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Muyaya: «Kabila, l’homme du passé»

Le 23 mai 2025, alors que le Conseil des ministres se penchait sur des mesures concrètes visant à revaloriser les soldes des militaires et policiers, tout en allouant d’importants crédits pour le développement des 145 territoires du pays, Joseph Kabila refaisait surface depuis l’ombre. L’ancien président, dont les immunités parlementaires avaient été levées la veille par un Sénat à majorité écrasante -88 voix contre 5-, a accusé le pouvoir en place de dérive dictatoriale. La réaction du camp gouvernemental ne s’est pas fait attendre. «Joseph Kabila est un homme du passé», a tweeté Patrick Muyaya, résumant, selon certains analystes, le sentiment partagé par une majorité de Congolais. 

Le porte-parole du gouvernement a enchaîné: «Nous réglons aujourd’hui des problèmes qu’il n’a pas su résoudre en 18 ans de pouvoir». Dans une analyse critique de l’intervention de l’ancien chef de l’État, Muyaya dresse un bilan sans concession du régime Kabila: corruption systémique, armée affaiblie par les détournements, bradage des ressources, duplicité diplomatique, compromissions diverses et gestion chaotique de la crise à l’Est -région dans laquelle le M23, aujourd’hui pointé du doigt pour bénéficier de son soutien, a prospéré.

Le discours officiel n’a pas changé d’un iota: après une première déclaration depuis son exil en Afrique du Sud laissant entrevoir un soutien implicite au M23, Joseph Kabila envisagerait un retour en RD-Congo via l’Est, zone actuellement sous occupation. Une manœuvre interprétée à Kinshasa comme une trahison, preuve d’une collusion avec les ennemis de la Nation. Le Sénat a invoqué ces soupçons pour motiver la levée de ses immunités, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Patrick Muyaya insiste: contrairement aux errements du passé, le gouvernement Tshisekedi adopte une ligne diplomatique claire et résolue. Alors que les discussions avec les États-Unis sur un partenariat minier progressent au regard des signaux en provenance des États Unis, le ministre de la Communication et des Médias assure: «Aucun intérêt de la République Démocratique du Congo ne sera cédé. Aucun centimètre, aucune frontière ne sera concédée. Nous échangeons, certes, mais jamais au détriment du pays». 

L’objectif est clair: diversifier les partenariats tout en préservant les ressources nationales. Une approche jugée pragmatique, qui tranche avec les années Kabila, marquées par l’opacité des contrats miniers et l’incapacité à contenir l’influence rwandaise. Le ministre cite une avancée concrète de cette nouvelle dynamique: la prise en charge, par le ministère de l’Éducation, des frais d’examens pour les élèves de fin de cycle vivant dans les zones sous contrôle du M23. Un geste fort, destiné aux familles soumises au joug de groupes armés.

Et Muyaya de conclure: «Les réactions des Congolais montrent que le Président honoraire est bel et bien un homme du passé, sans rien à proposer pour l’avenir. Il n’est plus qu’une relique d’un temps révolu. Nous, nous avançons, résolus à traiter les enjeux qu’il a ignorés, en nous concentrant sur les véritables préoccupations de notre peuple. La République Démocratique du Congo regarde vers l’avenir», croit-il comme fer, citant certaines performances alignées depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir. Entre autres, les succès engrangés dans la collaboration avec le FMI, caractérisés par la conclusion du premier accord formel de l’histoire du pays; la hausse du budget de l’Etat, passé à 17 milliards en 2025 contre 5,3 milliards en 2018, dernière année du long règne de Kabila; la gratuité de l’enseignement ainsi que la gratuité de la maternité, deux réformes inédites saluées par tous les partenaires de la République Démocratique du Congo. 

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