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RDC: Éric Tshikuma saisit le Parlement après des tueries à Makala et Selembao

Dans une motion d’information, l’élu de la Funa Eric Tshikuma Mwimbayi dénonce la recrudescence de l’insécurité et pointe l’implication présumée de certains hommes en uniforme. Il réclame des enquêtes indépendantes et un plan d’urgence.

La colère est montée jusqu’à l’hémicycle. Mercredi, Eric Tshikuma Mwimbayi, député national élu de la Funa, a déposé une motion d’information devant la plénière de l’Assemblée nationale. Objet: l’insécurité qui gagne du terrain dans les communes de Makala et Selembao, mais aussi dans d’autres quartiers de Kinshasa. Le parlementaire s’appuie sur des cas précis. À Makala, deux familles sont endeuillées. Celle d’Arnode Landu Ngondi, avenue Kiyila, quartier Malala, et celle d’Etienne Mabiala, n°15 avenue Makala, quartier Tampa. Leurs fils ont été «abattus froidement par des hommes armés». À Selembao, dans le quartier Kalunga, le même drame. Le fils de Michou Mininsa Maledi a été tué. Son frère, Blanchard Makula Ndongala, a été grièvement blessé par balles et est toujours hospitalisé.

«À travers ces deux familles, ce sont Makala et Selembao tout entières qui pleurent», a déclaré l’élu. Pour lui, il ne s’agit plus de faits divers: «Il s’agit d’un signal d’alarme majeur. Il s’agit d’une menace sécuritaire qui s’installe, d’une crise de confiance qui germe».

Des accusations visant les forces de l’ordre

Le constat dépasse la Funa. À Kalamu, des conducteurs de moto-taxi auraient également été tués ou attaqués. Selon le député, le phénomène touche désormais plusieurs communes de la capitale.Le point le plus sensible de sa motion concerne les auteurs présumés. «Plusieurs témoignages évoquent l’implication présumée de certains hommes en uniforme dans des actes de bavure, de tracasserie ou de violence». Si ces allégations sont confirmées, prévient-il, la conséquence est grave. «Dans un État de droit, la force publique doit rassurer et protéger; elle ne peut, en aucun cas, devenir une source de peur pour la population». Il met en garde contre «une banalisation de l’impunité» et «une fragilisation de l’autorité de l’État dans nos quartiers populaires».

Des recommandations urgentes au Gouvernement

Face à cette situation, Eric Tshikuma demande à la plénière d’interpeller l’Exécutif. Il réclame d’abord l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, crédibles et approfondies sur les cas cités et sur les autres violences signalées. Il exige ensuite l’identification, l’arrestation et le jugement public de tous les présumés auteurs, coauteurs et complices, qu’ils soient civils ou en uniforme, avec des condamnations exemplaires.

Le député propose aussi une évaluation complète et l’assainissement du dispositif sécuritaire déployé à Makala et Selembao. Il plaide pour la mise en place d’un plan d’urgence de sécurisation visible, coordonné et durable pour les communes de la Funa et les autres communes exposées de Kinshasa.Il insiste enfin sur la prise en charge des blessés et des familles éprouvées, sur les plans médical, psychologique, social, financier et administratif. Il demande la protection des témoins et la remise au Bureau de l’Assemblée d’un premier rapport circonstancié dans un délai de quinze jours.

Contrôle parlementaire et mission de terrain

Eric Tshikuma souhaite que la Commission Défense et Sécurité auditionne les ministres de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice. Il suggère également le déploiement d’une mission parlementaire dans les quatre districts de Kinshasa afin d’évaluer l’ampleur de la situation depuis janvier 2026.

En conclusion, le ton est solennel. «La sécurité de nos citoyens n’est pas une faveur. Elle est un devoir de l’État. La justice n’est pas une option. Elle est la condition de la confiance publique». «Makala et Selembao, mieux encore toutes les communes de Kinshasa et de notre pays ne demandent ni privilège ni exception. Elles demandent ce que la République doit à chacun de ses enfants: la protection, la justice et la dignité». La balle est désormais dans le camp du Gouvernement.

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