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RDC : 10 milliards, Sama fait passer sa copie

Éducation, santé, défense, élections, développement à la base des 145 territoires y trouvent leurs comptes alors que les élus ont le loisir de trouver les équilibres nécessaires…

Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge est quitte et attend désormais qu’il soit doté de moyens de la politique gouvernementale par l’autorité budgétaire. Bien entendu, après sa réplique aux nombreuses préoccupations soulevées le lundi 15 novembre lors du débat général, il a vu son projet de Budget 2022 déclaré recevable à l’issue d’un vote massif des députés nationaux. Ce vote massif est intervenu le jeudi 18 novembre 2021 au Palais du Peuple.

Pour faire passer sa copie, Sama Lukonde a regroupé les préoccupations des élus nationaux issus de l’Union sacrée de la nation et de l’Opposition en 7 volets importants. Notamment les préoccupations d’ordre général; les préoccupations liées à la sécurité et l’ordre public, singulièrement concernant les conditions sociales des forces armées et de sécurité; les préoccupations d’ordre social, particulièrement le cas de l’enseignement et de la santé; celles liées aux investissements et aux secteurs productifs, à savoir: l’agriculture, la pêche et l’élevage; celles axées sur la décentralisation budgétaire et, enfin, celles touchant au processus électoral.

A cette occasion, le premier des «Warriors» s’est félicité d’avoir soumis à l’autorité budgétaire un projet de Loi de finances à la hauteur de 10 milliards de dollars, laissant à l’autorité budgétaire qui est le Parlement d’équilibrer les dépenses et ajuster les recettes de sorte que le pays puisse avancer dans les différents secteurs de la vie nationale. «Dans un passé très récent, il était laborieux voire irréaliste d’oser projeter un Budget à hauteur de USD 5 ou 6 milliards. Aujourd’hui en tant que chef du gouvernement et avec l’apport de tous, en ce compris des élus, je suis fier de défendre devant la Représentation nationale, un projet de Loi de finances estimé à 10 milliards des dollars américains»,  a annoncé le Premier ministre, arrachant par cette déclaration les applaudissements des députés nationaux. 

Dans la foulée, les crédits alloués à la Défense nationale ayant provoqué plusieurs réactions des élus nationaux. Sama Lukonde y a réservé une réponse directe. «Pour ce qui est des crédits alloués à la Défense nationale,  le gouvernement ne souhaite pas s’y étendre pour respecter le caractère secret de ce secteur stratégique. Il sied cependant de signaler que, par rapport à l’exercice 2021, les secteurs de la Défense nationale et de la Sécurité connaissent respectivement des accroissements des crédits de l’ordre de 22,62% et 32,47%. La défense tout particulièrement constitue le troisième poste de dépenses après respectivement l’éducation et la santé. Il y a lieu d’ajouter que d’autres dépenses liées au secteur de la sécurité, considérées comme dépenses de souveraineté, sont exécutées sur d’autres lignes de crédit logées au ministère du Budget, notamment dans le cadre des charges communes, des dépenses courantes et des crédits centralisés», a-t-il dit, notant qu’à «ce sujet, votre gouvernement s’appuiera sur la sagesse des élus du peuple, afin d’assurer l’atteinte de tous ses objectifs, dans le cadre de la sécurisation de notre pays».

Une réponse qui vaut la peine étant donné que les dépenses de défense et sécurité assurées aussi par des fonds dits «secrets» ne peuvent pas faire l’objet d’un débat en public. La réduction du train de vie des institutions, réclamée par députés, a également été évoquée par le chef du gouvernement. «S’agissant de la problématique de la réduction du train de vie des institutions, qui a été liée à l’amélioration des conditions de vie de certaines catégories sociales dont nos forces armées, nos enseignants et autres fonctionnaires de l’État, laissez-moi vous rassurer que, suivant les orientations de Son Excellence Monsieur le Président de la République, votre gouvernement avait d’ores et déjà levé cette option. Pour le reste, en vertu de l’autorité budgétaire reconnue au Parlement par l’article 126 de la Constitution, le gouvernement fait pleinement confiance à la clairvoyance des dignes représentants du peuple que vous êtes pour opérer des choix judicieux à cet effet», a-t-il déclaré, laissant ainsi la l’attitude aux députés d’en décider.

Sama a été très souple sur cette question. Tout compte fait, il a obtenu la recevabilité de son projet de Loi budgétaire 2022 qui sera envoyée à la Commission économique et financière de l’Assemblée pour toilettage avant d’être envoyé au Sénat pour une secondaire lecture. Ledit projet de Loi de finances 2022 est présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, à hauteur de FC 20.730,1 milliards soit USD 10,3 milliards qui, par rapport au Budget initial de l’exercice 2021 chiffré à FC 14.620,5 milliards, réalise un taux d’accroissement de 41,8%. Ses principaux agrégats se déclinent sous trois formes. Il s’agit à du budget général évalué à FC 19.070,3 milliards; budgets annexes: FC 409,9 milliards, et comptes spéciaux: FC 1.249,8 milliards.

Les recettes du budget général comprennent les recettes internes de FC 13.417,9 milliards et les recettes extérieures de FC 5652,4 milliards, représentant respectivement 70,4% et 29,6% du budget général. Déposé dans le délai le 15 septembre dernier à l’Assemblée, le projet est sous-tendu par quelques indicateurs et agrégats macroéconomiques, notamment le taux de croissance du produit intérieur brut -PIB: 5,6%; déflateur du PIB: 7,4%; taux d’inflation moyen: 6,2%, taux d’inflation fin période: 6,3%, taux de change moyen: 2085,83 FC le dollar; taux de change fin période: 2130,07 FC le dollar; PIB réel: 12.842,95 milliards de FC; PIB nominal: 119.540, 82 milliards de FC; pression fiscale: 11,2%.

Octave MUKENDI

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