
La pieuvre a beau tenter de s’organiser et lancer dans la presse la campagne de sape contre l’Inspection générale des finances, Jules Alingete Key, l’inspecteur général des Finances chef de service, resserre l’étau autour des membres du Conseil d’administration de la Générale des carrières et mines -GÉCAMINES- impliqués dans le dossier d’octroi des avantages illicites de l’ordre 10.156.754 de dollars révélé par une mission de l’IGF auprès de la GÉCAMINES. Dans sa correspondance en réponse à la requête du président du Conseil d’administration de la GÉCAMINES sollicitant la levée de la suspension des paiements en faveur des membres du Conseil d’administration de l’opérateur public minier, Alingete se montre intraitable, il fait part de l’irrévocable décision de maintenir cette suspension des paiements.
Dans un courrier daté du 15 décembre dernier auquel AfricaNews a eu accès, le flic financier en chef est formel: «la raison à la base de la décision de la mission d’encadrement de l’Inspection générale des Finances n’ayant pas disparu, la mesure de suspension des paiements des avantages des membres du Conseil d’administration de la GÉCAMINES demeure pleinement justifiée tant que le remboursement des avantages perçus par eux indûment n’est pas assuré. Aussi, l’IGF dit maintenir sa décision aussi longtemps que le ministère du Portefeuille ne l’aura pas notifié d’une mesure contraire tendant à remettre en cause la position de l’IGF considérant cette perception indue autrement que comme un détournement des deniers publics».
Cette mesure conservatoire prise par l’équipe d’encadrement de l’IGF composée de cinq membres, concerne le gel tant des émoluments que des avantages sociaux des administrateurs auteur du détournement de la somme de 10 millions de dollars. Ce, jusqu’au remboursement intégral, par ces derniers, des sommes d’argent indûment perçus.
D’ailleurs, pour bien faire le suivi de cette situation, dans sa lettre du 26 octobre 2023, l’équipe d’encadrement de l’IGF a demandé au Directeur général de la Générale des carrières et mines d’instruire la direction financière de l’entreprise de débiter immédiatement les comptes des administrateurs concernés dans la comptabilité de la GÉCAMINES et d’établir un relevé des remboursements et retenues à opérer en vue du règlement de ce litige. Ces cadres de l’IGF ont également enjoint le Directeur général de la société immobilière du Congo -SIMCO- d’appliquer, lui aussi, la même mesure de suspension de paiements des émoluments et autres avantages sociaux à l’encontre de ces administrateurs.
Pour la petite histoire, des membres du Conseil d’administration de la GÉCAMINES menés par un certain Guy Robert Lukama, ont réussi à se faire payer la somme 10.156.754 dollars non pas à la GÉCAMINES mais dans une filiale de la GÉCAMINES, SIMCO qui, au moment des faits, n’était pas encore sous contrôle d’encadrement de l’IGF.
«La stratégie de Guy Robert Lukama et son groupe a consisté à puiser ces 10 millions à la source, sur les fonds qui devaient venir à la GÉCAMINES», avait expliqué Jules Alingete au cours d’une conférence de presse, tout en précisant que «l’IGF a découvert cette escroquerie au mois de septembre 2023 lorsqu’elle a décidé de mettre toutes les filiales de la GÉCAMINES sous surveillance».
Jules Alingete s’était moqué de cette «bande d’ennemis de la RD-Congo, qui sont déjà bien rémunérés par la GÉCAMINES mais poussent leur boulimie prédatrice jusqu’à vouloir priver cette entreprise du portefeuille de l’État de tout pour sa bonne marche».
Ces dernières semaines, la pieuvre a essayé de s’organiser après avoir étouffé les sanctions administratives du ministère du Portefeuille auxquelles ses membres étaient logiquement exposées, afin de faire pression pour obtenir la levée de la mesure de l’IGF interdisant les paiements en leur faveur. Pour avoir manqué cette opération, elle a, en représailles, entrepris de distiller dans la presse de fausses informations visant à saper sans succès l’image de l’IGF.

