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Mutamba, le pays retient son souffle 

C’est le grand jour. Ce mercredi 27 août, Kinshasa se réveille sous haute tension, suspendue à l’attente du verdict dans l’affaire Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics. Dans sa résidence de Ngaliema, l’ancien ministre d’État a passé la nuit entouré de ses soutiens, rassemblés pour une ultime veillée de solidarité. Chants, prières et slogans ont rythmé ces heures d’attente, alors que ses partisans promettent de l’accompagner «jusqu’au bout», que ce soit vers la condamnation ou vers un improbable acquittement.

Une mobilisation qui gagne la rue

Depuis plusieurs jours, Kinshasa bruisse d’initiatives populaires en faveur de l’ancien Garde des Sceaux. Dans la commune de N’Djili, des jeunes ont dressé des barricades et brûlé des pneus. Ailleurs, des motards ont improvisé des caravanes de soutien sur l’avenue ex-24´Novembre, traversant Kasa-Vubu, Bandalungwa et Ngiri-Ngiri. Face à cette agitation, le Parquet général près la Cour de cassation a pris des mesures fermes: interdiction de tout signe ou effigie à l’effigie de Mutamba aux abords du Palais de justice. La Police a été mobilisée pour assurer la sécurité et prévenir tout débordement.

Un procès à haute intensité

Depuis son ouverture, ce procès hors norme a tenu le pays en haleine. Plaidoiries enflammées, témoins parfois contradictoires, affrontements oratoires entre défense et accusation: chaque audience a renforcé le climat d’incertitude. Si plusieurs témoignages ont semblé décharger l’ancien ministre, le Parquet a néanmoins requis 10 ans de travaux forcés et 5 ans d’inéligibilité politique. Une peine qui, si elle est confirmée, compromettrait durablement les ambitions politiques de Mutamba. «Le juge n’est pas tenu de suivre le réquisitoire du procureur», rappelle un juriste sur un forum, laissant planer une lueur d’espoir parmi ses partisans.

Un verdict sous haute surveillance

À quelques heures de l’annonce, le suspense est total. Chaque geste, chaque déclaration suscite des interprétations. L’appel à la force publique a été perçu par certains comme un signe avant-coureur d’une condamnation. Mais dans les rangs des partisans de Mutamba, l’espoir demeure: «L’accusation n’a pas su prouver les faits. Nous croyons en son acquittement», écrit un militant sur Facebook. Tout au long de la journée, le pays suivra avec fébrilité le moindre développement depuis le palais de justice. Dans les rues comme sur les réseaux sociaux, la tension monte à mesure que l’heure du verdict approche. 

WIDAL

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