
Dans le cadre de la visite tant attendue de Son Altesse l’Émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, à Kinshasa, le vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a partagé sa vision sur l’impact décisif que cette rencontre pourrait avoir sur les investissements en République Démocratique du Congo. Dans une interview accordée à Qatar News Agency le 18 novembre 2025, Mukoko Samba a mis en lumière les opportunités économiques découlant de ce voyage diplomatique.
«Nous croyons fermement que la présence de l’Émir ouvrira la voie à des avancées significatives dans notre projet commun», a-t-il affirmé, faisant référence à la récente signature d’une série de lettres d’intention avec Al Mansour Holding. Ce partenariat, qui représente un portefeuille d’investissement de 21 millions de dollars américains, pourrait marquer le point de départ d’une ère nouvelle pour les relations économiques entre le Qatar et la République Démocratique du Congo.
Le vice-premier ministre a également souligné la robustesse du cadre légal encourager les investissements étrangers en République Démocratique du Congo. Avec des lois favorables, telles que le Code des investissements de 2002 et les réformes libéralisant divers secteurs, le pays s’affirme comme une terre d’accueil pour les investisseurs internationaux. «Nous ne faisons pas face à des obstacles juridiques majeurs. La défiance envers notre climat d’investissement est souvent plus narrative que réelle», a-t-il asséné.
Il ne faut pas oublier que, sur les deux dernières décennies, le secteur minier congolais a reçu en moyenne 2 milliards de dollars d’investissements directs étrangers par an, propulsant la RD-Congo au rang de deuxième producteur mondial de cuivre. «Cela prouve qu’il est possible d’investir, de faire des affaires et de prospérer dans notre pays», a-t-il déclaré avec conviction. En appelant le Qatar à adopter une approche régionale pour ses investissements, Mukoko Samba a proposé que le pays, fort de ses capacités d’investissement, privilégie des projets qui favorisent l’intégration économique au sein de la région, plutôt que de limiter ses efforts à la RD-Congo seule.
«Investir dans une vision régionale permettrait de maximiser le rendement de ces initiatives et de renforcer l’économie de tous les pays impliqués», a-t-il argumenté, faisant allusion à la richesse de ressources et au potentiel du marché congolais. Enfin, il a insisté sur l’urgence de renforcer la connectivité en RD-Congo, un pays aux mille potentialités, mais encore trop enclavé malgré son accès à l’océan Atlantique. Avec sept corridors de transport environnants, la RDC possède les atouts pour bâtir un marché florissant au cœur de l’Afrique centrale. «Nous devons investir massivement dans les infrastructures de transport et les logistiques, ainsi que dans le secteur énergétique pour réaliser ce potentiel», a-t-il conclu.
La visite de l’Émir semble donc s’annoncer comme un tournant déterminant pour l’avenir économique de la RD-Congo, un pays riche en ressources et en opportunités, prêt à se placer résolument sur la carte des investissements africains.
Natine K.
