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RDC : Judith Suminwa revient du front

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka revient du front. Elle a regagné, dimanche 24 novembre 2024, Kinshasa, capitale de la RD-Congo, après avoir effectué, depuis vendredi 22 novembre, une mission d’itinérance dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri pour évaluer les mesures d’assouplissement, prises par le gouvernement, relatives à l’état de siège en vigueur dans ces deux provinces. C’est une mission qui s’achève sur un air de satisfaction pour la Première ministre Judith Suminwa et sa délégation dans l’Est de la RD-Congo.

Avant de quitter la ville de Goma, au Nord-Kivu, la Première ministre, accompagnée d’une forte délégation gouvernementale, des députés et sénateurs, avait accordé une série d’audiences aux forces vives notamment, les humanitaires, les délégations des élus provinciaux, des conseillers communaux, de la Société civile, de la jeunesse, des confessions religieuses, et des chefs coutumiersde la province du Nord-Kivu, dans la soirée du vendredi 22 novembre 2024.

Evaluation de la situation sécuritaire…

Au menu des échanges figuraient l’évaluation de la situation sécuritaire et socio-économique, ainsi que les questions préoccupantes qui minent la vie des populations locales de cette région du pays. Durant les consultations autour de l’examen du dispositif transitoire et graduel mis en place pour atténuer l’état de siège dans les deux provinces concernées, la patronne de l’Exécutif central n’a rien lâché.

Deux jours d’intenses réunions de travail interminables ont permis une évaluation approfondie des questions sécuritaires, politiques et socio-économiques en cours dans les deux provinces sous état de siège depuis 3 ans. Judith Suminwa n’a pas perdu de vue l’objectif principal de cette mission diligentée par le Chef de l’État en veillant à garantir un climat serein durant les échanges.

Souhait de la population: voir l’état de siège levé

La délégation des députés provinciaux, conduite par le président de leur bureau, Robert Seninga Habinshuti, a dénoncé une fois de plus l’agression rwandaise sur le sol RD-congolais, sous l’étiquette du mouvement terroriste M23. À ce jour, ce groupe armé occupe une partie du territoire de Rutshuru, de Masisi, de Lubero sud et de Nyragongo. Robert Seninga Habinshuti a souligné que le dispositif transitoire et graduel mis en place dans le cadre de l’allègement de l’état de siège n’a pas produit les effets escomptés. «La volonté de la population est de voir l’état de siège levé.

En août 2023, nous avons été invités à une table ronde à ce sujet, où trois propositions étaient sur la table: la levée, le maintien et la requalification de l’état de siège. Tout porte à croire qu’il fallait d’abord entamer un processus», a déclaré le président de l’organe délibérant du Nord-Kivu. Le sens d’écoute de la Première ministre a ravi ses hôtes, qui ont affirmé soutenir la gouvernance inclusive et participative de la cheffe du gouvernement. Pour leur part, les conseillers communaux ont saisi l’occasion pour soumettre à la Première ministre des préoccupations liées à leurs frais d’installation et leur rémunération, mais également des récriminations vis-à-vis de l’administration militaire au Nord-Kivu.

Le renforcement de Forces armées de la RD-Congo -FARDC- dans les villages en proie à l’activisme des groupes armés a été recommandé samedi 23 novembre, lors d’une audience que la Première ministre Judith Suminwa a accordée aux chefs coutumiers de la province de l’Ituri, a rapporté une source administrative. «La province de l’Ituri fait face à l’activisme des groupes armés qui sèment la terreur au sein de nos populations. À cela, nous avons formulé une recommandation au chef du gouvernement. L’Ituri jusque-là n’a pas un nombre consistant de militaires. Il faut qu’il ait un renforcement des militaires dans nos villages qui sont en proie à l’activisme de groupes armés et qui font blocage à la vie de paisibles populations», a déclaré André Kataloho, chef du secteur de Bahema Sud.  

Par ailleurs, David Mwendapeke a réagi sur la requalification de l’état de siège, dimanche dernier, à la faveur d’un entretien avec l’Agence congolaise de presse -ACP. «Le contexte de l’Ituri voudrait à ce que cette mesure soit levée de manière progressive d’autant plus que la situation sécuritaire demeure encore précaire et fragile du fait que les groupes armés, quoique leur capacité de nuisance a été sensiblement réduite mais, ils sont imprévisibles avec les armes qu’ils détiennent encore», a-t-il déclaré. Et de renchérir: «ceux qui veulent la levée totale de l’état de siège, la quasi-totalité, ce sont des acteurs politiques pour leur positionnement, afin qu’ils se retrouvent dans les différents postes de pouvoirs. Ça n’a rien avoir avec les intérêts de la population leur démarche».

Motifs de cette mission d’évaluation 

Quelques minutes avant de quitter l’aéroport national de Bunia, la patronne de l’Exécutif central est revenue sur les motifs de cette mission d’évaluation dans les provinces sous état de siège. «Quand le Président avait signé l’Ordonnance, l’année dernière, sur les mesures d’allègement de l’état de siège, c’était à la suite d’une table ronde où les forces vives de l’Ituri et du Nord-Kivu, en association avec notamment des députés nationaux et sénateurs, ont discuté de cette question de l’état de siège et avaient fait un certain nombre de recommandations. Donc, c’est sur cette base-là qu’il y a eu cette ordonnance», a expliqué la Première ministre Judith Suminwa.

Puis: «le Président de la République nous a donnés l’instruction de venir et de faire le point sur la situation. Aujourd’hui, nous sommes en 2024, et nous sommes pratiquement à la fin de l’année. Qu’est-ce qui a été fait effectivement? Quelles sont les avancées ? Quelles sont les forces et les faiblesses ? C’est pourquoi il était important que nous puissions, avec la délégation qui m’accompagne, rencontrer les forces vives de différentes parties prenantes, que ce soit en termes d’autorités provinciales ou d’élus provinciaux, de société civile, vraiment toutes les forces vives, pour faire le point de la situation avec eux, car il est important de les entendre», s’est-elle exprimée.

Une affaire prioritaire pour le garant de la nation

La question du retour de la paix dans l’Est du pays est une affaire prioritaire pour le garant de la nation et le gouvernement. «Ce que le Chef de l’État souhaite, c’est de ramener la paix et la sécurité. Il est important maintenant de voir comment nous allons le faire, tenant compte des contextes respectifs du Nord-Kivu et de l’Ituri. Car les contextes ne sont pas les mêmes dans ces deux provinces. Donc, c’était important de pouvoir réaliser ces consultations, d’écouter les gens. Maintenant que nous avons fait cela, nous rentrons à Kinshasa. Nous allons faire le débriefing entre nous, les membres de la mission, et nous allons pouvoir faire nos recommandations au Chef de l’État. C’est à ce moment-là, quand le Chef de l’État prendra ses décisions, que vous saurez vraiment la quintessence de tout ce qui a pu ressortir de ces consultations», a-t-elle souligné.

Pour la Première ministre Judith Suminwa, le lien du dialogue ne doit jamais être rompu quand on est au service du peuple. Pour restaurer totalement la paix dans l’Est, la RD-Congo a besoin de tous ses dignes filles et fils. Les informations collectées concernant le dispositif transitoire de l’état de siège seront transmises au Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi qui usera de son pouvoir discrétionnaire pour décider de l’avenir des deux provinces concernées. C’est-à-dire, les retombées de cette mission sensible dépendront du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’État.

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