Rude épreuve pour Augustin Kabuya sommé de citer avec précision les pays où Kalev aurait filé le Président Fatshi

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Le chef du gouvernement de l’UDPS prié de dire un par un les pays où s’était rendu l’ancien AG de l’ANR entre janvier et novembre 2019. S’il ne parvient pas, soit il s’est laissé tromper par sa prétendue source de la DGM soit c’est lui qui a trompé la base de l’UDPS et l’opinion sur base d’une source imaginaire. Pour sauver son honneur et sa crédibilité, le Secrétaire général de l’UDPS poussé à se conformer au principe de droit qui dit que la charge de la preuve incombe à celui qui accuse

La crise n’en finit pas au sein de la coalition FCC-CACH. Certains ténors continuent à s’illustrer par la tenue des propos de nature à jeter l’opprobre sur les autres et à rendre délétère le climat au sein de la coalition. Augustin Kabuya semble être celui qui s’illustre le mieux dans l’art des sorties manquées. Son dernier numéro aux cendres encore chaudes remonte au samedi 25 janvier 2020, au lendemain du premier anniversaire de l’alternance pacifique au sommet de l’Etat, à la faveur d’une matinée politique qu’il a animée au siège de l’UDPS à Limete.

Devant des militants, en grand nombre, Augustin Kabuya, sans gêne, a accusé Kalev Mutond, cité nommément, de filer le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo lors de ses différents déplacements à l’étranger entre janvier et novembre 2019. Le SG de l’UDPS dit détenir ces informations d’une source au sein de la Direction générale de migration -DGM-, mettant en cause l’ancien patron des renseignements en RD-Congo, Kalev Mutond.

Blessé dans son amour propre, Kalev, un des caciques du régime de JKK, n’a pas tergiversé pour réclamer à Kabuya des réponses précises à ses préoccupations exprimées au travers d’un communiqué de presse daté du 29 janvier 2020. «Nous mettons le SG Kabuya et sa source d’information au défi de citer nommément les pays américains, asiatiques, européens et africains prétendument visités par nous, avec précision des dates d’entrées et de sorties de janvier à novembre 2019, soi-disant pour court-circuiter l’action du Chef de l’Etat», lance Kalev Mutond dans son communiqué de presse.

Un sacré défi que devra relever Augustin Kabuya, en passe de voir sa réputation s’écorner pour avoir «menti» aussi bien à la base de l’UDPS qu’à l’opinion publique générale. Ce défi trouve surtout son fondement sur un principe de droit qui veut que l’auteur des allégations en apporte des preuves. Sans ces dernières, deux cas de figure peuvent être envisagés: soit Kabuya s’est laissé tromper par sa prétendue source à la DGM, soit c’est lui qui a trompé la base de l’UDPS et l’opinion sur base d’une source imaginaire. Dans tous les deux cas, Augustin Kabuya va se décrédibiliser on ne peut plus encore.

La réaction de Kalev, qui qualifie la sortie du SG de l’UDPS «d’hasardeuse», consiste à dénoncer «cette attitude empreinte de légèreté consistant à ériger des industries de mensonge dans le but d’entamer l’honorabilité et la dignité d’un haut fonctionnaire de l’Etat qui a servi et continue à servir la République avec loyauté et dignité».

Convaincu que Kabuya est dans la «fausseté», Kalev le recadre en évoquant «deux faits irréfutables». Le premier fait est que depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Félix Tshisekedi a visité les USA, le Japon, 9 pays européens et plusieurs pays africains dont 8 voisins. «Toute personne avisée sait que nous sommes abusivement placés sous mesures restrictives de voyage dans plusieurs pays occidentaux. Lorsque le SG de l’UDPS affirme devant les militants de son parti que nous avons été partout, il s’agit d’un mensonge avéré dont la grossièreté peut être démontrée aussi bien par les Chancelleries des Etats concernés que par les services d’immigration», argumente l’ancien AG de l’ANR.

Le second fait se rapporte au fait que les services spécialisés, dont la DGM, peuvent, selon Kalev, établir qu’au cours de la période de janvier à novembre 2019, il n’a effectué aucun voyage à l’étranger. «Nous trouvons inconcevable que la DGM ait pu s’abstenir de recourir à sa propre documentation pour établir que de janvier à novembre 2019, nous n’avons jamais effectué un seul déplacement à l’extérieur», dit-il tout en s’interrogeant: «Qui du SG de l’UDPS ou de sa source d’information a menti?».

Dans les allégations de Kabuya, Kalev décèle une certaine dose «d’absurdité et d’irrationalité» étant donné que le Président Félix Tshisekedi partage les détails de ses missions effectuées à l’étranger soit avec la diaspora soit avec les membres du gouvernement lors des réunions du Conseil des ministres. «Qu’est-ce qu’un citoyen congolais a à courir après le Président de la République à l’étranger pour s’informer sur la quintessence de ses contacts? Au bénéfice de qui ce citoyen congolais le ferait-il?», s’interroge à nouveau Kalev, qui dit ne pas comprendre en quoi le SG de l’UDPS est traumatisé par la détention d’un passeport diplomatique par un citoyen RD-congolais ayant successivement dirigé le département de la sécurité intérieure pendant 5 ans et l’ANR pendant 8 ans.

En guise de rafraichir Kabuya la mémoire, Kalev, dans son communiqué de presse, rappelle au successeur de Kabund que «dans un passé récent, sous notre mandat et consécutivement à nos instructions expresses, l’ANR a facilité et obtenu l’octroi, non pas des passeports ordinaires, mais des passeports de service avec lesquels plusieurs cadres de l’UDPS voyageaient en Afrique et dans le reste du monde». Une révélation qui sonne tel un coup de massue aux oreilles du SG de l’UDPS, prié de dire aux militants les fonctions d’Etat des cadres de son parti ayant bénéficié de ces passeports de service.

Par-dessus tout, Kalev menace de déballer, de faire bien de révélations accablantes susceptibles de jeter davantage un discrédit sur le parti présidentiel et certains de ses dirigeants. «Dans ce pays, la RDC, nous avons été témoin et même acteur de plusieurs événements, péripéties, dossiers politiques, et autres. Si le SG de l’UDPS, souhaite voir parler des sourds-muets d’hier et que d’infimes détails soient portés sur la place publique, qu’il continue avec ce genre de provocations», prévient-il.

Laurent OMBA