
Depuis quelques jours, Jean-Pierre Tshimanga, le ministre de la Pêche et de l’Élevage, est la cible d’une campagne de dénigrement, suite à son initiative visant à moderniser le secteur halieutique de la République Démocratique du Congo, longtemps laissé à l’abandon. Pour permettre à l’Office national de pêche et d’aquaculture -ONPA- d’entrer pleinement dans l’ère numérique, le ministre Tshimanga s’est engagé à acquérir des équipements et du matériel informatique. Cependant, cette impulsion vers la modernité ne semble pas réjouir tout le monde, au point que le ministre fasse l’objet de tentatives de discredit par des informations erronées et des manipulations.
Sur les réseaux sociaux, le ministre Tshimanga est accusé d’être un «détourneur». Ses détracteurs affirment que l’ONPA ne possède ni bureaux, ni personnel rémunéré, ni budget opérationnel. L’entourage du ministre rejette ces accusations, affirmant qu’il a respecté toutes les procédures requises et soutenant cela avec des documents officiels. Un membre de son cabinet a précisé que l’approbation était conforme aux normes administratives, ajoutant qu’aucun décaissement n’avait été effectué.
«Chercher des poux sur la tête d’un chauve»
D’après la Commission de passation des marchés publics du ministère, chaque étape légale a été suivie: appel d’offres, réception et évaluation des propositions, sélection du soumissionnaire, et enfin soumission de la Direction Générale de Contrôle des Marchés Publics -DGCMP- pour avis de conformité. Cette source assure que le ministre est «clean» dans cette affaire. «C’est comme si on cherchait à trouver des problèmes là où il n’y en a pas», a-t-elle conclu. En effet, les informations corroborées montrent que l’initiative de Tshimanga a reçu l’aval du gouvernement pour l’opérationnalisation de l’ONPA, avec un avis de non-objection également accordé.
Par ailleurs, les services techniques du ministère soulignent que le processus entamé s’inscrit dans le cadre de la réglementation sur les marchés publics en République Démocratique du Congo. Après avoir obtenu un avis de non-objection de la DGCMP en date du 1er mars 2025, le contrat a été signé et soumis à la Première ministre. Les experts du ministère de la Pêche rappellent que la validation par la Primature est indispensable avant d’envoyer le dossier au Budget pour suivre la chaîne budgétaire. «Ce n’est qu’à ce moment que l’on pourra discuter d’un décaissement d’un acompte de 20 à 30% au soumissionnaire pour débuter le projet», a expliqué un expert.
Ensuite, conformément à la loi, il est prévu un paiement échelonné jusqu’au versement final de 20 % lors de la réception intégrale. Actuellement, aucune somme n’a été versée dans le cadre du marché de l’ONPA, laissant planer un doute sur les véritables motivations des personnes derrière les attaques contre le ministre Tshimanga. De plus, une incohérence se dégage des chiffres avancés. Les accusateurs insinuent que le ministre de la Pêche aurait détourné plus d’un million de dollars, alors que le montant total pour ce marché s’élève à 979.883,22 USD, toutes taxes comprises. Sur cette somme, 744.079,20 USD sont destinés à l’achat d’équipements et de matériel informatique, tandis que 235.804,02 USD -TTC- sont alloués aux accessoires.
Les informations recueillies indiquent que ce dossier aurait été monté par certains membres de l’ancien cabinet ministériel. «C’est une guerre de clans», a révélé une source habituée au ministère. Néanmoins, le ministre actuel semble avoir la loi de son côté. Depuis qu’il a pris la tête de ce secteur souvent négligé, Jean-Pierre Tshimanga a engagé un véritable travail de fond pour revitaliser la pêche et l’élevage en RD-Congo, en mettant l’accent sur la transparence et la bonne gouvernance.
Ya KAKESA