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Mégestion des fonds de la Covid-19 : le ministère des Finances non concerné

Le décaissement des fonds pour la lutte contre la Covid-19 a été effectué en procédure d’urgence. En ce qui concerne les actes de mégestion pour l’utilisation de l’enveloppe tels que dénoncés récemment par l’IGF, le directeur de cabinet de l’argentier national a fait savoir que le décaissement en procédure d’urgence a été édicté par le chef du gouvernement, Sylvestre Ilunga. Vincent Ngonga a indiqué que le ministère des Finances met toujours à disposition, en urgence, des fonds en faveur des ministères. Dans une interview accordée à Top Congo FM, il a expliqué clairement qu’en ce qui concerne le ministère de la Santé, il s’est agi d’une mise à disposition en procédure d’urgence dans le cadre de la riposte à la pandémie de la Covid-19. Donc il y a eu un prestataire qui a présenté ses services et le ministère de la Santé a payé moyennant une facture. Le ministère des Finances n’a rien à voir avec cette mégestion.

Pourquoi avoir opté pour la procédure d’urgence alors que vous pouviez bien passer par la chaine de la dépense?

Nous étions dans une situation d’état d’urgence sanitaire. La panique a gagné le pays lorsqu’on a déclaré le premier cas du Coronavirus. Donc, l’instruction de procédure au paiement en urgence est venue du Premier ministre lui-même pour parer au plus pressé.

Est-ce que la procédure a été régularisée?

La procédure se fait au travers d’un procès-verbal. Ce PV de régularisation pour être établi, il faudrait d’abord que le ministère bénéficiaire atteste que le paiement a eu lieu. Donc, la procédure a été régularisée. Ces fonds sont d’abord logés dans un sous compte à la Banque centrale du Congo. Ce compte est appelé «Dépenses d’urgence».

Quid des exonérations et des compensations?

Il faut un examen approfondi au pré-rapport de l’Inspection générale des finances avant de tirer les conclusions sur le manque à gagner enregistré par le Trésor public. Il y a au moins 19 cas où les dispositions légales couvrent les exonérations. Maintenant par rapport aux 5 milliards USD qui ont été communiqués par l’IGF, je n’aimerais verser dans la polémique. Mais il y a quand-même certaines interrogations à soulever. S’agit-il des exonérations couvertes par les dispositions légales? Si c’est le cas, c’est que l’usage a été détournée. Donc, il y a lieu de se poser la question comment ces 5 milliards ont été évalués. Parce que quand les ministères écrivent au ministère des Finances, souvent ils n’indiquent pas un montant.

Les chiffres peuvent bien être donnés par la DGDA qui est chargée du suivi de cette opération ?

La demande d’exonération est accordée au ministère des Finances. S’il s’agit des exonérations extra-légales, il y a lieu de relever que, dans le cadre du programme des 100 jours, plusieurs exonérations ont été accordées. Et, pour la plupart, ces exonérations rentraient dans le cadre de l’urgence qu’imposait ledit programme. Est-ce qu’il s’agit de cela? Nous avons ici des statistiques qui ont été faites en 2017. Alors maintenant s’il s’agit des exonérations de 5 milliards USD, il y a lieu de se poser d’abord des questions parce que nos recettes n’avoisinent que 4,6 milliards USD. Donc il y a lieu de se demander s’il y a une déglobalisation de ces exonérations pour savoir ce qui revient aux exonérations couvertes par les dispositions légales ou celles qui ne le sont pas. Ça c’est un travail d’approfondissement. Nous apprécions le travail de l’IGF. Peut-être qu’il y a des améliorations. Maintenant, concernant les compensations, elles sont observées dans deux secteurs.

Interview réalisée par Top Congo Fm retranscrite par José BABIA

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