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Mesures de décrispation politique: les dossiers du retour de Katumbi et de la libération des prisonniers politiques relancés

Débutées jeudi à Kinshasa, les négociations directes entre la Majorité
et l’Opposition se poursuivent ce vendredi au Centre Interdiocésain.
La médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-
est délicate certes mais les états-majors sortent déjà la tactique et
la stratégie respective, question d’avoir l’avantage dans le rapport
de forces qui prévaut avec les autres. Jeudi, les observateurs ont
constaté une absence remarquable, celle de Moise Katumbi Chapwe,
candidat déclaré à la présidentielle, soutenu par le G7 et
l’Alternance pour la République, sans nul doute l’un des acteurs-clés
et l’un des protagonistes de la crise en République Démocratique du
Congo.
Mais comment voir Katumbi à la table des discussions alors qu’il fait
encore objet des poursuites judiciaires à la suite d’un procès aux
allures politiques en rapport avec l’affaire des présumés mercenaires
américains et a été condamné à 3 ans de prison dans une autre affaire
de spoliation que ses avocats rejettent et assimilent également à un
règlement des comptes?
Parmi les six points de divergences entre les signataires de l’Accord
du 18 octobre 2016 et le Rassemblement et qui empêchent la conclusion
d’un compromis politique inclusif, il y a notamment celui des mesures
de décrispation.
Georges Kapiamba, le coordonnateur de l’ONG ACAJ, prend cette question
au sérieux. Dans une déclaration à la presse en marge des travaux
organisés au Centre Interdiocésain sous les auspices des évêques
catholiques, il a réclamé l’abandon des poursuites contre Moise
Katumbi et la libération des prisonniers politiques et d’opinion comme
garanties pour la suite et la conclusion rassérénées des travaux.
Kapiamba a indiqué avoir dénombré deux cents personnes dans cette
situation. Parmi elles, il a compté notamment des militants du
mouvement citoyen Lucha détenus à Bunia et Goma ainsi que des
prisonniers politiques comme Jean-Claude Muyambo, Moise Moni Della… et
Diomi Ndongala.
Au mois de novembre dernier, le nonce apostolique et représentant du
pape en RD-Congo, Mgr Luis Mariano, avait recommandé à Kabila de voir
comment rendre le processus du dialogue le plus représentatif en
impliquant ceux qui manquent et établir les liens avec eux.
«Il y a certaines choses qui sont possibles à réaliser. Il faut
contacter le Président de la République Démocratique du Congo et,
surtout, Tshisekedi et Katumbi», avait déclaré le nonce apostolique,
au sortir d’une audience à Kempiski Hôtel du fleuve avc le président
de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, estimant nécessaire
de «continuer les mesures de décrispation avec la libération des
prisonniers et le cas de Moise Katumbi, en particulier».
Alors que les échanges directs sont entamés sous l’égide des prélats
catholiques, Kapiamba comme des ténors de l’Alternance pour la
République et du G7 leur demande de tenir compte de cette
recommandation pertinente du représentant du pape en République
Démocratique du Congo.
Laurent OMBA

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