Dossier à la UneNation

RDC-AFC/M23: des avancées concrètes scellées pour l’aide humanitaire et le cessez-le-feu

Une lueur d’espoir se dessine pour les populations meurtries de l’Est de la RD-Congo. Au terme de cinq jours de négociations intensives en Suisse, le gouvernement RD-congolais et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars -AFC/M23- ont annoncé, samedi 18 avril dernier, des avancées notables dans la mise en œuvre du processus de paix, notamment sur l’accès humanitaire, la protection des civils et le respect du cessez-le-feu. Réunis du 13 au 17 avril à Montreux, les représentants de deux parties, appuyés par plusieurs acteurs internationaux dont les États-Unis, le Qatar, la Suisse, le Togo, l’Union africaine et les Nations unies, ont convenu d’un ensemble de mesures destinées à atténuer l’impact du conflit sur les populations civiles.

Au cœur des engagements figure la facilitation d’un accès humanitaire «rapide, sûr et sans entrave» dans les zones affectées par les combats. Les deux parties se sont engagées à garantir la libre circulation des travailleurs humanitaires, des biens de secours et des services essentiels. Dans un contexte où des millions de personnes dépendent de l’aide internationale, cet engagement vise à répondre à des besoins urgents, notamment l’alimentation, les soins de santé, l’eau potable, l’abris et les services d’assainissement.

Le communiqué conjoint du 18 avril insiste également sur la nécessité de protéger les civils contre les violences, notamment les femmes et les enfants, souvent premières victimes des abus. Autre point clé: l’interdiction formelle de toute attaque contre les infrastructures indispensables à la survie des populations. Sont concernés les hôpitaux, les écoles, les installations d’eau potable, les zones agricoles, ainsi que les réseaux d’énergie et de télécommunication. Les parties ont également promis de prévenir tout détournement ou pillage de l’aide humanitaire, tout en s’abstenant d’influencer le choix des bénéficiaires ou des prestataires.

Sur le plan sécuritaire, l’accord prévoit l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi -MCVE+-, en collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs -CIRGL. Ce dispositif permettra de surveiller, vérifier et rapporter les éventuelles violations du cessez-le-feu. Selon ce document, les premières missions de terrain sont attendues dans un délai d’une semaine, avec le soutien logistique de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD-Congo – MONUSCO.

Dans un geste destiné à renforcer la confiance entre les parties, il a été convenu de procéder à la libération de prisonniers dans un délai de dix jours, conformément à un mécanisme déjà établi en septembre 2025. Le Comité international de la Croix-Rouge -CICR- jouera un rôle clé dans ce processus, notamment dans l’identification des détenus. Cet accord s’inscrit dans le cadre plus large du processus de Doha, lancé en novembre 2025, en vue d’un règlement global du conflit.

Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les discussions sur les autres volets encore en suspens. Si ces engagements suscitent un espoir prudent, leur mise en œuvre effective sur le terrain reste le véritable test. Dans les provinces de l’Est, particulièrement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les violences ont profondément marqué les communautés, l’attente est immense. Pour de nombreux RD-Congolais, la paix ne sera réelle que lorsque les armes se tairont durablement et que la vie reprendra son cours normal.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page