
Le ton était à la fois solennel et tranchant mardi, lors de la passation de pouvoir à l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité -ARE. Aimé Sakombi Molendo, ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, a planté le décor d’entrée de jeu: «Le temps de l’incubation est révolu». Place désormais à l’efficacité, a-t‑il averti devant la nouvelle équipe dirigée par Soraya Aziza Moto. Pour le ministre, l’ARE n’est plus un simple organe administratif: elle est «la clé de voûte» de la réforme énergétique voulue par le Chef de l’État.
Sa mission, a rappelé Sakombi Molendo, est claire et exigeante: restaurer la crédibilité réglementaire, protéger concrètement les usagers et piloter une ouverture du marché ordonnée. Trois priorités qu’il a énoncées comme des lignes rouges: lisibilité des règles, défense intransigeante des droits des consommateurs, et arrivée contrôlée de nouveaux opérateurs pour éviter déséquilibres et rentes indésirables.
Le ministre n’a pas ménagé les symboles. Il a salué le travail des dirigeants sortants, «auteurs des fondations» de l’institution, avant d’insister sur la nécessité d’entrer dans «l’ère de la maturité opérationnelle et de la performance mesurable». Selon lui, l’indépendance de la régulation reste un principe non négociable, mais elle doit s’inscrire «dans le sillage de la vision stratégique définie par le Gouvernement»: autonomie, oui; isolement, non.
Sakombi Molendo a aussi redéfini le critère du succès: il ne se mesurera «pas au volume des textes produits», mais à l’amélioration tangible du service -fluidité des investissements, qualité du réseau, protection des plus vulnérables.
À l’adresse des cadres et agents de l’ARE, il a lancé un appel à la modernisation des pratiques administratives et à l’exigence quotidienne de rigueur. L’enjeu dépasse les bureaux de l’autorité: l’électricité, a rappelé le ministre, est «un levier de souveraineté».
L’ARE doit en être le «gardien» et disposer des moyens pour traduire en réalité les ambitions affichées. À la nouvelle direction, il laisse une injonction ferme: produire des résultats et non des promesses. La feuille de route est posée. Reste à voir si Soraya Aziza Moto et son équipe sauront transformer l’audace des paroles en éclairage durable pour un pays où l’accès et la fiabilité du service électrique restent des défis majeurs. Les yeux des investisseurs, des usagers et de l’État sont désormais braqués sur l’ARE -la patience nationale semble avoir atteint ses limites.

