
Fini le temps des routes qui s’effritent à la première pluie. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a signé mercredi trois contrats lourds, destinés tous à transformer la RN2 en vitrine de la République Démocratique du Congo qui se construit. Face aux Chinois de China First Highway, Sinohydro Bureau 14 et China Jiangxi International, le patron des ITP n’a pas fait dans la dentelle. Trois signatures. 480 km de bitume. Un pont de 714 mètres sur le Lualaba. Le pays entre dans la cour des infrastructures qui durent.
Une autoroute, pas une route élargie
Sous la houlette du Chef de l’État Félix Tshisekedi, la «connectivité totale» quitte les discours pour entrer dans le béton. La RN2 va devenir la première véritable autoroute moderne à 2×2 voies du pays. Mbuji-Mayi à Bukavu, sans raccord bancal, sans rustine. «Nous saluons l’aboutissement de ce processus, lâche John Banza Lunda. La RN2, c’est notre nouvelle grammaire: des aires de repos, des galeries techniques pour fibre et énergie, des standards internationaux dès la conception. Un pas de géant pour notre ingénierie routière». Et l’avertissement qui va avec: «Préparez-vous, serrez la ceinture. Chaque jour nous allons faire le suivi. Extrêmement exigeants sur la qualité et les délais».
Le Lualaba va plier, pas la chaussée
Le chantier découpe la RN2 en deux morceaux qui s’emboîtent. 206 km de Mbanga à la rivière Lualaba, en deux lots de 100 km. S’ajoutent 280 km déjà en cours entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga. Total: 480 km de réseau modernisé d’un seul tenant. Sous l’asphalte, on prévoit large: réservations pour fibre optique et transport d’énergie. La route transporte plus que des camions. Elle transporte l’avenir.La pièce de résistance: un pont de 714 mètres sur le Lualaba. Troisième plus long du fleuve Congo, mais premier à encaisser 2×2 voies de circulation. «S’il cède 30 mètres au pont Maréchal en longueur, il le dépasse en ambition», résume le ministre.
Tableaux noirs, règles blanches
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les lots routiers Mbanga-Lualaba couvrent 206 km en 2×2 voies, à livrer en 36 mois pour un coût estimé autour de 150 millions USD. Le pont sur la rivière Lualaba mesure 714 mètres et sera achevé en 24 mois pour 37 millions USD. Billy Tshibambe, coordonnateur de la Cellule Infrastructures, coupe court aux rumeurs de marché arrangé: «Études dès 2025, passation Banque mondiale, appel d’offres international. L’évaluation technique a éjecté plusieurs candidats. Les prix obtenus sont compétitifs face aux standards»
Octobre 2026 : les moteurs lancés
Quatre mois de mobilisation. Matériel, bases vie, logistique. Démarrage effectif en octobre 2026. D’ici là, John Banza Lunda force le tempo: réunion de cadrage la semaine prochaine pour verrouiller l’accès via la RN1, puis grande présentation avec gouverneurs et députés du Kasaï-Oriental, de la Lomami, du Maniema et du Sud-Kivu. L’enjeu dépasse l’asphalte. Désenclaver quatre provinces. Connecter les greniers aux marchés. Transformer la promesse en kilomètres. Avec la RN2, John Banza Lunda ne construit pas une route. Il trace une ligne. Celle qui sépare la République des chantiers d’hier de la République des infrastructures solides et durables.
