
Par ailleurs, des mesures de restriction de mouvement ont été prises à l’encontre de tous les collaborateurs de Joseph Kabila impliqués dans cette affaire de haute trahison à l’égard de la nation. Aubin Minaku et Emmanuel Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du PPRD sont d’ailleurs interdits de quitter le territoire RD-congolais depuis leur audition devant la justice militaire en mars dernier
Les autorités RD-congolaises ont annoncé, samedi 19 avril, l’ouverture de poursuites judiciaires contre l’ancien Chef de l’Etat RD-congolais Joseph Kabila Kabange et les cadres de son mouvement politique Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, accusés de complicité avec le mouvement terroriste AFC/M23.
Dans un communiqué fait à Kinshasa, le 18 avril 2025, le ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des sceaux, Constant Mutamba, a informé l’opinion publique nationale et internationale qu’il a donné «injonction à l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo -FARDC- ainsi qu’au Procureur général près la Cour de cassation d’engager des poursuites judiciaires contre Joseph Kabila pour sa participation directe à l’agression menée par le Rwanda à travers le mouvement terroriste AFC/M23».
En outre, le ministre d’Etat Constant Mutamba a ordonné «la saisie de l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers». Par ailleurs, des mesures de restriction de mouvement ont été prises à l’encontre de tous les collaborateurs de Joseph Kabila impliqués dans cette affaire de haute trahison à l’égard de la nation. Les animateurs du PPRD ont été déjà frappés par «des mesures de restriction de mouvement». Aubin Minaku et Emmanuel Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du PPRD sont d’ailleurs interdits de quitter le territoire RD-congolais depuis leur audition devant la justice militaire en mars dernier.
Parallèlement, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a, dans un autre communiqué officiel signé et rendu public samedi 19 avril, suspendu toutes les activités du PPRD, parti de Joseph Kabila, sur toute l’étendue du territoire national.
Le VPM Shabani a dénoncé et condamné à son leader une «attitude ambigüe» face à l’occupation d’une partie du territoire national par l’armée rwandaise et ses supplétifs de l’AFC/M23. «Kabila n’a jamais, dans ses déclarations devant la presse, condamné cette agression», a déploré Jacquemain Shabani. Par ailleurs, il a promis de saisir le Parquet près la Cour constitutionnelle pour porter les faits.
Selon le VPM Shabani, cette décision fait suite à l’«activisme avéré de l’autorité morale du PPRD dans cette guerre d’agression rwandaise ainsi qu’au silence coupable voire complice dudit parti, violant ainsi le prescrit de l’article 5 de la Loi portant statut des anciens Présidents de la République élus et fixant les avantages accordés aux anciens chefs de corps constitués. Cet article oblige notamment tout ancien Président de la République à faire preuve de «réserve, de dignité, de patriotisme et de loyauté envers l’État». Le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a également dénoncé le choix délibéré de l’ancien Chef de l’Etat Kabila de rentrer au pays par la ville de Goma sous contrôle de l’ennemi qui assure curieusement sa sécurité.
Le PPRD dément la présence de Kabila à Goma
Vendredi 18 avril, plusieurs sources ont rapporté l’arrivée Joseph Kabila à Goma. Néanmoins, l’information n’est pas confirmée pour le moment. Le parti PPRD a démenti, par le biais de son secrétaire permanent adjoint Ferdinand Kambere, qui a réagi, dimanche 20 avril, aux décisions du ministre d’Etat en charge de la Justice, Constant Mutamba, et du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, suite à la rumeur de la présence de l’ex-Président Joseph Kabila à Goma, ville actuellement sous contrôle du M23.
Dans un entretien exclusif accordé à «Radio Okapi», Ferdinand Kambere a accusé le régime Tshisekedi de «fabriquer des histoires rocambolesques» pour manipuler l’opinion publique, masquer ses propres exactions et intimider l’Opposition.
«Le ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, censé être bien informé, se trompe lourdement: qui a vu Kabila de ses propres yeux à Goma? Qui a vu des photos de lui dans cette ville? Nous déplorons qu’un gouvernement entier prenne des décisions basées sur des rumeurs qu’il a lui-même créées, visant un parti d’Opposition et une personnalité sans aucune preuve. C’est regrettable que notre pays soit tombé si bas et que l’UDPS combatte et tue la démocratie en RD-Congo», a déclaré ce cadre éminent du PPRD.
Selon lui, cette persécution du PPRD est la conséquence de son refus de participer aux consultations politiques initiées par le Président de la République en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. «Nous ne nous laisserons pas intimider», a-t-il lancé. Il a rappelé que Joseph Kabila avait annoncé il y a quelques jours son intention de retourner au pays pour contribuer, en tant que RD-Congolais, à la construction de la paix. «C’est une infraction?» s’est-il interrogé.