
Cette fois-ci c’est la bonne. Joseph Kabila a mis plus de six ans depuis la défaite de son dauphin à la présidentielle de 2018 avant de remanier la direction de son parti politique, le PPRD. Mercredi 19 février, depuis Nairobi au Kenya, dans un contexte d’une crise sécuritaire majeure entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, caractérisée par les chutes successives de Goma et de Bukavu entre les mains des occupants via les troupes du l’alliance AFC/M23 dont le président Félix Tshisekedi lui attribue le parrainage, l’ancien chef de l’État a créé l’événement. Il a concocté le poste de vice-président du parti qu’il a aussitôt confié à un fidèle des fidèles, l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku.
«Fidèle lieutenant et homme de confiance, Aubin Minaku devient donc numéro deux du parti et va assurer l’intérim du président Kabila tout le temps que ce dernier sera en dehors du pays ou empêché», a expliqué à AfricaNews un bonze du parti.
À part Aubin Minaku, Kabila a maintenu à leurs postes respectifs le secrétaire permanent Emmanuel Ramazani Shadary ainsi que ses deux adjoints, Ferdinand Kambere et Lucain Kasongo. Depuis sa rencontre dans la capitale du Kenya avec Moïse Katumbi puis les consultations, la semaine dernière à Bruxelles, avec les évêques de la Cenco et de l’Ecc, où il s’est fait représenter par Raymond Tshibanda, José Makila et son ancien Dircab Nehemie Mwilanya, le président de la République honoraire apparaît désormais déterminé à réorganiser ses écuries.
Cette mise en place a suscité une vague de commentaires dans les médias. «Le retour en scène d’Aubin Minaku, qui va désormais gérer le parti, intervient à un moment déterminant de la vie nationale où se profile un dialogue national initié conjointement par la CENCO et l’ECC. Alors que, depuis la fin des élections de 2019, le FCC, plateforme électorale créée pour soutenir la candidature de Shadary, fonctionne avec un comité de crise dont le rapport sur la débâcle de cette candidature à la présidentielle reste sans suite à ce jour, le retour en scène de Minaku avec une structure du partie renforcée, indique que Joseph Kabila veut sortir du silence pour jouer un rôle plus proactif», a analysé le média en ligne «Congo Guardian», rappelant comment Minaku avait conduit la délégation de l’ex-MP aux négociations politiques de la période 2012-2015 lorsque l’opposition avait soupçonné Kabila de vouloir réviser la Constitution pour s’éterniser au pouvoir.
Le timing indique que tout a été bien préparé pour s’attirer les phares de l’actualité et être à la hauteur des enjeux. Et le nom de Kabila alimente bien les débats pendant cette période de crise sécuritaire entre Kinshasa et Kigali, où des dizaines de ses anciens collaborateurs et lui-même vivent en exil. «Son nom occupe bien l’actualité», a constaté un autre proche avec ces commentaires: «Kabila est de retour. La question n’est plus de savoir s’il va dégainer mais quand». Gros suspense.
La conseillère en communication, Barbara Nzimbi, est venue ajouter une dose à quand elle a annoncé l’arrivée imminente sur le réseau social «X» de l’ancien dirigeant du pays, «pour un débat de vérité».
Natine K.
