, d’accomplir le devoir que nous prescrivent les traditions millénaires léguées par nos ancêtres, et de lever ainsi, en compagnie de la famille Lumumba, ce deuil entamé depuis 61 ans. Ce deuil que nous levons aujourd’hui interpelle la conscience congolaise à saisir le sens de son histoire, à se réconcilier avec elle afin que celle-ci habite le Congo.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chère famille Lumumba,

Mes très chers compatriotes,

Je souhaiterais saisir cette circonstance particulière pour rendre hommage à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté qui ont rendu possible la matérialisation de ce moment historique. Ma pensée va d’abord, tout à fait naturellement, à la famille biologique de notre Héros national. Par-delà les épreuves d’une disparition cruelle, cette famille a connu et traversé une longue période d’une insupportable absence sans jamais se départir de sa dignité. En cela, elle a démontré à la face du monde sa pleine adhésion, sa pleine communion avec Patrice Lumumba. À la famille ici présente, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, je réitère la reconnaissance de la Nation tout entière, fière de s’associer à l’héritage politique et spirituel légués par leur illustre aïeul. Je voudrais également remercier le peuple belge et ses autorités, particulièrement le roi Philippe et le Premier ministre Alexander De Croo, non seulement pour la part déterminante prise par la Belgique, à travers notamment ses universitaires, ses parlementaires et ses leaders d’opinion, mais surtout pour avoir contribué au rétablissement de la vérité sur ce triple assassinat. Après des années de déni, l’histoire tragique du martyre de Lumumba et de ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, qui viennent d’être admis, depuis le 9 juin dernier, dans l’Ordre national «Héros nationaux Kabila-Lumumba», est enfin mieux connue. En effet, c’est seulement après avoir dit la vérité, après avoir établi les responsabilités des uns et des autres, que nous pourrons ensemble, Congolais et Belges, entamer l’étape déterminante du pardon, de la justice et de la réconciliation véritable et définitive. Enfin, ma reconnaissance s’adresse aussi, tout particulièrement, à vous tous qui formez l’ensemble des peuples du Congo et d’Afrique. Car, vous avez fait preuve de patience, de maturité, de retenue et de solidarité.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chère famille Lumumba

Mes très chers compatriotes,

La présente cérémonie de déposer la dépouille de notre héros national dans ce reposoir, que je préside aujourd’hui, n’a rien d’un banal rituel funéraire. Devenant le sanctuaire de notre mémoire collective, le présent Mémorial Patrice-Emery Lumumba est d’abord le lieu d’affirmation de notre foi en notre propre capacité à construire par nous-mêmes notre grande Nation. Cette renaissance du Congo, notre héros national l’avait lui-même prédite -je le cite-: «Je sais et je sens du fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au colonialisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur». Fin de citation. En ce jeudi 30 juin 2022, coïncidence heureuse au jeudi 30 juin1960, mobilisons-nous pour faire de ce Mémorial le lieu de renouvellement de notre engagement individuel et collectif:

L’engagement à parachever le noble combat qu’il avait entamé;

L’engagement à garder et protéger les valeurs pour lesquelles il a donné sa vie.

La cérémonie de ce jour ne peut donc revêtir tout son sens et tout son éclat que si elle donne l’occasion à chaque Congolais, à chaque Congolaise de se laisser interpeller par les dernières paroles de Lumumba à ses enfants -je cite-: «À mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai pas, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance, et de notre souveraineté…» -fin de citation. Dans cette optique, je nous invite, chers compatriotes, à faire de ce «Mémorial Patrice-Emery Lumumba», un lieu de recueillement susceptible de raviver l’idéal patriotique et républicain, sublimé par les gestes ainsi que les paroles de notre Héros national. Ayez à cœur de l’honorer, ce mausolée, autant que vous le pouvez, soit par vos visites et vos recueillements, soit à distance dans la réverbération de vos souvenirs, afin que la flamme de l’amour du Congo qui brille ici reste toujours vive et qu’elle ne s’éteigne jamais.

Monsieur le Premier ministre, Héros national, Chef du tout premier gouvernement du Congo indépendant,

C’est un immense privilège, pour moi, de m’adresser à vous, au nom de tous les Congolais, pour vous souhaiter la bienvenue chez vous, dans votre capitale, après la tournée que vous venez d’effectuer dans votre Congo profond.

Cher Héros national,

C’était dans la nuit du 27 novembre 1960 que vous aviez quitté Kinshasa, alors Léopoldville, dans l’anonymat le plus total. Vous voilà, de retour, 61 ans après, sous le «doux soleil du 30 juin», jour sacré de notre libération du joug colonial, une date illustre, que vous nous aviez demandé, déjà en 1960, de garder ineffaçablement gravée dans nos cœurs, une date dont nous enseignerons avec fierté la signification à nos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Monsieur le premier Premier ministre,

Votre action politique était loin d’être une révolution car vos convictions morales vous interdisaient de recourir à la violence. Votre résolution, vous y aviez tenu jusqu’à votre mort d’être un «non-violent», était non seulement un principe ou un trait de caractère, mais plutôt, une plus forte conviction morale, de la capacité d’user de la parole pour donner le pouvoir de lancer des hommes, les mains nues, contre des mitraillettes. Par cette conviction de non-violence, vous aviez capté la révolution au passage, vous l’aviez marquée de votre sceau et vous l’aviez orientée. Par vos lectures et votre éducation chrétienne, vous aviez forgé progressivement une image de l’homme, encore abstraite mais dégagée du racisme. Vous étiez capable d’expliquer la situation du Congo par des références constantes à la Révolution française ou à la lutte des Hollandais contre les Espagnols. Et, bien entendu, il y avait, dans ces allusions, quelque chose comme un questionnement ontologique: comment pourriez-vous, vous les Blancs, empêcher les Noirs de faire ce que vous aviez fait?

