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RDC : Eric Monga arrache un accord à Afreximbank pour un projet hydroélectrique

Historique. Éric Monga a arraché un accord de financement de la Banque africaine d’import-export, Afreximbank, au titre de la facilité de préparation de projet pour son projet d’énergie renouvelable en RD-Congo. L’annonce a été faite mercredi 18 décembre au siège de cette institution bancaire dans la capitale égyptienne, à l’issue de la formalisation entre Kanayo Awani, vice-présidente exécutive d’Afreximbank, et Éric Monga, CEO de Kipay Energy, parti au Caire pour conclure cet accord avant-gardiste.

Après la signature de cette mouture, l’entrepreneur RD-congolais, qui se rapproche davantage de son rêve d’offrir de l’électricité aux miniers et aux populations du grand Katanga, a mis en avant le «regain d’optimisme» suscité par ce projet pour le développement socio-économique, tant au sein de la population locale que pour l’ensemble du pays.

A la tête de Kipay Energy depuis sa création en 2015, quelques mois après la libéralisation du secteur de l’électricité à travers la Loi du 17 juin 2014, Eric Monga poursuit sans relâche son rêve.

L’accord conclu avec Afreximbank va permettre de financer «les études techniques et de bancabilité, les frais juridiques, les conseils financiers et la collecte de fonds pour le développement d’un projet de réservoir hydroélectrique d’un maximum de 200 MW». A l’issue des études, Kipay projette de construire une centrale hydroélectrique le long de la rivière Lufira. «Ce projet d’énergie dédié apportera des avantages significatifs. Il fournira de l’énergie propre, fiable et abordable aux sociétés minières, ce qui permettra d’enrichir les minéraux critiques, y compris le cuivre et le cobalt, avec la RD-Congo et de favoriser une conservation significative de la valeur», s’est réjoui Afreximbank dans un communiqué.

La banque d’import-export a également réaffirmé son engagement «à soutenir la transition énergétique de la RD-Congo» mais aussi à «renforcer la sécurité énergétique du pays tout en tirant partie de son vaste potentiel en matière d’énergies renouvelables pour développer des infrastructures énergétiques durables et favorables au commerce».

Le projet porté par Éric Monga a également l’ambition de doper le compact énergétique de la RD-Congo, un pays à fort potentiel, coupé par de multiples cours d’eau, mais où l’électricité demeure un luxe avec seulement 21% de taux d’accès. Côté écologie, une fois achevé, le projet de Kipay Energy va contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment avec la diminution de l’utilisation des groupes électrogènes. Une aubaine pour la RD-Congo qui peut espérer voir dans sa position de pays-solution dans la transition énergétique être renforcée.

«Il est important que les communautés locales profitent des avantages du projet, y compris la création de nouveaux emplois et le renforcement des capacités pour le futur secteur de l’énergie renouvelable en RD-Congo», a déclaré Éric Monga à l’issue de la signature des papiers.

Visionnaire…

En plus de fournir l’électricité aux populations et aux miniers, l’initiative est censé influer sur la réduction du chômage, avec environ 3.000 emplois, dont 2.000 directement liés au projet. A cela s’ajoute l’émulation d’autres activités économiques autour du barrage, notamment la pêche. L’autre bénéficiaire du projet est le gouvernement qui attend voir ses recettes fiscales monter en flèche et des pôles industriels naître autour de la zone d’exploitation minière.

Initiateur de ce projet révolutionnaire qui marque une «étape majeure dans l’expansion des infrastructures vertes dans la région de l’Afrique centrale», Éric Monga est un entrepreneur à succès. Avec son background d’économiste à l’Université de Kinshasa, il a fondé, en 2001, Trade Service, un bureau d’études, de conseil fiscal et de facilitation, après avoir débuté sa carrière dans le secteur bancaire. En 2006, il fonde SSM, un laboratoire de haute technologie au service de l’industrie minière. Sept ans plus tard, son aura atteint la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Il est alors élu président provincial du patronat pour le Katanga. Fin visionnaire, il a sauté sur l’occasion offerte par la libéralisation du secteur de l’électricité en 2014 pour initier des projets novateurs, notamment la Conférence nationale annuelle sur l’énergie en RD-Congo. Vice-président national de la FEC chargé de l’Énergie depuis 2020, il draine une réputation d’expert en Énergie, au point de séduire les bailleurs avec ses projets à impacts visibles.

DL

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