Cher Patrice,

Vous êtes né au Congo Belge, homme du peuple, homme simple, marié et père de famille. À l’instar de la plupart des membres de la classe sociale, dite «des évolués» à laquelle vous apparteniez, vous aviez été forgé dans les écoles coloniales et les missions catholiques, qui avaient pour objectif de former les autochtones à la soumission à l’ordre colonial. Mais hélas, même étant forgé et modelé par ces instances d’endoctrinement colonial, votre esprit n’était pas prédisposé à devenir blanc, encore moins Belge.

Votre rencontre avec Kwame N’krumah à la Conférence du Rassemblement des peuples africains tenu à Accra, au Ghana, avait bouleversé votre vision politique et du monde. A votre retour d’Accra, lors de votre premier meeting à Kalamu à Kinshasa, Vous aviez déclaré -je cite-: «L’Afrique est irrésistiblement engagée pour sa lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme», -fin de citation. Vous aviez ainsi intégré votre combat pour la liberté et l’indépendance dans une perspective de lutte globale pour toute l’Afrique. Vous aviez déclenché la lutte africaine sans merci en vue d’arracher l’indépendance, la souveraineté et la liberté. Votre mémoire est, aujourd’hui, inéluctablement associée au refus rigoureux de la solution néocolonialiste. Votre solidarité avec les masses populaires poussées à la périphérie sociale des Etats africains a internationalisé votre lutte contre l’impérialisme, intégrant ainsi au mouvement un maximum de peuples et de régions. Plus de 60 ans après l’indépendance, Vous demeurez, Monsieur le Premier ministre, une figure inspirante à l’échelle internationale. Ceci traduit le défi national et mémoriel autour de la construction de notre identité nationale. Ainsi, en raison de votre audace avec lequel vous aviez véhiculé les idées anticolonialistes, vous êtes, pour nous, nationalistes congolais et pour les peuples progressistes disséminés ailleurs dans le monde, le symbole de la lutte pour la liberté, l’indépendance et la souveraineté des peuples. Bien plus, vous représentez ce flambeau qui ravive nos élans pour continuer la lutte noble pour plus de liberté, de démocratie et de développement. Le contexte dans lequel vous et vos contemporains aviez vécu est peu différent du nôtre en ceci que les inégalités et les rapports asymétriques entre les peuples, l’injustice rétributive, ainsi que le fossé grandissant entre les riches et les pauvres demeurent d’actualité. Sous ce registre, vous êtes aussi, une source d’inspiration et une motivation pour les combats futurs. Vous nous avez prouvé qu’on peut avoir foi en l’homme qui, imprégné des valeurs de justice et de liberté, est en mesure de se forger les armes pour la conquête de l’avenir qui lui convient. C’est possible! L’égalité entre les citoyens, les droits fondamentaux de la personne humaine, la justice sociale et la liberté étaient le leitmotiv de votre combat. Profond respect.

Je vous remercie Monsieur le premier Premier ministre, chef du gouvernement du Congo indépendant, notre Héros national, désormais, reposez en paix.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chère famille Lumumba,

Mes très chers compatriotes,

Patrice Emery Lumumba conservait l’espérance de souder tous les Congolais, d’où qu’ils venaient, dans un parti supra-ethnique. Ce parti, Lumumba, seul, était qualifié pour le fonder. Ce sera le Mouvement national congolais, en sigle MNC, un parti universaliste, par-delà les ethnies et les frontières, en un mot c’était le mouvement des évolués; on lui trouvait des militants un peu partout et sans trop de peine, surtout dans les villes, car Patrice Emery Lumumba ne voyait pas le conditionnement social.

Excellence Monsieur le Président de la République du Congo,

Mesdames et Messieurs les représentants des Chefs d’Etat et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et chefs des Missions diplomatiques,

Chère famille Lumumba,

Distingués invités,

Mes très chers compatriotes,

Patrice Emery Lumumba a été un humaniste irréductible et son intransigeance le conduisit au sacrifice suprême, une espèce de suicide! Son engagement a été exceptionnellement notable. Un engagement pour le changement de l’ordre colonial établi. Aujourd’hui, le peuple Congolais est à même de comprendre comment et pourquoi il a vaillamment affronté l’oppression de l’époque, sans crainte ni tremblement. Nous comprenons avec quelle obstination il ne cessait d’éveiller ses compatriotes, de les inciter à la conscience historique, au nationalisme et à l’humanisme, bref à une lutte noble. Je conclus cette oraison funèbre en l’honneur du premier Premier ministre congolais en empruntant des propos à Nelson Mandela qui déclara: «Je ne suis pas né avec une faim de liberté-libre de toutes les façons que je ne pouvais connaître (…). Mais alors, j’ai lentement découvert que non seulement je n’étais pas libre, mais que mes frères et mes sœurs ne l’étaient pas non plus. J’ai vu qu’il y avait aussi celle de tous ceux qui me ressemblaient. C’est alors que j’ai rejoint le Congrès national africain, et c’est alors que ma faim de liberté personnelle est devenue faim de liberté de mon peuple». Tels seraient peut-être aujourd’hui les propos de Lumumba pour expliquer sa lutte.

Que la terre de nos ancêtres vous soit douce et légère!

Je vous remercie

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